‹ Les pionniers français dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 38 sur 117 · CHAPITRE IV 13564, LAUDONNIÈRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV 13564, LAUDONNIÈRE

La nouvelle colonie, — Satouriona. — La terre promise, = Le fort Carcsine, — Ottigny explore le Saint-Jean. — Guerre entre les Indieus, — Diplomatie de Laudonnière, — Expédition de Vasseur,

L'année qui venait de s’écouler pouvait compter parmi les plus sombres et les plus sanglantes pour la France. Ribaut quittant une contrée paisible allait retrouver en Europe le déchaînement des guerres de religion, suspendu un instant seulement par la paix d'Amboise.

La cour de France souriait tantôt à Condé, tantôt aux Guise; l'influence de Coligny était alors prépondérante. Ribaut saisit l’occasion et sollicita avec succès auprès de lui les moyens de renouveler cette colonisation naissante, dont l’amiral avait été le premier promoteur. On réunit à grand’peine les hommes nécessaires ; tous étaient huguenots, mais la condition principale du succès fut de nouveau négligée et

la foule des gentilshommes pauvres, des soldats sans D)

Floride, mise en lumière par M. Basanier. Le Moyne était charg! dle faire les cartes et les dessins du pays ; ses cartes sont d'une complete

k emploi, de commerçants ou d'artisans désœuvrés, ne rieure 1 se grossit pas de l'élément indispensable, celui des fils l'a | laboureurs et des paysans, qui seuls eussent songé à vôtus c

tirer parti des richesses du sol dont on s’emparait, aux Co)

il Le 25 juin 4564, l'expédition débarqua sur le ri- pouvai

[l vage du fleuve de Mai; René de Laudonnière, d’une la pers

{! famille noble du Poitou, la commandait ; attaché à leil, qu | la maison de Châtillon, c'était un pieux ct excellent pour lu:

| officier de marine; le portrait gravé que la tradition On a]

| donne comme étant le sien, nous montre un visage érigée lc

1 fin, assombri déjà par une expression de tristesse, couronn

À pressentiment peut-être de la destinée qui l’atten- de maïs

Î dait !. conserva

| Laudonnière aborda, avec quelques officiers et Ribaut à: | douze soldats, à où Ribaut avait débarqué l’année d'eux,

précédente ; un chef indien accourut au-devant d'eux, Un pa leur faisant un bruyant accueil; c'était Satouriona, le une collir potentat des trente villages bordant la partie inft- des eaux F tenant le « 1. Les autorités principales pour cette partie de notre récit sont rent pour Laudonnière lui-même, avec l'artiste Le Moyne. Les lettres de Lau- | donnière furent publiées en 1586, sous le titre d'Histoire notable de li velle et Pa

mer bleue

inexactitude; mais quant à ses dessins, en faisant la part de l'inexpt- tout servit ; ricnce, on y observe de l'intelligence, et ils sont précieux comme ren- (que ceu seignements eur les mœurs et usages des Indiens, [ls sont gravt: | x

lans Jes Grands Voyages de De Bry, partie IT (Franefort, 1591), devenir gai

nnée eux, AA, le infé-

it sont > Lau- » de li chargé mplete nexpte ren-

gravés

LAUDONNIÈRE. 1 rieure du Saint-Jean et de la côte du nord. Ses deux fils l'accompagnaient, ainsi qu’un groupe de naturels vôtus de peaux de daim tannées et ornées d’emblèmes aux couleurs voyantes. Ce roi sauvage et sa suite ne pouvaient contenir leur joie en reconnaissant dans la personne du commandant français le frère du Soleil, qu'il jugeait descendu évidemment des cieux pour lui venir en aide contre son rival Outina.

On apercevait près de là la colonne fleurdelisée, érigée lors du premier voyage. Les Indiens l'avaient couronnée de feuillages verts et garnie d’offrandes de maïs, témoignage de l’affectueux souvenir qu'ils conservaient des étrangers bardés de fer que Jean Ribaut avait amenés deux ans auparavant au milieu d'eux.

Un peu au delà äâu Saint-Jean ou rivière de Mai, une colline élevée se projette hardiment au-dessus des eaux profondes de la rivière, on la nomme maintenant le cap Saint-Jean; nos aventuriers l’escaladèrent pour mieux découvrir l’ensemble de leur nouvelle et pacifique conquête. La beauté du paysage, la mer bleue vue au loin, la douceur de la température, tout servit à les enchanter et fit dire à Laudonnière «que ceux d'humeur mélancolique seraient forcés de devenir gais dans un lieu si plaisant. »

Page 1