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LA FAMILLE HURON-IROQUOISE

Avant d'aborder le curicux sujet de l'organisation sociale des tribus indiennes, nous croyons devoir indiquer brièvement les différences les plus saillantes et la situation particulière des diverses peuplades parlant les dialectes de la langue générique des Iroquois. C’est dans cette intéressante pléiade de tribus que se rencontrent les développements les plus complets du type indien et les exemples frappants de leur genre d'intelligence, Sans atteindre aux hauteurs romanesques attribuées à cette race, on peut affirmer que l’on trouve chez les Hurons-[roquois les caractères divers les plus élevés, Une preuve concluante de cette assertion est fournie par la dimension des crânes de cette grande famille humaine; la capacité intellectuelle y dépasse celle de tous les Aborigènes de l'Amérique du nord et du sud, sans en excepter les races civilisées du Mexique et du Pérou. Les vallées boisées des Montagnes-Bleues, au sud de la baie Nottawassaga, du lac Ifuron, et à deux jours de marche à l’ouest de la fron-

1. Il est singulier que la dimension intérieure des crânes des sauvages de l'Amérique dépasse de beaucoup celle des Mexicains ou des Péruviens, « Cette différence de volume n'existe que dans la partie occipitale et dans la base du crâne, » En d'autres termes, le volume des tendances animales y est le plus développé, et on en tire la déduction du caractère féroce, brutal et rebelle à la civilisation de ces tribus sauvages, (Voir J, S. Phillips, Mesures des crânes des principaux groupes d'Indiens dans Les États-Unis.

XXVIIT INTRODUCTION,

tière des villes huronnes, renfermaient les neuf villages de la nation de Tobacco ou Tionnoutates. Comme usages et comme langage, ils se rattachaient étroitcment aux Hurons; après avoir été ennemis invétérés, la paix s'était conclue entre eux vers l’année 1640 ; ils étaient fortement unis, et lors de la ruine qui frappa cette malheureuse nation, les Tionnoutates gardèrent seuls une organisation de tribu; leurs descendants, à peu d’exceptions près, sont encore à ce jour les reprtsentants du nom huron et wyandot. Expatriés et errants, ils conservèrent pendant plusieurs générations une influence prépondérante parmi les tribus de l'Ouest !. Leur séjour primitif au milieu des Montagnes- Bleues offrit l'exemple bien rare, avec l’imprévoyance indienne, d’une tribu cultivant a: s£lantations destinées à un commerce régulier, celui du tabac, dont ils trafiquaient abondamment avec les autres peuplades. L'union ou ligue des Hurons, commerçants avisés, ne leur permettait pas de traverser la contrée pour faire l'échange avec les Français, car elle préférait garder pour elle-même l'avantage de revendre les marchandises françaises en réalisant des bénéfices énormes *.

En avançant pendant cinq journées de marche vers le sud, le voyageur quittait les Tionnoutates et gagnait les villages frontières des Altiwandarous ou de la Nation Neutre. Dès 1626, un frère franciscain, La Roche-Daillon, les visitait et y constatait une popula-

4, « L'âme de tous les conseils, » dit Charlevoix, Foyage, p. 199. En 1763, c'étaient les meilleurs guerriers de Pontiac,

2, Sur les Tionnoutates, voir Le Mercier, Relation, 1637, p. 163; Lallemant, Relation, 1641, page 69; Ragueneau, Relation, 1648, p. 61, etc.

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