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e Trent, — Le lar te. — Champlain Brülé, — Chasses n l'institue arbitre
ns la ville incar on ne le étouffé par le r y échapper, de ses Franr la connaisisiter en trois e les charmait s bouquets de 1us de lièvres anes, cerises, es. Ils atteie, Cahiagué, rillia, à trois
L'ARMÉE DE LA GRANDE GUERRE. | g4l lieues de la rivière Severn, par laquelle le lac Simcoé déverse ses eaux dans la baie de Matchedash.
Leur arrivée excita une clameur aigüe de réjouissance, les regards stupéfaits des squaws et la fuite des enfants terrifiés. Champlain estime que la ville contenait environ deux cents grandes huttes, mais elles devaient être relativement de petite dimension, car si elles avaient eu la capacité accoutumée de ces longues demeures, Cahiagué seule eût contenu la presque totalité de la population huronne, dont ce n'était que le rendez-vous principal ; aussi la ville débordait-elle de guerriers.
K était arrivé d’agréables nouvelles; une nation alliée, celle des Eries, avait promis de se joindre aux Hurons contre l'ennemi commun !, avec un renfort de cinq cents hommes. On passa plusieurs jours en fêtes et en danses de guerre jusqu'à l’arrivée tardive des autres tribus ; alors, portant les canots et les bagages sur les épaules, la troupe cuivrée se mit en marche.
A l'embouchure du lac Simcoé, on s’arrêta pour pêcher, manière primitive de suppléer à l’intendance
4. Pendant que les Français devenaient les auxiliaires des Hurons contre les Iroquois, les Hollandais de l'Hudson aidaient ceux-ci contre les nations alliées, qui firent prisonniers trois des Hoïilandais, et les relâchèrent, les croyant des Français,
des vivres. C’est de là que l’intrépide Étienne Brûlé demanda à être envoyé en avant avec douze Indiens pour hâter l’arrivée des cinq cents alliés, entreprise d’une dangereuse témérité, puisqu'elle lui faisait longer tous les confins du territoire iroquois.
On était au 8 septembre, et déjà Champlain se réveillant, transi de froid sous ses couvertures, pouvait voir les prairies étincelantes d’une première gelée qui allait fondre sous les rayons du soleil d’automne.
La flottille huronne poursuivait sa course sur le lac Simcoé, et gagnait la suite des lacs qui forment les sources de la rivière Trent; aucune trace humaine ne venait animer le paysage, pendant que les bosquets et les grottes, longeant le rivage, semblaient à Champlain parfois faits de main d'homme, et que d'immenses noyers entrelacés de vignes y ajoutaient l'aspect d’un jardin de plaisance.
Le voyage allait être interrompu par une chasse au daim; le campement établi, cinq cents Indiens, en ligne comme les tirailleurs d’une armée, poussèrent le gibier jusqu’à un fond de bois, d’où, voulant gagner l’eau, les animaux étaient tués par les hommes restés dans les canots. Champlain et ses compagnons prirent le plus grand plaisir à ce diver-
ienne Brûlé >uze Indiens s, entreprise e lui faisait quois.
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L'ARMÉE DE LA GRANDE GUERRE. 343 tissement, qui finit pourtant assez mal, car un des Français, tirant sur un daim, blessa un Indien, et il fallut force largesses pour apaiser le patient et ses amis.
