‹ Les plaideurs (volume 2)Chapitre 127 sur 129 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

DANDTN, LÉANDRE, CHICANNEAU, ISABELLE, L'LNTIMÉ, PETIT JEAN.

CHICANNEAU.

Monsieur...

D AND IN, à l'Intimé et à Petit-Jean.

Oui, pour vous seuls l'audience se donne.

(a Chicanneau.)

Adieu... Mais, s'il vous plaît, quel est cet enfant-là? 833

CHICANNEAU.

C'est ma fille, Monsieur.

DANDIN

Hé ! tôt, rappelez-la *•

ISABELLE

Vous êtes occupé.

DANDIN

Moi ! je n'ai point d'affaire.

(a Chicanneau.)

Que ne me disiez-vous que vous étiez son père?

Monsieur...

DANDIN

(a isabeUe.) Elle Sait mieux votre affaire que vous. Dites... Qu'elle est jolie, et qu'elle a les yeux doux ! 840

Ce n'est pas tout, ma fille, il faut de la sagesse. Je suis tout réjoui de voir cette jeunesse *.

1. On lit dans les Remarques du droit français (1657) : «Le magistrat doit être examiné sur ses mœurs et sur sa doctrine avant que d'entrer en charge » (p. 486). Il paraît que piur Dandin cet examen n'avait pas été trop sévère ; beaucoup de magistrats étaient dans le même cas : « Puur celui-ci, c'est un homme qui passe pour galant; il e<t fort civil au sexe, et vous êtes assurée d'une favorable audience, si vous l'allpz voir avec quelque jeune personne qui soit bien faite. — Fort bien, reprit-elle, je connais une demoiselle suivante qu'on avait prise dernièrement pour quêter à notre paroisse, à cause de sa beauté. Je la prierai de m'y accompagner. » (Fcretière, Roman bourgeois, II, 20.)

2. Dandin est odieux; Orgon au contraire est touchant dans les Femmes savantes (III, ix), quand, voyant ensemble sa fille Henriette et Clitaodre, il dit à Ajriste :

Tenez, mon cœur s'émeut à toute' ce? tendresse!. Ce!a rapaillarriit tout à fait mes vieux jour?; £l j« ae ressouYiens de mes jeunes amouri.

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