‹ Les plaideursChapitre 53 sur 116 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

Elle lit un billet? Ah! c'est de quelque amantl Approchons.

ISABELLE

Tout de bon, ton maître est-il sincère? Le croirai-je?

l'intimé.

Il ne dort non plus que votre père; 3G0

(Apercevant Chicanneau et contrefaisant sa voix.)

Il se tourmente. Il vous... fera voir aujourd'hui Que l'on ne gagne rien à plaider contre lui».

(A part) (Haut.) ISABELLE.

C'est mon père! vraiment, vous leur pouvez apprendre Que, si l'on nous poursuit, nous saurons nous défendre; Tenez, voilà le cas qu'on fait de votre exploit. 365

(Elle déchire la lettre de Léandre.) CHICANNEAU.

Comment! c'est un exploit que ma fille lisoit2 !

Ah! tu seras un jour l'honneur de ta famille3.

Tu défendras ton bien. Viens, mon sang, viens, ma fille*.

un sergent. Il a chargé aussi un sergent de son affaire. C'est celui des deux dont le sergent arrivera le premier qui sera le plus gêné. Pourvu que ce soit le mien! pense Chicanneau.

« D'où vient que le goût de plaider est aussi vif, pour le moins, que le goût de juger? L'entêtement de sa propre opinion, le charme d'avoir raison, sont évidemment le fond des deux plaisirs... L'homme aime la lutte, et il aime le gain. Or, il y a les deux choses dans les procès, qui sont une bataille et une loterie où chacun croit avoir le bon numéro dans sa poche. » (Saint-Marc Girardin, Œuvres de J. Racine, t. II, p. 335.)

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