‹ Les plaideurs (volume 2)Chapitre 123 sur 129 · ACTE m, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE III

Quelle maison ? maison de notre propre juge !

On brise le cellier qui nous sert de refuge!

De vol, de brigandage on nous déclare auteurs *l

On nous traîne, on nous livre à nos accusateurs,

A maître Petit Jean, Messieurs. Je vous atteTte:- '-"^ i^/ 775

Oui ne sait que la loi SI Qois CANis, Digeste *,

De VI, paragrapho, Messieurs... caponibus,

Est manifestement contraire à cet abus '*?

Et quand il serait vrai que Citron, ma partie,

Aurait mangé. Messieurs, le tout, ou bien partie 780

Dudit chapon : qu'on mette en compensation

Ce que nous avons fait avant cette action.

Quand ma partie a-t-elle été réprimandée?

Par qui votre maison a-t-elle été gardée?

Quand avons-nous manqué d'aboyer au larron ♦? 785

Témoin trois procureurs,' dont icelui Citron ^ .^t*/-/»/t*7;/^,-

A déchiré la robe. On en verra les pièces *. ^•' ^"^'^'

1. Exemple de communication oratoire. L'Intimé se fait complice de Citron.

2. L'empereur Justinien avait fait mettre en recueil, sous le nom de Digeste, les décisions des jurisconsultes. On citsiit alors, et Racine connaît bien les usages du Palais, delà façon suivante. Au lieu de procéder par chiffres, et de dire, par exemple : livre XI, titre III, loi 8, parag;raphe 4, on prenait les premiers mots de la loi d'abord : Si quis canis, puis du titre : De vi, puis du paragraphe : capontbus. Bien entenau, loi, titre et paragrai^he cités par l'Intimé sont purement imaginaires.

3. Monifleury fera tenir un langage semblable à maiire Braillard dans sa pièce de Trigàudin (IV, viii).

Pour prendre mon discours oij j'en suis demeuré. Je fais Toir clairement qu'on doit, sauf révérence, Adjui,'er voire inai:i k mon impalience. Et par provision établir mon ri^pos, El ce par deux moyens que j'explique en deux mot» : Le premier esl l'avis de Monsieur votre frère Ci-preseiil, qui. Lien loin d'êlreà mes vœux conlrair*,

S'oblii^e à garanlir l'espoir qu'il m'a permis. ,

Il peut s'inscrire en faux contre ce que je dis, '

Si j'impo>e. La loi naturelle et civile - Rendroit sans son aveu votre choix inutile. La disposition de la loi nupt'œ Décide sur ce fait paragrajjho neque ; En cela son sutfrafçe est iiéfe>3aire au vôlre. Ce moyen esl assez prouve : je passe à l'autre. L'espoir dont votre amour a su flatter le mien, Madame, en quatre mots, fait mon second nmjei.. On ne saurait mer, quoi qu'ait produit le frère, Que votre aveu pour moi n'ait été volontaire, Kt je ne puis douter des suites q u'il aura, Sur ce que vole.nti non fit injuria.

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