VI NOTICE SUR JEAX RACINE
armoiries célèbres représentant un rat montant sur unaierron, et un cygne, ou cyne, suivant la prononciation du terapT.1:e vilain rat
désespérait Racine 1, et, quand ses armoiries furent enregistrées en J697, le rat avait disparu. Jean Racine, le père du poète, était, d'après le Mémoire que nous a laisse Louis Racine sur la vie de l'auteur à' A7idroi7iaque et de Phèdre, contrôleur du grenier à sel à La Ferté-Milon. Le 13 septembre 1638, il épousa Jeanne Sconio, fille d& Pierre Sconin, président au grenier à sel de la même ville. Le leademain de sa naissance, c'est-à-dire le 22 décembre 1639, le jeune Racine fut tenu sur les fonts par son aïeule paternelle, xMarie des Moulins, femme de Jean Racine, et par son grand-père maternel,. Pierre Sconin. Au mois de janvier 1641, Jeanne Sconin mourat er> mettant au jour une fille. Deux ans plus tard, son mari mourait à sontour, à rage de vingt-huit ans, trois mois après avoir épousé en secondes noces Madeleine Vol, fille d'un notaire de La Ferté-Milon. Il ne laissait que des dettes. La jeune veuve semble être devenue une étrangère pour les enfants de son mari. L'orpheline fui recueillie par laieul maternel, Pierre Sconin, et son frère par leur grand mère, Marie des Moulins, sœur de Mademoiselle Vitart 2.
Marie des Moulins, devenue veuve en 1649, alla rejoindre à Port- Royal sa fille Agnès 3, qui y était religieuse, et, voulant mettre son petit-fils au collège, elle l'envoya dans la ville de Beauvais, dont l'évêque, Choart de Buzanval, était un ami des solitaires. Le jeune Racine sortit un peu avant seize ans du collège de Beauvais, et, malgré son jeune âge, par une faveur toute particulière, fut admis à l'École des Granges, qui était sous la direction de deux des Messieurs de Port-Royal, Lancelot et Micole.
L'enfance de Racine avait été entretenue dans une dévotion ardente et attendrie : Marie des Moulins, sa grand mère, avait retrouvé deux de ses sœurs parmi les religieuses de Port-Royal; sa fille, tante du poète, est bien connue sous le nom de Mère Agnès de Sainte-Thècle ; trois des frères de Jeanne Sconin, la mère de Racine, étaient religieux de Sainte-Geneviève : ainsi, de tous côtés, dans sa famille, le jeune homme était appelé à Dieu. Messieurs de Port-Royal nourrirent soigneusement cette grande piété, qui s'établit si profondément dans le cœur du poète que de longues années d'une vie dissipée et mondaine ne purent l'y détruire.
Le jeune Racine reçut à Port-Royal une instruction solide •Nicole^ à qui l'on doit une grande partie des Méthodes dites de Port-Royal^