Les canots quittèrent les eaux de la Trent; semblables à un vol de mouettes, ils s’'engagèrent hardiment sur le vaste lac Ontario, le traversèrent heureusement et débarquèrent sur les confins de New-York, près de la pointe ouest de Hungry-Bay. Cachant leurs légers navires dans les bois, nos guerriers reprirent leur marche silencieuse, filant entre la forêt et le lac pendant douze milles, le long du rivage caillouteux ; s’'enfonçant alors dans les terres, ils traversèrent la rivière Onondaga et, après une marche de quatre jours, se trouvèrent sur les frontières ouest du pays des froquois ; quelques-uns de leurs éclaireurs ayant rencontré un groupe de cette nation allant à la pêche, capturèrent les onze personnes, hommes, femmes et enfants, qui le composaient. Amenés au camp des Hurons, le chef inaugura la joie excitée par cette capture en coupant le doigt d’une des femmes; mais devant la colère et l'opposition absolue de Champlain, il dut remettre le plaisir qu’il se promettait à une meilleure occasion,
La forêt s’éclaircissait, la ville ennemie #uait pro-
che, précédée de champs mal cultivés et de tous les indices de la vie la plus primitive. Quelques jeunes . Hurons, envoyés en éclaireurs, virent les Iroquois ramassant leur récolte de citrouilles et de maïs; rien ne put retenir cette horde indisciplinée et sans cervelle, 5e précipitant en avant avec leurs cris de guerre, ils se virent promptement repoussés par les Iroquois qui avaient saisi leurs armes; plusieurs furent blessés, et Champlain fut forcé d’intervenir; les décharges de mousqueterie arrêtèrent la poursuite de l'ennemi, qui rentra dans ses défenses emportant ses blessés et ses
morts !, On avait devant soi la ville des Senecas, la plus populeuse et l’une des plus belliqueuses des cinq
tribus iroquoises, située sur ou près d’un des lacs du New-York central, peut-être le lac de Canandaigua *, Champlain nous décrit ces travaux de défense
1. Le Clercq, 1, 79-87, donne plus de détails que Champlain, dont le récit se trouve dans les éditions de 1620, 1627 et 1632.
2, Il n’y a aucun doute que les Ontouoronons de Champlain étaient les Senecas, dont le Genesee faisait la limite ouest à cette époque. Le lac Ontario, lac Saint-Louis des Français, était nommé par les Hurons lac des Ontouoronons; de là son nom présent. Le récit de Champlain ne permet pas de préciser le site de la ville attaquée, O. H. Marshall, dans une conférence sur les premiers explorateurs de l'Ouest, publiée dans le Western Literary Messenger, faisant allusion à Champlain, croit que la ville devait être située sur le lac Onondaga, Brodhead, Histoire de New-York, partage son opinion; la pensée du lac Canandaigua est due au Dr O’Callaghan,
t de tous les ques jeunes s Iroquois ramaïs ; rien ne sans cervelle, de guerre, ils s Iroquois qui urent blessés, décharges de l'ennemi, qui blessés et ses
necas, la plus uses des cinq un des lacs du anandaigua *.
ax de défense
1e Champlain, dont et 1632.
Champlain étaient à cette époque. Le nmé par les Hurons récit de Champlain &e, O. H. Marshall, de l'Ouest, publiée usion à Champlain, ondaga. Brodheal, ensée du lac Canan-
comme infiniment plus forts que ceux des villages hurons ; ils consistaient en une quadruple rangée de palissades rondes, de trente pieds de haut, se réunissant au sommet, où elles supportaient une sorte de galerie bien défendue par du bois mis à l'épreuve du tir, et garnies de gouttières destinées à éteindre les incendies.
Une mare bordait un des côtés de la palissade ct répandait son ample provision d’eau dans la ville par des conduits, tandis que les galeries étaient bien munies de magasins de cailloux.
