‹ Les plaideurs (volume 3)Chapitre 5 sur 72 · ACTE l · texte numérisé non relu

ACTE l

L'exposition de la pièce est faite par Petit Jean, un « franc portier de comédie », qui nous apprend comment son nuitre, M. Perrin Dandin, un juge qui « avait le cœur trop au métier », s perdn la raison :

Tous les jours le premier ;iux plaids, et le dernier,

Et bien souvent tout seul

11 a si bien veillé

Et si bien fait qu'on dit que son timbre est brouillé.

Son fils, Léandre, ne soutfre plus qu'on parle d'affaire au pauvre fou, et le fait garder jour et nuit par son portier et par l'Intimé, son secrétaire, pour l'empêcher de courir au tribunal (Scène i). Petit Jean, épuisé de fatigue, se promet quelques instants de repos, lorsque Dandin, croyant « ses guichetiers en défaut », saute par la fenêtfre pour aller juger. On l'arrête (Scènes il et m). Léandre accourt, et, malgré les protestations et les reproches de son père, ordonne qu'on le ramène dans sa chambre (Scène iv).

Léandre aussi a sa folie : il aime Isabelle, la fille d'un voisin, M. Chicanneau, plaideur enragé, qui dissipe son bien en procès. Or nul ne peut approcher d'elle s'il n'est huissier ou commissaire : l'Intimé, garçon peu scrupuleux, se charge de remettre un billet à Isabelle, en portant à son père un faux exploit (Scène v). Au même instant, M. Chicanneau, après avoir donné à ses serviteurs des ordres qui dénotent un homme prévoyant et habitué aux affaires, frappe à la porte de Dandin (Scène vi); il s'y rencontre avec la comtesse de Pimbesche, que sa famille a fait interdire, et qui veut plaider contre son mari, son père et ses enfants. Les deux solliciteurs se racontent leurs affaires, se plaignent mutuellement, se donnent des conseils ; mais un mot de Chicanneau, mal compris, irrite la comtesse, et leur entretien, d'abord si cordial, dégénère en une violente querelle (Scène Vil), que Petit Jean s'efforce en vain d'apaiser (Scène vin).

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