Mailre d'équipage
à un coin de la table, me retint une bonne demi-heure à ses grossoyements et signatures. Cependant M. de Verassan expliquait aux autres que maîlre Picot s'embarquerait comme procureur à. bord de la Pensée, avec Jean Florin, qui ne partait jamais sans son homme de loi. L'expédition devait mettre à la voile le 1er mai, la Dauphine et la Normande naviguant vers une direction inconnue, parce que M. de Verazzano se proposait de trouver une route nouvelle pour aller aux Indes.
Jean Florin, avec la Pensée, devait croiser du côté de la Nouvelle-Espagne pour y courir sus aux navires espagnols, si l'amiral Chabot obtenait, comme il l'avait promis, lettres de marque du roi. Après quoi, vers l'entrée de l'hiver, M. de Verassan ayant reconnu sa nouvelle route, viendrait nous rejoindre à un endroit convenu secrètement entre Jean Florin et lui, et nous partirions ensemble pour le voyage définitif.
Quand mes actes furent achevés, M. de Verassan vint à moi et me tendit la main.
« Monsieur mon ami, dit-il, pensez-vous que tout soit en règle maintenant, et que vous puissiez me donner les papiers de Nicole Lefebvre?
— Je le pense, mon capitaine, répondis-je, car, s'il vous plaît, c'est ainsi que je vous appellerai à partir d'aujourd'hui.
— Et bien vous ferez, s'écria Jean Florin. Mais il faut d'abord, suivant le statut des mariniers, que vous fassiez le serment au roi de France entre mes mains. Quelqu'un de vous a-t-il une croix?
— Voici mes patenôtres, mon capitaine, dit Antoine Vasseur.
— Cela suffit, répondit Jean Florin. Il y a une croix au bout. »
Ayant dit ces mots, il me présenta la croix et reprit : « Jurez4 de m'obéir et suivre pour le service du Roi à