Champlain était exaspéré du coup de tête des Iurons et de ses résultats; le soir, autour du campement, il reprocha violemment aux chefs leur manière d'agir, et après avoir fait son admonestation, il entreprit de les instruire en l’art de la guerre. Dès le matin, dirigés par les Français, les alliés commencèrent à construire une tour en bois assez haute pour dominer la palissade, et pouvant recevoir à l’abri de sa plateforme cinq ou six archers; on fabriqua également quelques larges mantelets ou parapets portatifs en bois, rappelant les engins du moyen âge; quatre heures avaient suffi pour compléter l'ouvrage et commencer l'assaut, Deux cents des meilleurs gucrriers tirèrent vaillamment leur tour en avant, pour
la placer à une longueur de pique de la palissade. Trois arquebusiers s’établirent au sommet et ouvrirent un feu nourri contre les galeries ennemies, bien pourvues de défenseurs : mais rien ne put maintenir les ingouvernables Hurons; sourds à tout ordre, abandonnant leurs mantelets, ils se répandaient comme une nuée de frelons en rase campagne, sautant, criant, et décochant leurs flèches au milieu de leurs chants de guerre, pendant que les froquois, répondant par des cris de défi, les accablaient d’une grêle de pierres et de flèches. Un Huron, plus bardi que le reste, courut vers la palissade avec des brandons, et fut suivi par ses compagnons portant du bois sec pour alimenter la flamme ; mais leur imprévoyance s’obstinant à vouloir incendier du côté d’où venait le vent et sans la protection des grands boucliers de bois, les torrents d’eau lancés du haut des gouttières éteignirent rapidement le feu. Champlain chercha en vain à remettre un peu d'ordre au milieu d’une confusion inexprimable, sa voix se perdait dans les hurlements que chaque guerrier accentuait du ton le plus aigu; il crut, nous dit-il, que son cerveau éclaterait, et dut renoncer à tout espoir, se bornant avec ses hommes à viser tout [roquois qui se montrait sur les remparts.
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la palissade, mmet et oues ennemies, ne put mainà tout ordre, répandaient 1pagne, sautu milieu de Iroquois, réolaient d’une n, plus hardi vec des branrtant du bois prévoyance ’où venait le boucliers de es gouttières lain chercha ilieu d’une lait dans les ait du ton le erveau éclaornant avec ontrait sur
L'ARMÉE DE LA GRANDE GUERRE. 347 L'attaque durait depuis trois heures lorsque les guerriers, définitivement repoussés, rentrèrent dans le camp fortifié avec dix-sept de leurs blessés. Champlain avait reçu deux flèches, dans le genou et la jambe, qui l’empêchaient de marcher. Il fallait pourtant renouveler l’attaque sans retard, car les Hurons, abattus et découragés, refusaient de quitter leur camp, alléguant le cas où les cinq cents alliés promis apparaîtraient, On attendit cinq jours en vain, trompant le temps par de fréquentes escarmouches, qui tournaient toujours au détriment des Hurons; puis ha retraite désordonnée eut lieu à travers les sombres défilés de la forêt, pendant que les Iroquois, sortant de leur réduit, accablaient l’arrière-garde et les flancs d'une nuée de flèches.
Les blessés, et Champlain parmi eux, empaquetés dans de longues corbeilles d’osier, étaient portés sur le dos d’un robuste guerrier, « emmaillotés fortement comme des enfants nouveau-nés, et ne pouvant faire un mouvement ; je perdis enfin, dit notre héros, toute patience et, dès que je pus me porter,
je sortis de cette prison ou, pour mieux dire, de
l'enfer ‘, » On vit enfin se terminer cette lugubre
marche, en atteignant le lieu où les canots avaient 1, Champlain, 1627, 46.
été cachés; on les trouva heureusement intacts, ct la troupe put s’embarquer et revenir sur la rive nord du lac Ontario. Les Hurons avaient promis à Champlain une escort? jusqu'à Québec, mais les chefs n'ayant guère, comme nous l'avons vu, qu'une autorité de persuasion, chacun des Hurons trouva un bon prétexte pour refuser son canot ou sa personne. Ajoutons que Champlain avait perdu de son prestige: « l’homme à la poitrine d’airain » ne s'était pas montré fiancé inséparablement à la victoire, et, bien que l'échec ne fût pas de son côté, on le respectait moins: il ne lui restait pourtant pas d’autre alternative que celle d’hiverner avec les Hurons. La grande armée de gucrre se dispersa, chaque bande retournant à son lieu de chasse. Un chef, du nom de Darontal, offrit à Champlain l’abri de sa hutte, que celui-ci dut accepter.
