‹ Les pirates de la SeineChapitre 33 sur 37 · RÉSURRECTION · texte numérisé non relu

RÉSURRECTION

Que faisaient les Pirates de la Seine apostés dans les salles basses, dans l’escalier dérobé, dans la galerie, tandis du’au milieu des ténèbres de cette nuit d’horreur s’accompissaient les événements qui précèdent?... Le lieutenant, séparé de la chambre à coucher par un vaste salon, n’avait rien soupçonné de la lutte terrible, mais silencieuse, dans laquelle Lascars venait d’être vaincu par l’indomptable courage, par la force incalculable et irrésistible que Dieu donne aux mères, lorsqu’il s’agit pour elles de défendre leurs enfants ou de les venger. Le premier bruit qui parvint aux oreilles de Liseron fut celui de la sonnette agitée avec violence par Pauline. — Ce bruit inquiéta le lieutenant, mais néanmoins fidèle à sa consigne, i( attendit sans bouger le coup de silllet du maître. Ce coup de sifflet ne se fit point entendre, — nous savons déjà pourquoi. — En revanche, des sonneries nombreuses retentirent soudainement, en haut, en bas, de toutes parts... — Puis des cla-

meurs confuses, des pas pressés, des cris se multiplièrent et grandirent en se rapprochant. L’éveil était donné ! — Joël Macquart avait échoué dans sa téméraire entreprise, en douter plus longtemps devenait impossible ! — mais que se passait-il donc et pourquoi le sifflet d’argent s’obstinait-il à rester muet? Incapable de supporter davantage cette incertitude, qui commençait à se compliquer d’une notable dose d’épouvante, le lieutenant franchit le salon et jeta un coup-d’œil rapide dans 1£ chambre à coucher, par l’entrebâillement de la porte. Ce coup-d’œil lui montra la chambre pleine de monde et le chef des pirates étendu près du seuil, immobile, les yeux vitreux, les lèvres noires, en un mot, parfaitement semblable à un cadavre déjà roidi. Liseron trouva qu’il en savait assez long et s’empressa d’écouter et de suivre les sages conseils de la prudence et de la peur. — Il battit en retraite avec l’agilité d’un cerf qtûj vient d’éventer la meute, et il s’élança dans la galerie e™ criant d’une voix mal assurée :

— Le capitaine est mort!... camarades, sauve qui peut !

Etait-ce ainsi que devait finir ce terrible Roland de L.n»cai-«»?... Ou, après sa résurrection, devait-il continuer ses forfaits?... C’est ce que nos lecteurs sauront en lisant la dernière partie de cet ouvrage :

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