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INTRODUCTION. XXV
indiqué par leur médecin, mais adopté selon l'inspiration du patient ou de ses amis!, Quant au charlatan huron, il ne faisait que battre, pincer et secouer son malade, criant, hurlant, tapant des écailles de tortue à ses oreilles afin d’expulser le mauvais esprit; il allait jusqu'à le mordre au sang, et déployait alors en triomphe un morceau de bois, de fer ou d’os qu'il avait tenu caché dans sa bouche, affirmant qu'il arrachait ainsi la cause de la maladie*?, Parfois, il ordonnait une danse, un festin ou une partie; alors le village tout entier se démenait pour obéir à l’injonction. Les hommes jouaient tout ce qu'ils possédaient et se gorgeaient de nourriture comme des vautours; ils dansaient ou jouaient à la balle, nus comme des vers, au milieu des tourbillons de neige, depuis le matin jusqu'au soir. Lors d’une festivité médicale, quelque acte étrange ou inusité devait accompagner la cérémonie, tel, par exemple, que de faire une laide grimace à son hôte en guise d'adieu, au lieu du mono-
1. Les Indiens avaient aussi des remèdes simples, mais efficaces, pour la guérison des blessures ; mais il faut ajouter que la pureté de leur sang, aidée de leur activité et de l'absence de tout élément excitant dans leur nourriture, venait en aide aux moyens de guérison. Les Indiens étaient, en général, singulièrement exempts de difformités et de maladies, quoique souvent très-gravement malades par suite de leurs alternatives de famine et d'excès; car les Hurons mouraient parfois des conséquences de leurs « festins à tout manger ».
2. Les Hurons croyaient que la cause principale des maladies résidait en un serpent monstrueux, vivant sous terre; ils pensaient qu'en touchant une plume, une touffe de cheveux ou un fragment d'os avec une partie de sa chair ou de sa graisse, le sorcier avait le pouvoir de faire entrer cet ennemi dans le corps de sa victime, et de la tuer progressivement ; c'était donc une des fonctions importantes du médecin que d'extraire ces maléfices des organes de son patient, — Raguencau, Relation des Hurons, 1618, p. 75,
XXVI INTRODUCTION
syllabe de remerciment habituel du convive au départ. Souvent, par ordonnance, tout le village entrait dans la demeure du malade, conduit par de vieilles femmes déguisées avec des têtes et des peaux d'ours, et frappant leurs baguettes sur des feuilles d’écorce sèche; puis la compagnie dansait et hurlait pendant des heures avec un tapage auquel un patient civilisé eût promptement succombé ! D’autres fois, le docteur se montait au diapason d’une fureur prophétique, parcourant en divaguant l'étendue de la hutte, saisissant des fers rouges et les lançant autour de lui, à la grande terreur des squaws, pour lesquelles le feu au milieu de tant d’élé- - ments combustibles était un sujet d’appréhension perpétuel.
Parmi les Hurons et leurs diverses tribus, la maladie était souvent attribuée à quelque désir inconnu et non réalisé, On accablait, en conséquence, le malade de cadeaux, espérant que dans leur nombre on réussirait à trouver l’objet désiré. Peaux, chaudrons, pipes, wampum, engins de pêche, de chasse et de guerre, enfin tous les objets les plus variés étaient étalés devant le malade par la foule charitable; et si, comme il arrivait souvent, un songe, oracle tout-puissant, avail révélé au malade le secret de sa guérison, ses demandes avaient la certitutic d’être satisfaites, quelles qu’elles fussent !, On n'a dons pas lieu, d’après tout ce qui précède, d'être suriris des maladies subites et des cures
1. Nous renvoyons le lecteur à Sagard, Voyage des Hurons, p. 158, pour les moyens curatifs qui défient la transcription en bravant l’honnêteté; Lallemant les mentionne aussi sous le nom d’andaewaudes (Relation des Hurons, 1639, p. 84), comme étant un des seuls remèdes connus. Sagard ajoute : « Dieu veuille abolir une si damnable et malheureuse cérémonie! »
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INTRODUCTION, XXVII
instantanées qui surgissaient fréquemment, puisque le patient en tirait tout avantage, et le médecin un honneur facile et un profit assuré,