Arrêtons-nous ici un instant, et suivons les traces d'Etienne Brüûlé pendant la périlleuse mission qu'il remplissait près des cinq cents alliés.
Trois ans s’écoulèrent avant que Champlain le revit; ce ne fut que dans l'été de 1618, qu’au Saut Saint-Louis, 1l retrouva l'interprète, les mains ct le visage portant les traces de ce qu'il avaii enduré; Brulé lui conta alors ses aventures,
ntacts, ct la rive nord du à Champlain hefs n'ayant autorité de un bon présonne. Àjouon prestige; tait pas monet, bien que ectait moins; ternative que srande armée retournant à de Darontal, e celui-ci dut
‘ons les traces mission qu'il
Champlain le 8, qu'au Saut es mains ct le avaii enduré;
Parti, comme nous l'avons déjà dit, avec douze Indiens, ils traversèrent le lac Ontario, et avancèrent avec toute la célérité possible, évitant les sentiers et les marais pestilentiels, choisissant les plus épais fourrés, afin d'échapper aux vigilants et cruels Senecas dont ils foulaient le territoire. Ils avaient déjà parcouru une bonne partie de leur route, lorsque faisant la rencontre d’une petite troupe d’Iroquois, ils les assaillirent, en tuèrent quatre ct firent deux prisonniers; on conduisit ceux-ci à Carantouan, but de leur voyage, et ville fortifiée, d’une population de huit cents guerriers, ou environ quatre mille âmes.
Les Carantouans devaient faire partie de la nation des Ériès ; accueillis avec les réjouissances et les repas accoutumés, les cinq cents guerriers se préparaient au départ, mais avec une telle lenteur que, bien que la ville assiégée ne fût qu’à trois jours de distance, ils virent à leur arrivée que les assiégeants étaient partis. Brûlé retourna avec eux à Carantouan et y passa l'hiver en explorations dignes de l'esprit aventureux de son commandant. Descendant une rivière qui de-
vait être la Susquéhanna, il la suivit jusqu’à son embouchure dans la mer, à travers les territoires de tri-
bus populeuses, en guerre l’une avec l’autre.
nl
Revenu à Carantouan, au printemps, quelques Indiens lui proposèrent de le guider vers ses compatriotes; moins heureux alors, ils rencontrèrent les Iroquois qui, fondant sur eux, les dispersèrent dans les bois. Brûlé s’enfuit comme les autres, et bientôt le bruit de la poursuite s’éteignit, maisil se trouvait perdu en pleine forêt, devenue pour lui un inextricable labyrinthe. Pendant quatre jours il erra, jusqu'à ce qu’affamé et désespéré, il trouva un sentier indien et, n’ayant le choix qu'entre les Iroquois et la famine, il opta pour les premiers, résolu à implorer leur clémence. Bientôt il vit au loin trois Indiens chargés de poissons frais ; leur parlant alors en langue huronne, dont le dialecte est absolument semblable à celui des Iroquois, ceux-ci s’arrêtèrent stupéfaits, puis prirent la fuite; mais Brûlé, égaré par la faim, jeta ses armes en signe de paix. Les Indiens s’approchant alors, écoutèrent le récit de sa détresse, fumèrent les pipes avec lui et le conduisirent au village, où on lui donna la nourriture. La foule s’assembla et les questions commencèrent : « D'où venez-vous ? N’êtes-vous pas ut ;s Français, les hommes de fer, qui nous .nt la guerre ? »
Etienne Brüûlé répondit : «qu’il était d’une nation
s, quelques Vers Ses ; rencontrèles dispersèe les’ autres, gnit, mais il epourluiun jours ilerra, ouva un senles Iroquois résolu à imau loin trois parlant alors t absolument i s’arrêtèrent Brûlé, égaré paix. Les Ine récit de sa et le conduia nourriture.
