Voir Brébeuf et Sagard déjà cités
2. Le père Joques vit une femme captive brülée en l'honneur d’Areshoni, avec l’adjonction de deux ours pour suppléer à l'insuffi- &
sance des prisonniers. Lettres de Joques, 5 août, 1643,
3. Le Mercier, Relations, 4670, 66. Dablon, 2d., 1671, 17. Quel
ques écrivains identifient Tarengowagon et Hiawotha. Tanderdouck interprète Areskoni par le représentant du diable, et Tarengowagon est le Dieu; il nous semble que là, comme souvent, les mœurs des sauvages sont expliquées au moyen d'idées préconçues.
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INTRODUCTION. LXV
à se considérer comme un peuple privilégié de Dieu, L'idée conçue par les Indiens d’un être suprême ne s'élevait pas évidemment au delà des conceptions dont nous pouvions les croire susceptibles, Dès que ces natures primitives commençaient à contempler l’objet de leur culte et à l’orner d’attributions, celui-ci devenait d’un ordre fini et bientôt ridicule. L'image du créateur du monde ne dépassait pales limites de leur humanité barbare et dégradée, et presque aussitôt se manifestait une tendance à regarder autour de ce créateur et à faire appel à d’autres pouvoirs devant partager Sa puissance; nous sommes par là portés à croire que, si on avait développé les croyances indiennes, elles seraient arrivées à une espèce de polythéisme ?. Les conceptions de l’Indien n’embrassèrent jamais une région de bien moral attribuée au dieu de leur culte. Leur divinité ne distribue point la justice en ce monde et dans l’autre ; mais elle laisse l'humanité à la merci d’esprits inférieurs, remplissant et gouvernant
1. Le mot iroquois devant exprimer le mot Dieu est Hawennüo, écrit parfois Owagneo; mais l'usage de ce mot est entièrement propre aux missionnaires, Hawennüo étant un terme iroquois et signifiant : «il gouverne, il est maitre ». Aucun mot iroquois originaire pouvant s'interpréter pour «le Grand Esprit» ou pour «Dieu» n'existe. Voyez à ce sujet les Etudes philologiques sur quelques langues sauvages, Montréal, 1666, où l’on trouvera aussi une curieuse démonstration de quelques-unes des ridicules méprises commises par Schoolcraft à cet égard.
2. Les écrivains primitifs n’ont pu trouver aucune trace de croyance en un esprit supérieur d'aucun genre ; Perrot, dont toute la vie s'est passée parmi les sauvages, croit qu'ils l'ignorent absolument; Allouez uie qu'il existät rien de ce genre chez les peuplades du las Supérieur, ajoute que les peuplades des lacs et des Renards croyaient pourtant en un grand génie qui devait vivre dans les environs des établissements français. (Relation, 1667, de 11 à 21.)
LXVI INTRODUCTION
l'univers, Le bien ou le mal venant de ces esprits inférieurs ne procède jamais non plus de l’ordre moral; le bon esprit est celui qui apporte la bonne chance, et qui alimente les nécessités et les désirs des humains; le méchant esprit n’est qu’un agent de maladie, de mort et de mauvaise réussite.
Aucun des dialectes indiens ne fournit aux missionnaires l’équivalent du mot et de l’idée de Dieu; manitou et Otzi signifiaient tout ce qui était doué de pouvoirs surnaturels ; mais cela comprenait depuis une peau de serpent jusqu'aux grands Manobozho et Jouskeha. Les prêtres furent donc obligés de trouver des circonlocutions telles que «le Grand chef des hommes, » ou «Celui qui demeure dans le ciel !, »
Et pourtant il eût semblé aisé, au premier abord, de faire pénétrer l’idée d’un pouvoir spirituel, suprême, unique, dans l’ésprit des sauvages, en raison même d’un point particulier de leurs croyances. Leur pensée que chaque race d'animaux a un archétype ou chef, eût dû rendre facile de leur suggérer l'existence d’un chef suprême des esprits ou de l'humanité; conception qui est restée à l’état d’embryon dans la création de Monabozho. Les jésuites tirèrent pourtant parti de ce côté des croyances indigènes. « Si chaque sorte d’animal a son roi, leur disaient-ils, il en est de même pour
l'homme, et comme l’homme est placé au-dessus de
tous les animaux, ainsi en est-il de l'esprit qui gouverne l’homme et qui est placé au-dessus de tous les
autres esprits.» Les [ndiens accueillirent volontiers}
cette idée, et plusieurs tribus n'étant pas chrétiennes
4. Voir Divers sentiments ajoutés à la Relation de 1635, p. 27, et E
aussi bien d’autres passages dans les écrits des premiers missionnaires,
re rome
dans |’ à croir beaucor y mêlar el parm cet espi rale !, L'Indi maisiln une pun chez lui,
1. Lorsqn utile de se vages qui, les doctrine, les notions r presque inv:
des questior d'assentimen écrit au por soutenir sa Jarvis a voul croyances pa et pervertis 4 plus où mo murs indigè XVIIe siècle,
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