‹ Les pionniers français dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 22 sur 117 · M. ( d grou] { “ol · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION. LY

parmi les bêtes, les oiseaux, les reptiles, tels que l'ours, le loup, la tortue, le faucon; et les noms de leurs clans totemies, pris presque tous d'après des animaux de la création, empruntent leur raison d'être à cette idée!, Une conséquence de cette donnée est qu'un chasseur indien cherchait toujours à se rendre propices les animaux qu’il allait poursuivre, et on le vit souvent adresser à un ours blessé une longue harangue en guise d'apologie. Les ossements du castor étaient l'objet d'une tendresse particulière et on le dérobait soigneusement aux chiens, de peur que l'esprit du castor défunt ou de ses confrères survivants n’en prit ombrage?,

Cette sollicitude s’étendait jusque sur les objets inanimés, On en trouve un exemple intéressant chez les Hurons, peuple comparativement avancé; afin de se

1. Cette croyance prenait souvent une forme parfaitement définie. C'est ainsi qu'il était de tradition parmi les tribus du nord et de l'ouest, que les hommes avaient été créés de carcasses d'animaux, d'oiseaux où de poissons, par Manabozho, personnage mythique. Les Amihouas, ou peuple du Castor, tribu algonquine du lac Huron, se vantaient de descendre de la carcasse du grand castor originaire, ou pire de tous les castors, Ils croyaient que les rapides ou cataractes do lu Rivière française et de l'Upper Ottawa étaient causés par les digues

construites par leur ancêtre amphibie, (Voir cette tradition dans

Perrot, Mémoire sur les mœurs, coustumes et religion des sauvages

ile l'Amérique septentrionale, p. 20.) Charlevoix raconte la même

tradition, On supposait que chaque Indien devait hériter en quelque e de la nature de l'animal dont il descendait,

2. M, C. Kinney, Tour aux lacs, p. 284, rapporte la stupéfaction

d 2 groupe d’Indiens auxquels on montra un daim empaillé ; croyant

4 son esprit serait offensé de cet indigne traitement de ses restes, * ls l’entourèrent en lui faisant mille excuses et en fumant devant lui

DIN Eire

en guise d'offrande propitiatoire, Cette superstition était une des plus répandues ; les anciens écri-

. vaius, depuis le ère Le Jeune jusqu'aux plus récents, tel que le capi-

. laine Carver, en font mention.

LVI INTRODUCTION

rendre favorables leurs filets de pêche et de leur persuader de bien remplir leurs fonctions, ils les mariaient à deux jeunes filles de la tribu, à l’aide de cérémonies bien plus imposantes que celles usitées dans le mariage entre humains’. Le poisson n’était pas moins que le: filets l’objet de ces invocations ; dans ce but, quelqu'un choisi exprès pour cette fonction leur adressait tous les soirs dans le campement de pêche une allocution, afin de les exhorter à avoir du courage et à se laisser prendre, les assurant qu’on rendrait tous les respect: possible à leurs arêtes. Cette harangue prenait place après le repas du soir, en grande solennité; pendant qu’elle durait, toute l'assemblée l’écoutait, silencieuse et immobile, étendue sur le dos à l’entour du feu*,. Outre la croyance qui attribuait la vie intelligente au monde matériel animé ou non animé, l'Indien avait foi dans des existences surnaturelles connues chez les Algonquins sous le nom de manitous, et chez les Iroquois et les Hurons sous celui d’Okies où d'Otkous. Cette croyance s’étendait à toutes les formes imaginables et comprenait les êtres de l’ordre le plus infime, des fées, des petits génies ou de certains géant:

41. Il est souvent question de cette cérémonie dans les anciens écrits Les Algonquins de l'Ottawa la pratiquaient ainsi que les Huron: Lallemant, dans son chapitre « Du règne de Satan en ces contrées : (Relation, 1639), dit qu’elle prenait place vers le milieu de mars. Comme il était indispensable que les fiancées fussent vierges, on prenait, en général, des enfants; elles tenaient le filet entre elles, l'esprit ou oki était harangué par le chef, qui l’exhortait à rempli son devoir en leur fournissant leur s':bsistance, On assura à Lallemant que l'esprit des filets était apparu une fois aux Algonquins, se plaignant d'avoir perdu sa femme, et les menaçant, si elle n'était remplacée par une autre aussi pure, qu'ils n’attraperait plus de poisson.

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