commencè- DAS U D nous . nt la
d’une nation
L'ARMÉE DE LA GRANDE GUERRE. 951 encore supérieure aux Français et bonne amie des Iroquois. »
Mais les incrédules Indiens, l’attachant à un arbre, déchirèrent sa barbe à pleines mains, et la brülèrent avec des tisons ardents, pendant que le chef s’interposait en vain en sa faveur. Comme beaucoup de bons catholiques, il portait sur la poitrine un Agnus Dei. L'un de ses bourreaux demanda ce que c'était, et avança la main pour s’en saisir. « Si vous y touchez, s’écria Étienne, vous et votre race, vous périrez. »
L'Indien persista ; la journée était chaude, et un de ces ouragans succédant souvent aux brüûlantes après-dinées américaines s’élevait à l’horizon. Brülé montra le ciel chargé de sombres nuages, comme portant la menace de la colère céleste; au même moment, l'orage éclatait et, au son de l'artillerie céleste résonnant sur leurs forêts, une terreur superstitieuse s'empara des Iroquois.
Tous s’enfuirent, laissant leur victime étroitement lite, jusqu’à ce que le chef qui avait déjà cherché à le wrotéger, vint couper ses liens, et l’emmenant dans sa demeure, pansa charitablement ses plaies. Depuis lors, aucune fête ni cérémonie ne se passa sans que Brülé y fût invité, et lorsqu'il voulut rejoin-
dre ses compagnons, une bande d’Iroquois le guida
durant quatre jours; il retrouva ses amis les Hurons sans autre malaventure, et les accompagna dans leur descente annuelle pour rencontrer les marchands français à Montréal !.
On peut voir la presque contre-partie des aventures de Brûlé dans l’hiver que son commandant passa sur les terres de chasse de ses alliés les Hurons, La page jaunie par le temps qui nous en a transmis le récit, débute par la peinture d’un paysage morne et sauvage, glacé par l’air froid des brouillards de novembre, un ciel bas se reflétant dans les eaux sombres du lac, le sol couvert de feuilles fanées et racornies, la forêt dénudée et grelottante sous les premières atteintes de la gelée; enfin, sur les bords du lac, les huttes d'écorce et les feux de bivouac des traqueurs indiens. Champlain était du nombre. Certes, son fusil ‘rouvait là de quoi s'exercer : les matinées
1. L'histoire d'Etienne Brülé, dont le nom semble un souvenir du rude baptème de feu qu'il endura, est dans la narration de Champlain, de 1618. Brüûlé périt lamentablement, Les Hurons l’assassinèrent traitreusement dans un de leurs villages près de Penetanguishine. Bien des années après, une épidémie ayant décimé la population huronne réduite à moitié, les [Indiens crurent voir la vengeance du meurtre du Français, et les sorciers renommés annoncèrent avoir vu la sœur de la victime volant au-dessus de leur contrée et y répandant
cette peste mortelle. Le Jeune, Relation, 1634. Brébeuf, Relation des Hurons, 1635 et 1637 (Québec, 1858).
uois le guida is les Hurons ra dans leur s marchands
tie des avencommandant s les Hurons.
on a transmis \YSage morne rouillards de les eaux somfances et rasous les preles bords du vouac des tranbre. Certes, : les matinées le un souvenir du ration de Chamons l’assassinèrent Penetanguishine.
