‹ Les pionniers français dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 14 sur 117 · Ra la charit mises er nombre hôtes ch distribue · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION

sieurs familles sans abri; en retour, les obligés rendaient un festin, s’ils le pouvaient; sinon, leurs remerciements étaient considérés comme suffisants 1,

Chez les iroquois et les Hurons, il y avait une distinction marquée entre les riches et les pauvres, ou entre ceux haut placés et les misérables; et pourtant, aussi longtemps qu’il restait des provisions au village, le plus pauvre était assuré d’y avoir sa part; il n’avait qu’à entrer dans la première maison venue, à s'asseoir près du foyer, et, sans qu’un seul mot fût prononcé des deux côtés, les femmes plaçaient des aliments devant lui ?. Il est donc constant que, contrairement à l'opinion reçue, ceux de ces sauvages vivant en communauté étaient tous d'humeur très-sociable; en outre de leurs fréquents festins et des danses, ils occupaient leurs loisirs à se visiter; fumant, bavardant, plaisantant avec leurs voisins, se raillant l’un l’autre par des jeux de mots acérés et souvent grossiers, mais

toujours pris en bonne part. Chaque village avait ses

l, Ragueneau rapporte le témoignage suivant de l'hospitalité et de la charité indiennes : « Toutes les fois que nous avons vu des tribus mises en fuite, des villes détruites, nous les avons vues aussi, parfois au nombre de sept ou huit cents personnes, reçues à bras ouverts par des hôtes charitables, qui leur donnaient joyeusement tous les secours et distribuaieut même aux familles une partie des terres déjà plantées,

afin qu'elles eussent le moyen de vivre. » Relation, 1650, 98.

2. Le jésuite Brébeuf, qui connaissait mieux que personne les Hurons, parle ainsi d’une de leurs quatre nations : « Ils ont une douceur

et une affabilité quasi incroyables pour des sauvages; ils ne se piquent pas aisément. Ils se maintiennent dans cette si parfaite intelligence

par les fréquentes visites, les secours qu'ils se donnent mutuelle-

* ment dans les maladies, par les festins et les alliances, Ils sont moins

.en leurs cabanes que chez leurs amis; s'ils ont un bon morceau, ils en font festin à leurs amis et ne le mangent quasi jamais en leur par:

ticulier..…., etc, » Relation des Hurons, 1636, 118:

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XXXVI INTRODUCTION

maîtres en l’art de ces tournois de lazzis; pendant que l'air retentissait de rires stridents, les jeunes squaws, auxquelles rien n’eût pu apprendre à rougir, se faisaient l'écho de chaque sarcasme trivial.

La vie sociale de ces tribus offrait encore un trait caractéristique dans leur organisation en clans ; ceux-ci n'étaient pas particuliers à chaque localité distincte, mais se recrutaient dans la nation entière ; tous les membres appartenant à ce clan étaient unis par un lien consanguin et intime ; il s’ensuivait qu’on eût vu

avec abomination deux membres d’un même clan se .

marier entre eux, et chaque famille devait contenir des membres d’au moins deux clans différents. Chaque clan avait son nom particulier, tel que : le clan du Faucon, du Loup, de la Tortue, et ce clan avait pour attribut la figure de la bête ou de l’objet dont son nom dérivait, Get emblème, nommé fotem par les Algonquins, était souvent tatoué sur le corps de ceux qui faisaient partie d’un clan, ou peint à l'entrée de la hutte. Les enfants appartenaient au clan de la mère et non à celui du père, et l’hérédité de rang, de titre et de possession descendait par les femmes. Le fils d’un chef ne pouvait jamais être chef par droit héré: ditaire et ne pouvait le devenir que par son influenct personnelle ou par ses actions d'éclat; il n’héritai même pas d’une pipe de son père; toutes les posses sions de celui-ci passaient de droit à ses frères ou au fils de ses sœurs, puisqu’ils descendaient tous d’un: souche commune. Champlain remarqua cette loi à descendance chez les Hurons en 1615; ce parfait observateur lui attribue une origine que nous croyon: la vraie : l'enfant pouvait n'être pas le fils de soi

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