JEAN RIBAUT
ur DM tige qui leur attribuait la qualité de fils du Soleil; b- | restait le bon vouloir dont ils surent se servir et er fl abuser. Explorant les forêts, la rivière et ses îles, ils ane DA visitèrent cinq chefs différents, et en furent comblés vla D dedons et de vivres,
nta 2 . Un de ces chels les engagea à la grande féte reen D ligicuse de sa tribu; ils s’y rendirent ; mais ils monfut EN trèrent une gaieté impertinente qui dut être promp- | fort : tement réprimée, et on les enferma dans un wigwam 1 fils D afin d'éviter la profanation des mystères sacrés, L'un etde D d'eux put néanmoins s'échapper, et jouit du spectacle jerria è de la solennité : procession des magiciens et des qu mi- 1 guerriers, tatouage sanglant des jeunes filles, le tout
rd au M suivi d'un festin auquel les Français furent appelés à rétien \ prendre part.
Ceci M Les réjouissances terminées, ils retournèrent à » <on- D Charlesfort, où ils ne tardèrent pas à souffrir de la | im, Les Indiens partagèrent généreusement avec eux, tant que leurs ressources durèrent; quand celles-ci furent près d’être épuisées, ils leur parlè- | rent de deux rois, Ouadé et Couerxis, résidant du côté du sud, et chez lesquelsils trouveraient, disaient-ils, en abondance, des fèves, du maïs et d’autres céréales. milit D Les Français partirent aussitôt et atteignirent, à trae prés Mers la difficile navigation des tles intérieures, les
mine; arin le tra î *achtj’aven-
56 LES HUGUENOTS À LA FLORIDE, villages qu'on leur avait décrits, situés près ou sur la Savannah.
Accueillis cordialement, on remplit leurs bateaux de vivres; ils revinrent joyeux, mais la joie devait être courte : leur hangar à provisions fut détruit par l'incendie, Nouveau voyage près du roi Ouadé, qui, non content de donner encore des vivres à ses nouveaux amis, leur promet de ne point les en laisser manquer, tant que sa propre récolte suffira à leur: besoins,
On peut douter que cette chaude amitié eût chance de longue durée, mais les pauvres aventuriers portaient en eux-mêmes le germe de leur propre destruction, Albert n’était qu'un rude soldat: assuré de l'impunité par l’immensité qui le séparait de la mère-patrie, il devint cruel et tyrannique, fit pendre un tambour qui lui avait déplu, et exila un nommé La Chère sur une île déserte, pour y mourir de faim; ses camarades exaspérés tuèrent Pierria,
délivrèrent le pauvre soldat et nommèrent commandant Nicolas Barré, homme de mérite, qui sut rétablir la paix.
Mais bientôt ils se lassèrent de toutes les priwtions qu'il leur fallait subir, et la vue seule des mur: de Charlesfort leur devint odieuse, Peu sensibles
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JEAN RIBAUT, a leur rôle de pionniers de la civilisation et de la liberté religieuse, ils rêvaient de la patrie, des joies qu'ils y avaient connues, des amours laissés à Dieppe et sur les côtes de France; mais comment s'échapper de cette prison volontaire, comment fuir cette plage silencieuse? L’Atlantique défait tout espoir, car nul d’entre eux ne savait construire un bâtiment; ils se souvinrent que Ribaut leur avait laissé une forge, ct le désir passionné suppl” i1t à la science, ils se mirent à l’œuvre avec une énergie qui, appliquée à la conservation de Port-Royal, en eût fait la fondation d'une colonie hors ligne.
Leurs efforts produisirent enfin un brigantin digne du canot de Robinson Crusoé; ils y renfermèrent le reste de leurs provisions, donnèrent ce qui garnissait le fort aux Indiens, descendirent la rivière et poussèrent vers la pleine mer. Au bout de quelques jours un calme plat les arrêta; bientôt les provisions s’épuisèrent, le maïs manqua et on en arriva à manger le cuir des vêtements; le tourment de la soif devint encore plus intolérable, et la côte de France était moins proche pourtant que celle de la Floride qu'ils laissaient derrière eux. Rongés par la laim impitoyable, ils se regardaient entre eux comme des loups dévorants, et bientôt un murmure s'éleva,
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demandant que la vie de l’un d’eux fût la rançon du reste des aventuriers. Le choix tomba sur l’infortuné La Chère, voué ainsi par le sort à cette hideuse mort, succédant aux angoisses qu'il avait endurées sur son île déserte.
Ils le tuèrent, et ce monstrueux repas les soutint jusqu’à ce que les côtes de France apparussent à leurs yeux; mais, dans le délire de la joie, ils étaient incapables de diriger leur navire, celui-ci fut poussé vers les rives de l'Angleterre; là, recueillis par une barque anglaise, cn les conduisit devant la reine Elisabeth ‘.
Ainsi s’achevait encore un de ces lamentables épisodes qui obscurcissent tous les débnts de l’histoire de l'Amérique, Ce n’était là que le pruogue du drame sauvage qui allait se jouer entre les descendants de Calvin, essayant de planter la bannière de la France dans les forêts de la Floride, et les cruels agents du roi d'Espagne,
4. La source principale de ce chapitre est la p-emière de trois longues lettres de René de Laudonnière, compagnon et successeur de Ribaut. Elles sont contenues dans l'Histoire notable de la Floride,
réunie par Basanier, Paris, 1586, et dans le 3e volume de la grands collection d'Hakluyt; elles méritent toute confiance,
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