‹ Les plaideursChapitre 46 sur 116 · ACTE I, SCENE VII fi · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VII fi

CHICANNEAU.

A l'autre1!

Je ne la serai point2.

G HIC ANNE AU

Quel humeur est la vôtre !

LA COMTESSE

Non.

CHICANXEAU.

Vous ne savez pas, Madame, où je viendrai

LA COMTESSE

le plaiderai, Monsieur, ou bien je ne pourrai.

CHICANNEAU.

Mais...

LA COMTESSE

Mais je ne veux point, Monsieur, que l'on me lie. 275

CHICANNEAU.

Enfin, quand une femme en tête a sa folie3...

LA COMTESSE

Fou vous-même!

CHICANNEAU.

Madame !

1. A l'autre! Tout à l'heure, elle ne me laissait point parler.... Maintenant, elle comprend de travers ce que je lui dis.

ï. On dirait aujourd'hui : je ne le suis point. La règle moderne est ainsi formulée : Le pronom la ne peut tenir la place que d'un nom au fém. On doit dire le, même quand on parle d'une femme, si le tient la place d'un adjectif.

Ex. : Etes-vous la mère de cet enfant? — Oui, je la sois, gtafi-voas heaieuse? — Oui, je le suis.

Mais au dix-septième siècle cette nuance était méconnue. On disait la quand on parlait d'une femme, que le pronom rappelât un nom ou un adjectif.

« Je veux sur toutes choses que vous soyez contente, et, quand vous la serez, je la serai. » (Sév., 13 septembre 1677.)

« Ou ne peut être plus contente que je ne la suis. » (Mme de Majntenon, Lettre sur iéd. aux dem. de Saint-Cyr).

Mme de Sevigné disait à propos.de cette règle qui de son temps existait déjà :

« Je croirais avoir de la barbe, si je parlais ainsi. »

3. Voyant que la comtesse ne \eut point entendre raison, Chlr aineau, poussé à bout, ne peut plus se contenir. « Quand une femme en tète a sa folie.... » 11 est bien naturel que ce mot lui vienne sur les lèvres en présence du sot entêtement de Mme de Pimbêche. Il est bien naturel aussi que la comtesse, en l'entendant, elle «jui suit toujours son idée, trouve que Chicanneau aggrave ses torts envers elle en changeant le mot de liez-moi par folie. A l'injure elle répond par l'injure.

La comtesse.

Et pourquoi me lier?

CHICANNEAU.

Madame...

LA COMTESSE

Voyez-vous? il se rend familier.

CHICANNEAU.

Mais! Madame...

L'n crasseux qui n'a que sa chicane veut donner des avis!

CHICANNEAU.

Madame l !

LA COMTESSE le menaçant).

Avec son âne! 280

CHICANNEAU.

Voos me poussez2!

LA COMTESSE

Bonhomme, allez gurdez vos foins s

CHICANNEAU.

Vous m'excédez4!

LA COMTESSE

Le sot 5!

CHICANNEAU.

Que n'ai-je des témoins6!

,.o^La P^tieQce que montre Cbicanneau est intéressée. Il veut par sa mode ration mettre tous les droits de son côté : il entrevoit un procèTa l'horizon" mais un procès qu'il gagnen sûrement. P monzon,

tribunal0"8 ^ P°USsez] "• Voie de fait 1ue Je n'oublierai point de rappeler au

3. Allusion au procès qu'il racontait tout à l'heure à la comtesse ♦™ »SU,S arm.e k la dern[ère limite de la patience. Excéder était autrefois très us, te en mat.ere criminelle avec le sens de battre outrarjusement nZ' a> Ltn,canneau apporte de mesure dans la riposte, plus la comtesse met d emportement dans l'attaque. Chacun des deux cr-.it ê re l'offensé Est il injure, pense la vieille plaideW. qui puisse être comparée à eelhfque le %£*££ m " hDCee tûUt * lheure enla traitant ^ ^//e? Le tribunal avai'eirf0l1tfinHéritable m,0t de la Situati0n P°ur Panneau. Ah .' si des témoins

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