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le lendemain, une querelle éclata <« et aussitôt e'ie lui fit donner un exploit en séparation de corps et de biens, que quelques-uns assurent qu'elle avait fait dresser tout près dès le jour de ses fiançailles i. » Et le roman se termine sur cette phrase : « Ils ont toujours plaidé, et plaident encore, et plaideront tant qu'il plaira à Dieu de les laisser vivre -. » Malgré la ressemblance, signalée par tous les contemporains, de ce portrait avec l'original, Furetière se défend, dans ÏAvis au lecteur qui précède le l\oinan bourgeois, d'avoir voulu peindre la comtesse de Crissé, de la même façon que se défendent contre des accusations semblables La Bruyère dans la Prép/ce de son Discours à CAcudcmie, et Molière dans la scène III de V Impromptu de Versaillci. Se justifient-ils complètement? C'est ce que nous n'avons pas à rechercher ici. Mais, en donnant à la comtesse de Pimbesche l'habit de la comtesse de Crissé, Racine s'est fermé toute porte de sortie.
On sait que les Plaideurs n'eurent d'abord aucun succès. Faut-il attribuer cet échec à la cabale des gens dérobe? Valincour écrivait à d'Olivet : « Un vieux conseiller, dont je vous dirai le nom à l'oreille, fit grand bruit au Palais contre cette comédie. » Mais il faut qu'une cabale soit terriblement forte pour étouffer une œuvre de mérite; souvent même on voit par esprit de contradiction une pièce médiocre applaudie uniquement à cause des sifflets de la cabale. La vérité, c'est que le public ne sentit pas tout d'abord la finesse cachée sous cette apparence de bouffonnerie 3, et crut de sa dignité de rester froid, en dépit de Molière, qui répétait bien haut que ceux qui se moquaient de cette pièce méritaient qu'on se moquât d'eux. On sait comment Louis XIV sauva la pièce. Valincour raconte que « les comédiens étant à la cour, et ne sachant quelle petite pièce donner à la