‹ Les placards mortuairesChapitre 6 sur 52 · Abbé Pelletier, op. cit., p · texte numérisé non relu

Abbé Pelletier, op. cit., p

sa comédie Le Mercure galant (1683), met en scène un libraire qui propose crenjoliver les billets d'enterrement :

Mais, Monsieur, jusqu'ici les billets nécessaires Pour inviter le monde aux convois mortuaires Ont été si mal faits quon souffrait à les voir; Et pour le bien public, j'ai tâché d'y pourvoir. J'ai fait graver exprès, avec des soins extrêmes, De petits ornements de devises, d'emblèmes, Pour égayer la vue et servir d'agréments Aux billets destinés pour les enterrements. Vous jugez bien, Monsieur, qu'embellis delà sorte. Ils feront plus d'honneur à la personne morte ; Et que les curieux, amateurs des Beaux-Arts, Au convoi de son corps viendront de toutes parts.

« On s'était aperçu que le grand format appelle Tillustration, et l'époque des thèses à gravures fut aussi celle des billets d'enterrement historiés. L'ornementation de ces derniers fut plus sobre et plus austère que celle de ces grands placards que les candidats, promenés en chaise à porteurs, distribuaient par la ville aux amis et connaissances, invités à la soutenance des actes de philosophie. Destinés à rappeler à tous l'égalité devant la mort chantée par Horace et Malherbe en vers inoubliables, les billets funéraires s'inspirèrent aussi, comme nous le verrons, des espérances de la vie future, de sorte que si l'on voulait résumer en quelques mots l'œuvre des graveurs de ces compositions devenues si rares, on dirait : ici la mort, là la résurrection K »

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