OBSERVATION II
Le dimanche 22 mars 1929, M. B:.., âgé de 39 ans, domicilié à Nanterre, est en état d’ébriété. Vers 18 h:,
il va à la selle. En se relevant, il titube, glisse, tombe à
la renverse. Il éprouve une vive douleur dans la région
anale. Il s’est empalé sur une poignée de faïence de forme ovalaire d’un diamètre maximum d'environ 6 em. placée immédiatement en arrière de la lunette.
Aussitôt après sa chute, le blessé essaie de se relever. Il ne peut pas, il est positivement cloué. Chaque fois qu’il tente de se libérer, il est retenu par le bouton de faïence et il n’ose forcer.
Après une heure environ, sa femme le découvre dans cette position critique.
Sans ménagement, elle le soulève brusquement et le désempaie, au prix d’une nouvelle douleur encore plus violente que la première et littéralement déchirante.
C’est à ce deuxième temps que le blessé attribue l’essentiel des dégâts.
Une hémorragie abondante se déclanche qui imprègne plusieurs serviettes.
Un médecin mandé d’urgence examine sommairement la région anale et croit pouvoir suturer immédiatement la plaie d'apparence bénigne.
Mais au moment d'intervenir, il est surpris de constater des lésions beaucoup plus importantes qu’il ne les avait tout d’abord estimées.
On décide d’envoyer le blessé à l’hôpital. Sa femme le nettoie soigneusement à l’eau chaude, lhémorragie se calme, aucun pansement n’est appliqué.
À 23 heures, en ambulance, il arrive à la Charité où notre collègue de garde croit aussi à des lésions bénignes.
C’est le lendemain matin 23 mars que nous examinons pour la première fois ce blessé dans le service de notre maître le D' Baumgartner. Les lésions paraissent importantes.
Une plaie radiaire sectionne transversalement le rebord latéral droit de l’orifice anal. Elle empiète fort