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ée et y répandant beuf, Relation des
L'ARMÉE DE LA GRANDE GUERRE. 353 résonnaient des cris du gibier d’eau, et le repas du soir était accompagné de la lugubre plainte des loups. ii se trouvait à ce moment sur la rive d’un lac au nord de Kinsgton actuel. Vingt-cinq Indiens étaient depuis dix jours occupés à préparer sur les bords d'une rivière voisine la chasse aux daims annuelle. Ils plantaient des pieux entrelacés de branchages en deux lignes étroites, convergentes, s'étendant chacune pendant plus d’un demi-mille à travers les forêts et les marais, et à l'angle où elles se rejoignaient, se trouvait une forte enceinte comme un enclos pour le bétail. Au point du jour, les traqueurs se répandirent dans les bois, en criant et en frappant des batons, poussant les daims devant eux jusqu’à l’enclos, où d'autres chasseurs les accueillaient à coups de flèches et d’épieux.
Champlain était dans les bois avec les Indiens, lorsqu'il vit un oiseau, qu'il décrit comme étant le pivert à tête rouge, dont la nouveauté excita son intérêt, et, le fusil en main, il partit à sa poursuite, L'oiseau, sautant d'arbre en arbre, l’attira de plus en plus loin; puis s’envolant, il disparut. Le chasseur désappointé voulut alors revenir sur ses pas. Mais comment retrouver son chemin? La journée était
sombre, et il avait laissé sa boussole au campement.
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La forêt l’enveloppait de toutes parts, il acheva de se perdre en s’y enfonçant; errant tout le jour, il dut
passer la nuit à jeun au pied d'un grand arbre; le lendemain il se remit à errer, et il se trouva dans l'après-midi au bord d’un étang mélancolique perdu sous l’ombre des pins et fréquenté par des oiseaux d’eau, dont Champlain put tirer quelques-uns, les rôtir au feu et apaiser ainsi sa faim pour la première fois. Traversé par une pluie glaciale, il lui fallut pour la seconde fois s'étendre sur la terre mouillée, sans l'abri même d’une couverture, et chercher le sommeil dans ces tristes conditions après avoir invoqué le secours de son saint patron. Uu troisième jour de ce pareours aveugle et désespéré succéda, suivi d’une nouvelle nuit d’épuisement. Il avait bien trouvé des sentiers dans la solitude, mais aucun n’était fait par les hommes; se remettant courageusement en marche au quatrième jour, il chemina, jusqu’à ce qu’entendant au fond d’un ravin le murmure argentin d’un ruisseau, il prit le parti de suivre ce faible guide dans l'espoir qu'il le conduirait à l’une des rivières servant de campement aux chasseurs indiens. Notre voyageur s’engagea donc sur la trace du petit cours d'eau, tantôt perdu sous l’amas de troncs tombés dans son lit ou arrêté par les entrelacements d’abattis
cheva de se jour, il dut id arbre; le rouva dans lique perdu des oiseaux aes-uns, les la première i failut pour uillée, sans r le sommeil \voqué le se- 1e jour de ce suivi d'une n trouvé des était fait par ent en marà ce qu’enire argentin faible guide des rivières liens. Notre petit cours nes tombés ts d’abattis
L'ARMÉE DE LA GRANDE GUERRE. 355 naturels, tantôt filtrant à travers les taillis marécageux ct les fissures de rochers, et entrant enfin, non dans une rivière, mais dans un petit lac. Champlain contourna ses bords et trouva le point où, coulant sous les racines des aulnes, le ruisseau ressortait et reprenait sa course; puis tendant l'oreille, il discerna un son sourd et continu venant des profondeurs des bois; en avançant, il écouta de nouveau, et put entendre distinctement le bruit des eaux bouillonnantes et, à travers les taillis, percevoir la clarté du jour; en quelques bonds il se trouva au bord d’une prairie couverte d'animaux de toute espèce, paissant l'herbe épaisse ou broutant les jeunes pousses; à sa droite coulait la rivière, et il voyait le chemin de planches sur lequel les Indiens traversaient les rapides avoisinants. Il regarda autour de lui, le paysage et les collines rocheuses semblaient familiers à ses yeux : il n’en pouvait plus douter, il se retrouvait! Alors, le cœur allégé et bénissant Dieu, il alluma un feu et prépara le gibier qu’il avait tué. Au lever du soleil, Champlain descendit la rive et distingua bientôt la fumée des huttes indiennes qui s’élevaient le long des lignes grisâtres du bois. Grande fut la joie des deux côtés, car les Indiens alarmés n’avaient pas manqué d'aller à sa recherche, et, à partir de ce jour, son
er Re A
hôte Darontal ne voulut plus lui permettre d’excursion dans la forêt sans être accompagné.
