‹ Les pionniers français dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 41 sur 117 · AU TA · texte numérisé non relu

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principal agent, nommé Genre, s'enfuit vers les bois, et écrivit de là une lettre de repentir à Laudonnière,

Deux des vaisseaux rentrèrent en France, le troisième resta en vue du fort; mais les mécontents saisirent l’occasion de ce départ pour envoyer une dénonciation en règle contre l'administration de Laudonnière.

Un nouveau soulèvement se préparait : un croiseur français, nommé Bourdet, de passage dans ces mers, consentit, sur la demande de Laudonnière, à emmener huit des soldats faisant partie de la conspiration précédente, et laissa en leur place un nombre égal de ses marins, tous pirates de mœurs et de profesion, Cet échange fut fatal : les nouveaux venus s’associèrent à d’autres bandits de leur espèce, volèrent les chaloupes de Laudonnière et s’embarquèrent pour rançonner les Indes orientales. Après s’être emparés d'une caravelle espagnole, la famine les forca de débarquer à la Havane et de s’y constituer prisonniers. Là, afin de gagner les bonnes grâces des Espagnols, ils contèrent tout ce qu’ils savaient de situation et des desseins des colons du fort Caroline, et préparèrent ainsi l'orage qui allait fondre sur leurs malheureux compatriotes.

Pendant ce temps, Laudonnière était invité par

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LAUDONNIÈRE. 45 son sergent La Caille à se rendre au terrain de manœuvres, et à y entendre la lecture des griefs de ses camarades ; la pétition se terminait en somme par l'autorisation qu'ils lui demandaient de se faire pirates et boucaniers contre les possessions espagnoles. Laudonnière, en la refusant, leur promit que les deux navires en construction iraient faire un échange de provisions avec les Indiens de la côte, puis qu'on se

mettrait à la recherche des mines d’or des Appalaches ;

les mécontents se retirèrent, inais La Caille, voyant 1 ) Ù

grossir le complot, se sépara d’eux, restant ainsi avec

À Ale, Vasseur et Ottigny, le seul officier fidèle, La maladie de Laudonnière facilita encore les projets | des factieux, dont le chef, nommé Fourneaux, résolut | detuer La Caille, qui, ainsi que Le Moyne, s’opposait } krmement à leurs entreprises. Tous deux s’échap-

ptrent dans les bois ; vingt hommes armés jusqu'aux dents assaillirent, pendant cette même nuit, l’infortué commandant, et sur son refus d'obtempérer à leurs iniques prétentions, l’arrachèrent de son lit, et, k jetant dans une barque, l’enchaînèrent sur le uisseau à l'ancre devant le fort.

Ottigny et Vasseur étant également prisonniers, ls mutins se trouvèrent maîtres du fort, et forcèrent afin, l’arquebuse sur la poitrine, Laudonnière à

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46 LES HUGUENOTS A LA FLORIDE, signer la commission de Fourneaux comme chef de l'expédition contre les Indes espagnoles.

Triomphants, nos pirates forcent les charpentier. à finir les navires, embarquent le pilote et font voile dans le but d’assaillir, pendant la nuit de Noël l'église d’une des îles espagnoles, et de joindre ainsi au pillage la satisfaction de punir l’idolâtrie et de tirer vengeance des ennemis de leur parti et de leur foi, Laudonnière avait été promptement ramené x fort par Ottigny et Arlac, et l’obéissance se rétablit sans peine parmi ceux dont les mutins ne s'étaient pas sentis assez sûrs pour les emmener. Bien ds semaines s'étaient écoulées dans l’achèvement du fort, la construction de deux nouveaux vaisseaux eu remplacement de ceux qui leur avaient été enlevés, et diverses courses chez les tribus voisines, quand un Indien vint signaler un vaisseau en vue des côtes: celui-ci ayant jeté l'ancre, on reconnut en lui un br: gantin espagnol monté parles révoltés exténués, etqu semblaient implorer leur grâce. Usant de ruse, Laudonnière fit cacher La Caille, avec trente soldats, à fond de son petit bâtiment; nos pirates, ne voyail que quelques hommes sur le pont, se laissèrent à procher et aisément capturer ; leur triste récit sur suivit : la fortune avait semblé d’abord leur sourirt:

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LAUDONNIÈRE, 17 capturant quelques navires entre Cuba ct la Jamaïque, ils en avaient rencontré un portant le gouverneur de cette dernière, et s’en étaient emparts après un combat désespéré; ils avaient mis le gouverneur à rançon, mais ce dernier, en faisant demander à sa femme la somme exigée, sut y joindre de secrètes instructions ; trois vaisseaux armés tombèrent à l’improviste sur les pirates, qui n’eurent, comme dernière ressource, que celle de gagner la pleine mer, laissant le gouverneur aux mains de ses libérateurs. Parmi les survivants, au nombre de vingt-six, se trouvaient Fourneaux et le pilote embarqué de force ; ce dernier, désireux de rentrer au lort Caroline, conduisit le vaisseau sur la côte de la Floride, à la consternation des corsaires pris entre la famine et le recours à la justice de Laudonnière, II ne leur restait aucune illusion sur le sort qu’ils méritaient, car, après une dernière libation, les aventuriers avaient même simulé la cour martiale qui les attendait, et conclu à la mort.

Amenés au fort, ils tentèrent d’intéresser les soldats à leur sort et de les soulever en leur faveur; mais bientôt déçus dans ce dernier espoir, le lendemain, lourneaux et trois de ses acolytes payaient la dette de sang à la justice militaire,

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