‹ Les plaideurs (volume 2)Chapitre 29 sur 129 · Voir Sairte-Bboti, Port-Royal, I · texte numérisé non relu

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JO LES PLAlDELTxS.

On a donne un irJs grand nombre de collaborateurs à Racine pour les Plaideurs^ corame^ea^, a 'retrouvé beaucoup d'avocats du dixseptième siècle dans le plaidoyer de l'Intimé. Louis Racine dit que M. de Brilhac, conseiller au Parlement de Paris, apprit à son père les termes de chicane dont il avait besoin ; d'autres assurent que ce fut M. de Lamoignon qui les lui enseigna ; d'autres nomment l'avocat Pousset de ^lontauban. Racine n'avait pas besoin qu'on lui fit connaître toutes ces expressions ; il les avait apprises dans son procès au sujet du prieuré de rÉpioay, et c'était par expérience qu'il les employait, de même que Furetière, qui dans son lioman bourgeois i faisait dire au marquis: « Ne vous étonnez pas si j'ai commerce avec les gens du Palais, et si je me sers parfois de leurs termes, car deux malheureux procès qui m'ont obligé de les fréquenter m'en ont fait apprendre à mes dépens plus que je n'en voulais savoir. »

Ce qui est bien certain, c'est qu'imitant encore en cela Aristophane, Racine a mis sur la scène, sous son costume authentique, une de ses contemporaines, la comtesse de Crissé, attachée à la maison de la duchesse douairière d'Orléans. Racine la connaissait-il particulièrement? ou avait-il simplement entendu parler d'elle par Boileau et par Furetière ? C'est ce qu'il est impossible de préciser ; mais il se rencontre merveilleusement avec Furetière dans la peinture de ce personnage. De toutes les haines de Furetière, il n'en est pas de plus acharnée que celle qu'il porte à Collantine. Le portrait qu'il nous en trace est des plus divertissants ; il la prend dès son enfance où « ce merveilleux génie qu'elle avait pour la chicane parut surtout à l'école lorsqu'on l'y envoya, car elle n'eut pas si tôt appris à lire ses sept psaumes, quoiqu'ils fussent moulés, que des exploits et des contrats bien griffonnés 2. » Nous voyons, dans tout le second volume du Roman bourgeois, Collantine traîner partout des sacs remplis d'exploits intéressants, de procès curieux, ignorer toute littérature autre que celle des Procureurs, et, chose plus forte, n'éprouver un sentiment bienveillant que pour ceux qui plaident contre elle sans se lasser. Le jour de son mariage avec Charroselles, elle prend soin d'arranger son contrat de façon qu'il devienne un nid à procès; et « encore qu'ils eussent signé enfin ce contrat, ils n'étaient pas pour cela d'accord ; leur contrariété parut encore à l'Église et devant Je prêtre: car ils étaient si accoutumés à se contredire que, quand l'un disait oui, l'autre disait non, ce qui dura si longtemps qu'on était sur le point de les renvoyer, lorsque, comme des joueurs à la mourre, qui ne s'accordent que par hasard, ils dirent tous deux oui en même temps, chacun dans la pensée que son compagnon dirait le contraire. Cet heureux moment fut ménagé parle prêtre, qui à l'instant les conjoignit, et c'a été presque le seul où ils aient paru d'accord 3. » En etfet, dès

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