‹ Les plaideurs (volume 3)Chapitre 3 sur 72 · ANALYSE DES GUEPES D ARISTOPHANE · texte numérisé non relu

ANALYSE DES GUEPES D ARISTOPHANE

mouches »;et, quand le juge rentre dans sa maison, quel accueil on lui fait ! comme on le soigne, comme on le cajole pour avoir le triobole qu'il a reçu ! Il mange une galette bien levée et boit du vin pur. »

Le chœur admire l'éloquence de Philocléon et, sous le charme de sa parole, déclare qu'il s'est cru dan? les îles Fortunées. Mais Bdélycléon commence à son tour, quoique « guérir une maladie si invétérée, si répandue à Athènes, soit une entreprise difficile et d'un' portée trop haute pour la comédie ». 11 démontre que le salaire des juges ne représente même pas le dixième des revenus de l'État ; tout le reste va à ces hommes qui crient sans cesse : « Je combattrai toujours pour le peuple » et qui vivent aux dépens de ce peuple. Les juges sont les esclaves volontaires des démagogues qui les payent.

Le chœur se rend à ces arguments solides et engage Philocléon à ne plus faire de résistance ; mais le vieillard ne peut s'y résoudre : la vie la plus douce lui parait sans charmes si elle est sans procès. Eh bien! Il y aura des procès : Philocléon siégera dans sa maison et y connaîtra de tous les méfaits qui peuvent s'y commettre ; les inculpés, esclaves et servantes, comparaîtront à sa barre, il les condamn?ra tout en mangeant ses lentilles et son fils lui payera son salaire.

Précisément un délit domestique est signalé : le chien Labès a dévoré un fromage de Sicile; c'est une cause toute prête. Les formalités de la procédure minutieusement remplies, Xanthias prononce un réquisitoire contre le voleur : Bdélycléon le défend ; il rappelle ses servies et, voyant le juge ébranlé, il introduit, pour achever sa victoire, les enfants de l'accusé, de petits chiens qui jappent, prient, supplient et pleurent: dans son trouble, Philocléon absout Labès; mais, en entendant proclamer l'acquittement, il s'abandonne à un violent chigrin : il a « chargé sa con- ?< idice de l'acquittement d'un accusé! » Jamais il n'avait eu à regretter pareille faiblesse! Son fils le console en lui promettant nue fois de plus de bien le nourrir et de le mener dans les festins et les fêtes.

Les Athéniens avaient l'esprit assez fin pour saisir sans peine les intentions malicieuses du poète, ses allusions et ses jeux de mots; ils avaient retrouvé, traits d'1 Philocléon, plus

d'un juge à l'humeur acariâtre, ne sachant pas <- pins absoudre que jouer de la lyre », pauvre d'ailleurs, et cherchant à servir les passions d.; ceux qui payaient le triobole; dans le chien

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