Ils restèrent trente-huit jours campés sur cette rivière sans nom, et tuèrent pendant ce temps cent vingt cerfs et daims. Comme il fallait que la glace fût assez ferme pour permettre de traverser la région de marais et de lacs qui les séparait des villes huronnes, on attendit jusqu’au 4 décembre, où le froid rendit la terre aussi dure que le granit et tous les cours d’eau polis comme un miroir; la neige vint ensuite, poudrant à blanc les immenses plaines déserte. Alors on leva le camp, empaquetant le gibier sur des traîneaux et sur les épaules, on chaussa les patins et on se mit en marche.
Champlain succombait sous son fardeau, bien que les Indiens portassent un poids cinq fois plus considérable. Pour comble de difficulté, ils entendirent une nuit les craquements et les gémissements plaintifs de la plaine de glace, et le lendemain le dégel était établi; pendant quatre jours on marcha dans la boue glacée jusqu'aux genoux, puis le vent du nord-est se leva, et le froid reprit. Au bout de dix-neuf jours, ils atteignaient la ville de Cahiagué, où les chasseurs, se chauffant autour de leurs foyers enfumés, trouvirent l'oubli des misères de la route.
re d’excur-
s sur cette temps cent la glace fût la région de s huronnes, e froid renus les cours vint ensuite, es désertes.
ibier sur des les patins et
au, bien que s plus consi- : entendirent ments plainle dégel était dans la boue u nord-est se -neuf jours, es chasseur“, imés, trouvi-
Mais pour Champlain le repos n'existait pas ; un double motif le pressait, les découvertes et l’extension à donner à la partie commerciale de l’entreprise. Il se rendit d’abord à Carhahouga, et il trouva encore le bon religieux dans son ermitage, priant, prêchant, instruisant et travaillant toutes les difficultés de la langue huronne. Ils passèrent quelques semaines ensemble, puis ils commencèrent leur voyage, atteignant en trois jours le village principal de la nation de Tobacco (ou Petuneux), tribu puissante alliée aux Hurons, et qui devait bientôt se fondre avec eux. Après avoir visité sept de leurs villes, nos voyageurs allèrent par l’ouest chez ces peuples mystérieux que Champlain nomme « les Cheveux-Relevés », et dont il fait autant l'éloge comme ingéniosité et propreté qu'il les blâme pour l'absence complète de tout accoutrement; la multitude accompagnait les étrangers de ville en ville, où leur arrivée devenait toujours
un signal de festivités. Champlain échangea avec ses hôtes des paroles d'amitié, et il les engagea à descendre avec les Hurons pour prendre part au trafic annuel de Montréal, pendant que le franciscain leur expliquait de son mieux, en langue indienne, les mystères de la foi.
Le printemps s’avançait, et Champlain, préoccupé
de sa colonie, résolut de la rejoindre en suivant le long détour par le lac Huron et l’Ottawa, que l’hostilité des Iroquois rendait la seule route praticable. À peine avait-il atteint le lac Nipissing et obtenu des Indiens l'engagement de le conduire vers cette chimérique mer du Nord qui hantait toujours son cerveau, que de mauvaises nouvelles le ramenèrent en toute hâte vers les villes huronnes.
