Var. (édit. de 1669-87): un seul de ces sales équivoques
Au dix-septième siècle équivoque était indifféremment du masculin ou du féminin. Dèi 1697, les grammairiens s'étaient décidés pour le genre féminin, et Racine avait suivi la règle. Boileau, dans la satire XII, reprochait au langage français d'avoir certains noms dont le genre n'était point déterminé et prenait à partie précisément le mot équivoque.
De quel genre te faire, équivoque maudite On maudit?
(Bon,... Sat. XII).
coûtent maintenant si peu à la plupart de nos écrivains, et qui font retomber le théâtre daDS la turpitude1 d'où quelques auteurs plus modestes2 l'a voient tiré3.
1. Jl y a peut-être là ua trait dirigé contre Molière et contre les équi roques de l'Ecole des Femmes. Racine, dans sa jeunesse, était très a dédai gneui et très railleur, même contre ses amis. Or Molière en 1668 n'était déjà plus son ami. » (Saint-Mahc Oibardin. Œuvres de J. Racine, t. II. p. 239).
Ajoutons qu'à son insii, et bien que Molière ne l'ait point visé personnellement ni même par allusion, Racine joue un peu ici le rôle du poète Lysidas dans la Critique de l'Ecole des Femmes.
Boileau était lui aussi trop sévère pour le trrand comique, lorsqu'il disait (Art poét., chant III) :
C'est par là que Molière, illustrant ses écrits.
Peut-être de son art eût remporté le prix.
Si, moins ami «la peuple, en ses doctes peintures.
Il n'eut point fait souvent grimacer ses figures.
Quitté pour le bouffon l'agréable et le fin,
Et sans honte à Térence allié Tabarin.
Dans ce sac ridicule où Scapin l'enveloppe.
Je De reconnois plus l'auteur «lu Misanthrope.
2. Modestes est employé dans le sens de gui ont de la décence, de la pudeur, qui ne tombent point dans l'excès, dans la sale équivoque.
3. L'édition de 1609 souvent citée pour les variantes est la première que Racine ait donnée de ses Plaideurs. En voici le titre : LES PLAIDEURS, <ouib:e. A Paris, chez Claude Barbin.... M.DC.LXIX. Avec privilège du Roy.