ACTE III, SCÈNE III
Quand je vois les États des Babiboniens*
Transférés des Serpans aux Nacédoniens; Quand je vois les Lorrains, de l'état dépotique, Passer au démociite, et puis au monarchique; Quand je vois le Japon....
l'intimé
Quand aura-t-il tout vu ? 685
Oh ! pourquoi celui-là m'a-t-il interrompu ! Je ne dirai plus rien.
DANDIN
Avocat incommode, Que ne lui laissez-vous finir sa période ? Je suois sang et eau, pour voir si du Japon 11 viendroit à bon port au fait de son chapon, G90
Et vous l'interrompez par un discours frivole. Parlez donc, avocat.
PETIT JEAN
J'ai perdu la parole.
LÉANDRE
Achève, Petit Jean : c'est fort bien débuté.
Mais que font là tes bras pendants à ton côté ?
Te voilà sur tes pieds droit comme une statue. G95
Dégourdis-toi. Courage ! allons qu'on s'évertue2.
PETIT JEAN, remuant les bras
Quand.... je vois.... Quand.... je vois....
i. Babyloniens, dans les trois vers suivants, les noms propres sont également estropiés; lisez : Persans, Macédoniens, Romains et les adjectifs despotique et démocratique.
2. S'évertuer, faire des efforts, déployer du zèle, se donner du mouvement. (Du latin, virtus, force, puissance.)
Dis donc ce que tu vois,
PETIT JEAN
Oh dame ! on ne court pas deux lièvres à la fois.
LE SOUFFLEUR
On lit....
PETIT JEAN
On lit
LE SOUFFLEUR
Dans la....
PETIT JEAN
Dans la....
LE SOUFFLEUR
Métamorphose....
PETIT JEAN
Comment ?
LE SOUFFLEUR
Que la métcm....
PETIT JEAN
Que la métem....
LE SOUFFLEUR
psycose.... 700
Psycose....
LE SOUFFLEUR
Hé ! le cheval !
PETIT JEAN
Et le cheval'....
1. Cette plaisanterie est en germe dans cette comédie de Cyrano, le Pédant joué, d'où Molière a tiré deux des meilleurs scènes des Fourbe-