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tait la désignation de la Floride des anciens géographes espagnols donnée dans les lettres-patentes de Menendez. Nous trouvons les plans de l’entreprise dans ses lettres à Philippe IE (non encore publiées); il comptait mettre garnison à Port-Royal, puis se fortifier sur la baie de Chesapeake, appelée alors Ile-Marie ; il croyait cette baie un bras de mer communiquant avec le golfe Saint-Laurent, cet il faisait de la Nouvelle-Angleterre une île. S’assurant ainsi un accès imaginaire daus la baie de Terre- Neuve, il s’attribue le monopole des pêcheries injustement partagées entre la France, l'Angleterre et l'Espagne, Il ajoute que devant pénétrer par ces voies dans les mers du Sud, leur occupation était d'autant plus nécessaire que, depuis les voyages de Cartier, l'ambition française avait toujours convoité cette partie des possessions de l'Espagne; il insiste donc sur 1 nécessité d'établir cinq cents soldats, cent marins, de Port-Royal au Chesapeake !.
Les préparatifs étaient poussés avec une grande énergie, Tenu au courant jour pour Jour des mouve-
1. Cartas escritas al rey por el general Pero menendez de Avilès, mss, Les dépèches officielles de Menendez sont conservées dans les archives de Séville; elles sont fort détaillées, et nous en avons eu copie var les soins obligeants de Buckingham Smith. Menendez y appelle Port-Royal Sant-Elena, nom que la baie a gardé depuis.
68 LES HUGUENOTS A LA FLORIDE, ments de Ribaut, Menendez brülait de le devancer au fort Caroline ; il emmenait 2,646 personnes dans trente-quatre navires, dont le San-Pelayo, vaisseau amiral, nous est donné par l’enthousiaste cnroniqueur Barcia comme étant de 996 tonneaux et l'un des plus beaux navires de l’époque. Avant la fin de l’année, on lui adjoignit encore Sancho de Arciniega, avec 1,500 soldats, et toute l'expédition étant à la charge de l’Adelantado, il lui en coûta, dit Barcia, un million de ducats !.
Onze vaisseaux, dont celui qui portait Menendez, mirent à la voile de Cadix, le 29 juin 1565; le reste de la flotte devait suivre rapidement. On toucha d’abord aux Açores, en se dirigeant vers la Dominique. Le journal du bord nous à été transmis
1. Le tonnage formidable du San-Pelayo ne peut surprendre après avoir lu la description des vaisseaux de l’invincible Armada (Charnock, Histoire de l'architecture maritime), Le vaisseau amiral était de 1550 tonneaux, et la plupart de 1200 (Barcia, 69). Quant à la dépense d’un million de ducats présumée, l'extrait suivant d'une des lettres inédites de Menendez fait penser que ce chiffre a é‘é singulièrement exagtré, « Votre Majesté peut être assurée que, eussé-je un million et plus, ji l’emploierais et le dépenserais en entier en cette entreprise, fait: fort en l'honneur et gloire de Dieu, à l'accroissement de la foi c: lique et au service de l'autorité de Votre Majesté; j’ai offert à Ni Seigneur tout ce qu'il lui plaira me donner en ce monde, et tout que je possède ou acquerrai sera dévoué à l'introduction de l'Evangile en cette contrée et à catéchiser les naturels; et ceci je l’assure et promets au roi, » Cette lettre est en date du 11 septembre 1565.
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