‹ Les plaideurs (volume 2)Chapitre 15 sur 129 · NOTICE SUR JEAN RACINE. XIX · texte numérisé non relu

NOTICE SUR JEAN RACINE. XIX

ments ; fes solitaires avaient reconquis toute leur influence sur leur élève, et usèrent plusieurs fois de son crédit pour le faire intervenir en faveur de Port-Royal auprès des archevêques de Paris. Racine composa môme pendant ses dernières années nn Abrégé deVhis» toire de Port-Royal.

Madame de Maintenon ne le tira pas de ces soins pieux, en le priant de donner quelque choso au théâtre de Saint-Cyr. Racine, qui s'était remis à la poésie en 1GS5, pour louer le Roi dans une Idylle à la paix, qui fut cliantée dans les fêtes données à Sceaux par le marquis de Seignelay, épancha toute la piété mystique de son cœur dans Esther, un chef-d'oeuvre, et dans Athalie, la tragédie la plus admirable qui ait jamais été au théâtre '. On connaît l'éclatant triomphe d'Esther et le malheur qui poursuivit Athalie 2. Bien qu'elle eût été encore plus déchirée que Phèdre^ Athalie ne fut pas ceqendant la dernière œuvre du poète.

Dans des lettres du 2S septembre et du 3 octobre 1G94, Racine parle à Boileau de Cantiques spirituels quil vient de composer. Ces Cantiques, au nombre de quatre, qui faisaient pleurer Madame de Maintenon, quand Mademoiselle d'Aumale les chantait, ont mérité d'être appelés par Geoffroy le chant du cygne. C'est la strophe lyrique dans toute son harmonie et dans tout son éclat; et si nous voulons recueillir toute l'âme du poète, c'est dans ces Cantiques qu'il la faut chercher, dans celui Sur le bonheur des justes et sur le malheur des réprouvés, que Racine avait l'intention de ne faire suivre d'aucun

une épigramme manuscrite, qu'il vient de trouver à la Bibliothèque de l'Arsenal. L'archevêque de Paris avait interdit sous peine d'excommunication de « lire, vendre et débiter », tout comme le Tartuffe, la traduction du Nouveau Testament faite par les solitaires de Port-Royal. Ce rapprochement a donné naissance à l'épigramme suivante :

Sur la défense de représenter Tartuffe et de lire le Nouveau Testament de Mrs de P. R. (Port-Royal).

ÉPIGRÀMMB.

Molière esi consolé de la rigueur extrême boni on avait ii-é cintre smo bel t-sirit : Qui censun Tartu/lc, a censuré de méine La parole de Jésus-Clirist.

1. Il y avait longtemps que Racine nourrissait le projet de mettre au théâtre une tragédie où les chœurs fussent introduits comme dans le théâtre ancien, et d'où l'amour fût sévèrement banni. Fénclon dans sa Lettre à M. Ùacier sur les occupations de l'Académie, écrira en 1714: « M. Racine, qui avait fort étudié les grands modèles de l'antiquité, avait formé le plan d'une tragédie française d'Œdipe, suivant le goût de Sophocle, sans y mêler aocune intrigue posticbs d'amour, et suivant la simplicité grecque. »

S. Voir les Notices que nous avons consacrées à ces tragédies.

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