‹ Les plaideurs (volume 2)Chapitre 5 sur 129 · X NOTICE SUR JEAN RACINE · texte numérisé non relu

X NOTICE SUR JEAN RACINE

à la per:e de ce prieuré et au procès qui la précéda, que nous devrions l^s Plaideurs.

DUzès, comme de Paris, Racine écrivait à l'abbé Lg Vasseur à La Fontaine, à Vitart, des lettres pleines d'esprit ^gT'de ver>'e,' dont quelques-unes sont semées de vers; c'est tantôt la traduction dune petite pièce de l'anthologie latine i, tantôt une description du mois ae janvier dans le Languedoc 2 :

Et nous avons des nuits plus belles que vos jours;

tantôt des excuses à sa tante Vitart, avec cette pointe :

Si les Grâces jamais se mettaient en colère, Le pourraient-elles faire De meilleure grâce que vous 8?

tantôt tout un poème badin sur les Muses >^. C'est à Uzès ou'il compose son poème des Baùu de Vénus\ aujourd'hui perdu, qu'il entreprend de tirer une tragédie de son cher roman d'Héliodore, et qu'il commence sa Thébaïde, On voit que ses inclinations poétiques n étaient pas contrariées par son oncle Sconin comme par Port-Roval et que saint Thomas n'occupait pas tout le temps du jeune poète! La campagne prenait chaque jour plus d'attrait pour lui : il la voyait Le 13 juin 16G2, il écrivait à son oncle Vitart une charmante lettre, à laquelle nous empruntons le passage suivant : « La moisson est déjà fort avancée, et elle se fait fort plaisamment ici au prix de la coutume de France ; car on lie les gprbes à mesure qu'on les coupe • on ne laisse point sécher le blé sur la terre, car il n'est déjà que trop sec, et des le même jour on le porto à l'aire, où on le bat aussitôt Ainsi le blé est aussitôt coupé, lié et battu. Vous verriez un tas de moissonneurs rôtis du soleil, qui travaillent comme des démons et quand ils sont hors d'haleine, ils se jettent à terre au soleil même dorment un miserere et se relèvent aussitôt. Pour moi, je ne vois cela que de nos fenêtres, car je ne pourrais pas être un moment dehors sans mourir; l'air est à peu près aussi chaud qu'un four allume, et cette chaleur continue autant la nuit que le jour: enfin Il faudrait se résoudre à fondre comme du beurre, n'était un petij vent frais, qui a la charité de soufOer de temps en temps ; et pour m achever, je suis tout le jour étourdi d'une infinité de cigales qui ne font que chanter de tous côtés, mais d'un chant le plus perçant

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