ACTE III. SCÈNE III
l'intimé.
Pausanias, en ses CorintMaques*...
DANDIN
Au fait.
l'intimé.
Rebuffe2...
DANDIN
Au fait, vous dis-je.
l'intimé.
Le grand Jacques3.
DANDLN.
Au fait, au fait, au fait4!
ArmenoPul3 in Prompt..,
DANDIN
7Aol je te vais juger.
l'intimé.
Ho! vous êtes si prompt!
Voici le fait.
savantes, se plaint que les femmes de son temps veuillent écrire et devenir
auteurs.
Nulle science n'est pour elle trop profonde. Et céans beaucoup plus qu'en aucun lieu du monde. [n, 7.)
1. Les Corinthiaques. titre d'un des dix livres du Voyage en Grèce, de l'historien Pausanias. qui vivait au u* siècle avant J.-C. — Son ouvrage était divisé en dix livres, dont chacun portait le titre de la contrée qu'il décrivait.
2. Rebuffe (Pierre Rebuffi), jurisconsulte français, né en Languedoc (1487
3. Selon M. P. Mesnard, le grand Jacques pourrait bien être Jacques Cujas, né à Toulouse en 1520, mort en 1500. Selon M. Saint-Marc Girardin, le grand Jacques est Imeobtta Mngnus, religieux augustin, prédicateur distingué du xv^ siècle, auteur d'un recueil de pensées morales extraites de divers ouvrages et en langue vulgaire sous le titre de l'archiloge Soohie, écrivain célèbre encore au iva' siècle.
4. « A Thoulouse un jeun'.- advocat commença son plaidoyer par « Le Roy Pyrrhus ». Il y avoit alors un président fort rébarbatif, qui lui dit : Au fait"! au fait! » Quelqu'un eut pitié du pauvre garçon et représenta que c'^stoit une première cau-e. < Eh bien ! dit "le Président, parlez donc, l'advocat du roy Pyrrhus 1 iT\llemant des Réaux. t. VII, p. 275.)
5. Constantin Harmenopule, jurisconsulte grec du xiv° siècle, conseiller intime de l'empereur Jean Paleologue, auteur d'un Manuel des Lois, plusieurs l'ois traduit en latin sou? le titre de Proraptuarium juris civilis. Cet ouvrage était divisé en six livres.
L'Intimé cite Armeno Pul en deux mots, parce qu'il a entendu parler de
ce jurisconsulte, mais ne connaît point de visu ce nom un peu barbare et \es
B a qui en ont été signés. Il fait un pou comme Petit Jean, quand il
-ms comprend!-" : Babibomen», Lorraine, dépôt ique. L'erreur e>t plus
comique venant de l'Intimé qui K pique d'être un habile en matière de droit
ot deconnaitir ses auteurs.
(vue.) Un chien vient dans une cuisine. 755
Il y trouve un chapon, lequel a bonne mine.
Or celui pour lequel je parle est affamé;
Celui contre lequel je parle autem1 plumé ;
Et celui pour lequel je suis prend en cachette
Celui contre lequel je parle. L'on décrète. 760
On le prend. Avocat pour et contre appelé.
Jour pris. Je dois parler, je parle, j'ai parlé.
DAXDIX.
Ta, la, ta, ta! Voilà bien instruire une affaire! Il dit fort posément ce dont ou n'a que faire, Et court le grand galop quand il est à son fait. 7G5
l'intimé.
Mais le premier, monsieur, c'est le beau.
DAXDIX.
C'est le laid.
A-t-on jamais plaidé d'une telle méthode? Mais qu'en dit l'assemblée?
11 est fort à la mode2.
L'INTIMÉ d'un ton véhément .
Qu'arrive-t-il, messieurs? On vient. Comment vient-on? On poursuit ma partie. On force une maison3. 770
1. Voilà un mit latin que slisse l'Intimé sans trop savoir pourquoi.
■2. Rabelais Pantagruel, liv. II. eb . xi raille L'abus de la science au palais. Racine l'imite évidemment. Racine, la Fontaine. Molière, Chapelle, Boileau connaissaient RabelaL à fond. Dans les plaidoyers de rintimé et d'un seigneur de Huraevesne, un personnage de Rabelais, c'est « même luxe de citations de lois, citations entassées les unes sur les autres, sans application à la cause et sans à-propos, galimatias pédantesque et véritable coq-à-1'âne de jurisconsulte. » ^Saint-Map.-. GnuRoiii, Racine, t. II. p. 346.) Racine, dans son imitation, a évité seulement de pousser la parodie jusqu'au galimatias inintelligible, les spectateurs au théâtre ne pouvant pas rire longtemps de ce qu'ils ne comprennent pas. » (M., ibid., m page.)
3. Les mots terminés par un e muet précédé d'une ou de plusieurs voyelles tels que partie, absolu?, vie. avoue, Atrée, joie, peuvent entrer dans le "corps d'un vers, mais à la condition qu'ils soient suivis d'un mot commençant par une voyelle avec lequel le final s'élide, comme dans les exemples suivants :
On poursuit ma nar/Zc. on force une maison. Oui. j'ai toit, je l'avoue, et je «iiiitte la place.
Mol, Mis.. 1. 3.
Oui, vous êtes le s=.ng A'Atrce et de Tir
Ha.., Iphi'j.. IV, V.)