Une bande d’Algonquins de la Grande-lle de l'Ottawa avait passé l’hiver campée près de Cahiagué;
les habitants leur firent présent d’un prisonnier | iroquois avec l’amicale pensée qu'ils jouiraient du plaisir de le bien torturer ; mais à l’encontre de cette gracieuse intention, nos Algonquins le nourrirent, le vêtirent et s’attachèrent à lui ; ce que voyant, les donataires exaspérés envoyèrent un de leurs guerriers tuer l’Iroquois, qui fut poignardé en effet au milieu des chefs algonquins; ceux-ci, en échange, assaillirent le meurtrier à coups de flèches.
Il surgissait donc là un casus belli compromettant gravement les intérêts des Français, puisque les Algonquins, par leur position sur l’Ottawa, empèêcheraient les Hurons et tous leurs alliés de descendre à Montréal à l'époque du trafic. Déjà on s'était battu à Cahiagué, le chef principal des Algonquins avait
suivant le que l'hostipraticable.
- et obtenu 'e vers celte oujours son ramenèrent
ande-Île de eCahiagué; prisonnier uiraient du ntre de cette nourrirent, voyant, les leurs guers en effet au en échange, s.
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L'ARMÉE DE LA GRANDE GUERRE. 359 été blessé et sa bande forcée d’acheter la paix par un fort tribut de wampum !.
Tous les yeux se tournaient vers Champlain comme arbitre de la querelle. Un conseil composé de chefs hurons et algonquins, fumant avec cette immobilité extraordinaire de physionomie sous laquelle se cachaient les instincts de férocité de leur race, ayant été convoqué, l'arbitre, s'adressant à l'assemblée, insista sur la folie des luttes intestines devant un ennemi commun prêt à les dévorer tous ; 1l exposa les avantages du commerce et de l'alliance avec la France, puis, animé d’un zèle assez intéressé, il les engagea à faire la paix en bons frères. Ce sage con-
seil fut suivi des dons de wampum faits et rendus;
on fuma le calumet de la paix, et l'orage encore une fois dissipé, le commerce de la Nouvelle-France était sauvé d’un péril imminent ?.
Champlain s’achemina de nouveau chez lui, accompagné cette fois de son hôte huron, Darontal. Le
1. Le wampum était formé de perles de diverses couleurs, faites primitivement par les Indiens avec l’intérieur de certaines coquilles, et plus tard, composé par les Français de verrotteries. Elles avaient un triple emploi : celui de servir de monnaie d'échange, d’ornementation et d'archives. Transformés en ceintures de diverses couleurs, ayant chacune leur signification, ces objets servaient à constater les traités et les conventions, de génération en génération,
2, Champlain, 1627, 63-27,
Caron les avait précédés, et le 11 juillet nos voyageurs se réunissaient {ous dans la capitale naissante du Canada. LesIndiens avaient répandu le bruit de sa mort; on le reçut donc comme un père échappé miraculeusement au tombeau. Tous les religieux réunis à Québec célèbrèrent des messes et des chants d’actions de grâce. On peut penser si pour Champlain et Le Caron, qui venaient desubir toutes les fatigues et les privations de la vie du désert, le foyer hospitalier, la société d’amis et de compatriotes étaient les bien venus! Les jardins eux-mêmes, auxquels le commandant portait un intérêt spécial, leur semblaient avoir toutes les douceurs de la patrie absente.
Le chef Darontal trouva l'accueil dû à sa haute position. Le fort, les vaisseaux, les armures, le canon, l'architecture des maisons, les splendeurs du culte, et surtout l’abondance de la bonne chère, dépassaient de beaucoup les limites de son imagina-
tion ; il repartit enfin pour ses huttes perdues dans les bois, au comble de l’étonnement et de l’admiration de ce monde nouveau ouvert à sa pensée.
t nos voyale naissante 1 le bruit de ère échappé es religieux t des chants r Champlain les fatigues foyer hospiesétaient les quels le comr semblaient sente.
\ à sa haute armures, le lendeurs du onne chère, on imaginaerdues dans de l’admiraensée.