‹ Les plaideurs (volume 3)Chapitre 18 sur 72 · SCÈNE V LÉANURE, L'kNTIMÉ · texte numérisé non relu

SCÈNE V LÉANURE, L'kNTIMÉ

LÉANDiîE

Je veux t'entretenir un moment sans témoin.

l'intimé Ouoi? vous faut-il garder?

{. Par palais, ainsi

de l;i ci.

LÉANDRE

J'en aurois bon besoin.

J'ai ma folie, hélas! aussi bien que mon père.

Ho ! vous voulez juger?

Tu connois ce logis.

LEANDRE

Laissons là le mystère.

LINTIME

Je vous entends enfin : 425

Diantre! l'amour vous tient au cœur de bon matin. Vous me voulez parler sans doute d'Isabelle. Je vous l'ai dit cent fois, elle est sage, elle est belle; Mais vous devez songer que monsieur Chicanneau De son bien en procès consume le plus beau. 430

Qui ne plaide-t-il point? Je crois qu'à l'audience1 11 fera, s'il ne meurt, venir toute la France. Tout auprès de son juge il s'2est venu loger : L'un veut plaider toujours, l'autre toujours juger. Et c'est un grand hasard s'il conclut votre affaire 135

Sans plaider le curé, le gendre et le notaire.

LÉANDRE

Je le sais comme toi. Mais, malgré tout cela, Je meurs pour Isabelle.

1. A qui n'en veut-il point? Je crois qu'à l'audience (1669-87). Plaider, employé activement, est de la langue du palais.

2. Chez Racine, comme en gênerai chez les auteurs de son temps, quand les pronoms régimes dépendent d'un infinitif qui lui-même dépend d'un autre verbe, l'usage à peu près constant en prose et le plus fréquent de beaucoup en vers e-t de mettre le pronom avant le verbe qui régit l'infinitif, tandis que le noire est de h' mettre après ce verbe.

[M. Harty-Laveaux, Introduction grammaticale au lexique de Racine).

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