ACTE m, SCENE III. N
Est manifestement contraire à cet abus?
Et quand il seroit vrai que Citron, ma partie,
Auroit mangé, Messieurs, le tout, ou bien partie 780
Dutlil chapon : qu'on mette en compensation
Ce que nous avons fait avant cette action.
Quand ma partie a-t-elle été réprimandée?
Par qui votre maison a-t-elle été gardée?
Quand avons-nous manqué d'aboyer au larron1? 785
Témoin trois procureurs, dont icelui Citron
A déchiré la robe. On en verra les pièces
Pour nous justifier, voulez-vous d'autres pièces
PETIT JEAN
Maître Adam....
l'intimé
Laissez-nous.
PETIT JEAN
L'Jntimé....
l'intimé
Laissez-nous.
PETIT JEAN
S'enroue3,
1. 'Vy/Oô; •'Jj.'j ètti x«l &»xet tous ajzvj;... .. Toï ?: so aà/ et'/', xcù fiA&rcEi tîjn Sôçav.
(Guêpes, p. 971 et 97G.)
2. Voir la note au vers 53-2; notez aussi la rime Je partie avec partie au vers 780.
3. La phrase, deux fois interrompue, de Petit-Jean paraît devoir être lue de suite : « Maître Adam l'Intimé s'enroue. » Ce nom d'Adam n'est donné à l'Intimé dans aucun autre passage de la pièce. Nous hasarderons cette explication : Petit-Jean, qui veut appeler l'Intimé maître, de même que celui-ci l'a appelé maître Petit-Jean, et qui ne connaît d'autre maître que maître Adam, le poète populaire, ajoute à la qualification de maître le nom d'Adam, comme s'il en était inséparable.
(Les Grands Écrivains de la France. J. Racine. Note des éditeurs.)
l'intimé Hé! laissez-nous. Euh! euh!
DANDIN
Reposez-vous, 790 Et concluez.
LINTIMÉ, d'un ton pesant
Puis donc, qu'on nous, permet, de prendre, Haleine, et que l'on nous, défend, de nous, étendre, Je vais, sans rien omettre, et sans prévariquer, Compendieusement1 énoncer, expliquer, Exposer, à vos yeux, l'idée universelle 795
De ma cause, et des faits, renfermés, en icelle2.
DANDIN
Il auroit plus tôt fait de dire tout vingt fois,
Que de l'abréger une. Homme, ou qui que tu sois,
Diable, conclus; ou bien que le ciel te confonde!
l'intimé Je finis.
DANDIN
Ah!
l'intimé
Avant la naissance du monde.... 800
DANDIN, bâillant
Avocat, ah ! passons au déluge.
Avant donc
1. Voilà un mot long d'une toise, fort plaisamment choisi pour signifier: en abrégé. On se trompe parfois sur le sens de ce terme (compendium, abrégé).
2. Nous avons trouvé déjà icelui, au vers 786. Ces vieux mots, que Racine place fort bien dans la bouche de son plaisant avocat, viennent de tel, icelle, anciens vocables dérivés de eccillum, eccillam.