Alf. Babeau, oj>. cit
la taille par une ceinture de cuir, hautes guêtres de drap noir.
La coutume d'afficher les placards sur les tentures de la maison mortuaire et de l'église subsiste encore à Rennes.
Plusieurs de mes confrères de la Société Archéologique d'I Ile-et-Vilaine se souviennent des crieurs qu'ils ont vu en différentes villes de Bretagne. M. Decombe, entre autres, se rappelle le crieur de Vitré, qui, en 1848 et 1849, muni d'une clochette, faisait ses publications le soir, à la chute du jour. Il n'avait pas de costume spécial.
aintenant, avant de passer à la description des placards rennais, il me reste à parler en général de leur format et de leur ornementation.
Rennes est une des rares villes où Ton ait conservé la forme du placard. « On se demande pourquoi les billets d'enterrements, par leurs proportions et dispositions, semblent entrer dans la catégorie des affiches et proclamations. On peut répondre qu'effectivement ces billets sont destinés à être affichés à la maison mortuaire, aux portes et dans la sacristie de l'église où se célèbre le service, à la porte du cimetière où doit se faire l'inhumation. Ensuite, ce système d'une grande feuille de papier, imprimé dans le sens de la largeur, pliée simplement en quatre dans le sens de la hauteur, avec le nom du destinataire à la corne extérieure est approprié à la circonstance. La douleur aime les formes solennelles. Celui qui reçoit le billet est déjà contraint, pour le déployer et pour suivre ses longues et majestueuses lignes, de prendre une contenance grave. Ces détails ne paraissent rien, au fond ils sont immenses. Nos pères avaient le sentiment de toutes ces choses au souverain degré et notre sansfaçon actuel les choquerait extrêmement. Enfin, il n'est pas inutile de rappeler que dans les temps reculés on n'avait pas l'habitude de plier le parchemin en feuillets égaux, comme nous faisons aujourd'hui avec notre papier. Les anciens titres sont
écrits sur des feuilles de parchemin prises dans le sens de la largeur. Lorsque la première feuille était remplie, on se gardait bien d'écrire par derrière; on prenait une nouvelle feuille qu'on attachait au bas de la première au moyen de petites lannières en parchemin et ainsi de suite : puis on faisait du tout un rouleau. Nous possédons un vieux titre qui, entièrement déroulé, porte un mètre de long. Nos billets d'enterrement nous offrent un des derniers vestiges de ce système. Du reste, les bulles et brefs des Papes, les provisions et dispenses ecclésiastiques, les diplômes académiques, etc., se mettent encore en placards, et les dimensions s'agrandissent en raison de l'importance de l'objet ^ »
J'ajouterai à ces excellentes considérations de Tabbé Pelletier que les proclamations lues par les hérauts aux carrefours et sur les places publiques étaient en général écrites sur parchemin ou papier de grandes dimensions, on a dû en conserver le format pour les avis de décès publiés dans les mêmes conditions. Leur forme s'est perpétuée traditionnellement.
Et puis, comme le dit fort bien notre auteur, le placard a quelque chose de solennel, il répond à la majesté de la mort, différant en cela de la mesquine petite lettre adoptée presque partout et qui semble témoigner de la hâte que l'on a d'en finir au plus vite avec les lugubres cérémonies dont elle est l'annonciatrice.
C'est vers 1680 que l'on commença à illustrer le placard « ainsi qu'en témoigne Boussault qui, dans