SCENE III
CniCANNEAU, ISABELLE, L'INTIMÉ
CHICANNEAU.
Oui? Je suis donc un sot, un voleur, à son compte - ?
Un sergent s'est chargé de la remercier,
Et je lui vais servir un plat de mon métier •"'.
Je serais bien fâché que ce fût à refaire, 355
M qu'elle m'envoyât assigner la première.
Mais un homme ici parle à ma fille. Gomment ?
Elle lit un billet ? Ah ! c'est de quelque amant !
Approchons.
ISABELLE
Tout de bon, ton maître est-il sincère ? Le croirai-je ?
l'intimé.
Il ne dort non plus que votre père. 360
(Apercevant Chicanneau.)
Il se tourmente *; il vous... fera voir aujourd'hui ^ Que Ton ne gagne rien à plaider contre lui.
ISABELLE, apercevant Chicanneau.
'X l'Intimé.)
C'est mon père! Vraiment, vous leur pouvez apprendre
1. Isabelle est une fille vive et décidée; la façon dont ^Ue se marie le prouve; elle e;t prompte à se mettre en colère. Remarquez le tutoiement amical dont elle câline d'abord lintimé, et le vous irrité qu'elle ne tarde pas à lui lancer.
i. 11 s'apit de la comtesse. Tous deux ont rencontré pendant l'entr'acte le sergent ou l'huissier qu'ils cherchaient.
3. Jouer un tour. .Molière a dit de même dans l'Etourdi (II, xi) Oui, je te vai; serrir d'un plat de ma façon.
A. Remarquez que ces traits, communs à l'amour et à la rage de plaider, ne peuvent donner à Chicanneau aucun soupçon.
3. Eq déiiuisant tout à coup sa voii, l'Intimé avertit Isabelle du danger, et se dérobe lui-même aux soupç-jns de Chicanneau.