‹ Les pilotes d'AngoChapitre 39 sur 46 · Poivre de Guinée · texte numérisé non relu

Poivre de Guinée

ici est des amis du roi, j'entends du nôtre, du roi François I", du roi de France.

— Vive le roi de France! s'écria le Turc. France, Osmanlis, Osmanlis, France, biraber ' Spagnoles, Austria, dmAmènes*. Osmanlis, France, bonnes gens d'armes ! »

Voyant ce Turc si ami de nous, je lui parlai en langue toscane dont il usait fort bien, et il m'apprit fort courtoisement qu'il revenait avec deux siennes galères d'Alger et du détroit de Gibraltar, où il avait vilainement déconfit deux galères espagnoles, et que, passant outre, il avait, proche la cote d'Afrique, rencontré nos navires où M. de Verassan l'avait reconnu pour avoir autrefois eu commerce avec lui à la cour du Grand Turc. Il était venu alors en compagnie des nôtres, pour l'amour dudit Verassan, et particulièrement parce qu'il était question d'une alliance entre le Turc et le roi François afin de combattre l'empereur, dont les Turcs étaient bien contents, disant que leurs grands seigneurs étaient issus de la maison de France, car ils estiment nos rois de France par-dessus tous autres. Jean Florin était parti pour nos terres avec les prises qu'il avait faites aux Canaries, qui étaient le plus riche butin qu'on eût jamais vu. M. Jean Parmentier et son frère Raoul, voulant faire le voyage des Indes, nous avaient joints par le conseil que leur avait donné le capitaine Jean Florin à son retour, et nos navires, sous le commandement de M. de Verassan, croisaient sur celte côte d'Afrique anciennement connue des Normands, où ils trafiquaient avec nous par l'entreprise du sieur Luchali, mahométiste, achetant de la malaguette, du morphi cl diverses autres bonnes marchandises. Ayant terminé notre marché, nous revînmes à bord, où par M. Raoul nou-; furent comptés à Rraguibus et à moi sept cents écus au soleil pour notre loyer et part de prise à Chiorera et aux autres gains de l'expédition, voire à ceux où nous n'avions

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