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CHAPITRE X LE LAC CHAMPLAIN

Champlain se joint à une expédition de guerre, — Préparatifs et départ. — La rivière Richelieu. — Découverte du lac Champlain, — Bataille livrée aux lroquois, — Sort des prisonniers, — Panique qui saisit les vainqueurs.

On était au milieu de mai, et les guerriers des

contrées supérieures n’arrivaient pas. Champlain paraît avoir pris peu de souci de ce délai, car, sans plus attendre, il se mit en route avec une bande de Montagnais pour tous alliés.

Mais en remontant le Saint-Laurent il aperçut les huttes nombreuses d’un campement indien sous la forêt, et, débarquant, il trouva ses alliés Hurons et Algonquins ; bien peu d’entre eux avaient Jamais vu

un homme blanc ; aussi entouraient-ils ces étrangers bardés de fer, avec une muette stupéfaction. Champlain demanda leur chef, et la foule ébahie le mena vers une des cabanes où il en trouva deux, car chaeune des bandes possédait le sien.

sattrentsianervs —

210 LA NOUVÉLLE-FRANCE.

Il y eut les discours, les calumets et les festins accoutumés, puis, toutes les cérémonies finies, on redescendit à Québec, car les Indiens tenaient à contempler les merveilles d'architecture dont la renommée était venue jusqu'au fond de leurs forêts,

Les appétits rassasiés et les yeux satisfaits, les alliés jetèrent des cris d’effroi au bruit du canon et à l'explosion des arquebuses; puis, ayant planté icurs tentes, ils s’apprêtèrent pour la danse guerrière. Toute la nuit, leurs feux se reflétèrent contre les rochers escarpés, éclairant des êtres au visage peint et hideux, aux gestes frénétiques et aux mouvements féroces. Brandissant leurs armes de pierres aiguisées, ils ne cessaient de faire résonner le son monotone du tambour, entremêlé de hurlements stridents auxquels répondaient les hiboux de la pointe Lévi par un cri presque analogue; nous pouvons nous figurer Champlain assistant à cet assourdissant divertissement ; nous allons le suivre dans sa téméraire expédition.

Il partait dans une chaloupe portant avec lui onze hommes du bord de Pontgravé, dont le gendre de celui-ci, Marais, et le pilote La Routte. Ils étaient armés d’arquebuses quelque peu semblables aux carabines modernes, et, par suite de cette forme courte,

:s festins acinies, on retenaient à e dont la reurs forêts, atisfaits, les t du canon ayant planté danse guerétèrent contres au viiques et aux s armes de re résonner é de hurles hiboux de Jgue; nous nt à cet ass le suivre

ec lui onze gendre de Ils étaient les aux came courte,

LE LAC CHAMPLAIN. 271 assez bien appropriées à l'usage qu’ils comptaient en faire dans les forêts, Le 28 mai, ils mettaient à la voile, remontant le courant, et entourés de canots dont des centaines de bras faisaient mouvoir les avirons en cadence. On traversa le lac Saint- Pierre et le réseau des îlots pour arriver à l'embouchure de la rivière des Iroquois, nommée depuis le Richelieu ou le Saint-Jean‘, Ici, probablement sur l'emplacement actuel de la ville de Sorel, les guerriers campèrent sans trouble pendant deux jours, chassant, pêchant, prenant leurs aises et régalant leurs alliés de gibier et de venaison ; puis on se querella; les trois quarts de la sauvage compagnie se séparèrent du reste, emmenant leurs canots, dans un accès de mauvaise humeur, et retournèrent chez eux, tandis que les autres poursuivaient leur course sur les eaux placides du grand fleuve.

À droite et à gauche s’élevaient des murailles de verdure dans la fraicheur d’une matinée de juin. Bientôt les roches de Belæil se dressaient solitairement; plus loin, encadré dans les forêts environnantes, le bassin de Chambly étalait son paisible miroir étincelant au soleil. La chaloupe dépassait les canots; Champlain tenta de poursuivre sa course ;

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