PRÉFACE
consultait pour chacune de ses pièces. Jean Racine est mort en 1699. Dans les deux années qui ont suivi l'édition de 1697, Racine a revu avec son ami tout son théâtre : la mort en le surprenant l'a empêché de diriger lui-même cette réimpression ; mais les idées concertées en commun ont survécu, et Boileau a terminé seul le travail, comme si Racine eût été à ses cùtés. On peut donc affirmer sans trop de témérité que cette édition de 1702, si estimée par Louis Racine, est la dernière expression de la volonté du poète.
Nous avons cherché à rendre notre Notice aussi complète que possible ; nous avons analysé en détail les Plaideurs et les Guêpes. Quant à l'annotation, il y a deux systèmes en usage : l'un qui donne un texte revu sur les meilleures éditions, les variantes, et quelques notes indispensables ; l'autre qui. outre le soin apporté dans la reproduction du texte et des variantes, explique aussi tou ce qui doit attirer l'attention de l'élève sous le triple point de vue littéraire, historique et gramatical. Nous avons préféré le second. Les professeurs des lycées et collèges de province n'ont point, comme leurs collègues de Paris, la ressource des riches collections des bibliothèques nationale, de l'Arsenal, de Saint-Geneviève et . d< l'Université: ils ne peuvent guère être aussi facilement ni surtout aussi vite au courant de toutes les publications nouvelles de quelque importance ; c'est aux collègues de Paris plus privilégiés de leur rendre la besogne plus facile, plus intéressante, en leur épargnant des recherches laborieuses et souvent infructueuses.
CoutainviUe (Manche), 16 août 1886.