SCENE I
PETIT JKAN trainant un eros sac de procès).
Ma f»»i, sur l'avenir bien fou qui se fiera. l
Tel qui rit vendredi - dimanche pleurera.
Un juge3, l'an passé, me prit à son service :
11 m'a voit fait venir d'Amiens pour être suisse * .
Tous ces Normands vouloient se divertir de nous5 :
On apprend à hurler, dit l'autre 6 , avec les loups 7 .
Tout Picard que j'étois 8 , j'étois un bon apôtre ° ,
Et je faisois claquer mon fouet tout comme un autre10 .
i. Ce gai monologue de Petit Jean est en mémo temps une vive exposition du sujet.
i. La tirade de Petit-Jeau renferme un grand nombre de proverbes. La formule de celui-ci est :
Tel rit le vendredi »
Qui dimanche pleurera. —
On ne peut se fier sur l'avenir: on n'est point sûr, si. l'on est heureux la veille, de conserver le lendemain sa sécurité : voilà ce que veut dire Petit Jean: il le dit sous une forme connue et populaire. Les Picards pour l'ordiraire sont sentencieux : ils aiment à s'exprimer par proverbes.
3. L'acteur montre à sa gauche et à la droite du spectateur la maison de Perrin Dandin.
4. Les portiers des hôtels particuliers étaient pour la plupart originaires de la Suisse. Pourquoi choisissait-on de préférence res domestiques dans cette nation? C'était peut-être parce qu'ils étaient pour ta plupart de haute taille et d'un caractère docile. Le nom propre Suisse est devenu par la force de l'habitude un nom commun et le synonyme de portier.
5. Voyez la rivalité de peuple à peuple. Un Picard méprise un Normand : le Normand le rend bien au Picard. — Se divertir de, se moquer de. « Cela «era plus sûr que de se divertir de lui; car, à la fin, il pourroit bien se </ùvr-
de vous. » 'Marivaux. Paysan parvenu.^ G. Dit l'adtbe. c'est-à-dire, dit le proverbe, façon populaire de parler.
7. « Il faut hurler avec les loups ». proverbe qui se rencontre dans Oadhiel Mf.ckif.r. l'resor des sentences. Il date du setrièttié siècle.
8. Quoi qu'on dise des Picards, ils ne sont pas moins malins que les autres.
0. Je n'en avais pas l'air, mais il ne fallait pa~ trop s'en fier à ma min>-. lu. « Faire claquer son fouet, se faire valoir, tarie valoir ses talent*, n Dtct.) dv l'Académie.
Tous ies plus gros* monsieurs * me parloient chapeau La, • Monsieur de Petit Jean », ah ï gros comme le mi 3 J0
Mais, sans argent, l'honneur n'est qu'une maladie*" '
Ma loi. j etois un franc portier de comédie 5 •
On avait beau heurter et m'ôter son chapeau
On n entroit point chez nous sans graisser le marteau e
Point d argent, point de suisse ^ , et ma porte était close*. 15
il est vrai qu a monsieur j'en rendois quelque chose
Nous comptions quelquefois « . On me donnoit le soin
De tourmr la maison de chandelle et de foin » •
Mais je n'y perdois rien « . Enfin, vaille que vaille "
J aurois sur le marché « fort bien fourni la paille. 20
joaillier, M- Jo Ue aûirLtJîloZr H. °U ?' TtlqUe La femrae d'un *"** parler le beau langage '" deS airS de ?rande dam* et affecte de
La rerta San, argent n'est q„ •„„ mellble inutiIc r nipre quelquefois ' P°'°l '0l,J0urs del,cat : » « laissait cor-
fil plu? bas : (ftoL' fc- rf" Maris, III, 5,)
ajSïl1 ^P.P^Wear doot Vatùre aUoit mal
A voit fframe /a patte a ce pauvre animal
f^j^&Sl&ttfciZZg^ la -"*■ **— •
bonne, maisons. benet,cc>- Ah ! Gandin savait b>en comme on fait l,s
^dVlkeUefoin.1168 * ** P°Urboir-> » »— achetait pour la maison la 10. Il nous la dit tout à l'heure : c'était un bon apôtre H. VotUe que vaille, locut. adv.. tant bien que mal.
T-onr,*. • Enftn vaille que vaille.
L ennemi se «oumet. j'ai gagné la bataille. jo c ï , . (Destovches, Glor.. Y. 3
&™M&r&ïu&jïsii **■—•■■ ■"-* *■*»
bwd maître et moi J c'e«t ici le "nJ w ° ° * -S «"^"«'«""s arrêtées entre aurais encore trouvé mon Impte ""^ ~J aurais ^heté la pa.Ue.et