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peu sur la peau latéro anale. Mais il suffit d’écarter un peu les lèvres de la plaie et d'augmenter la béance de l’anus pour se rendre compte que la déchirure remonte haut sur la muqueuse.
On décide, pour pratiquer le premier pansement, d’endormir le malade.
Ce n’est vraiment que dans ces conditions qu'il fut possible de faire le bilan exact des dégâts.
La plaie est à la fois très contuse, très profonde et très longue. Elle occupe le bord droit de l’anus, dilacère profondément les tissus péri-anaux, sectionne le sphincter, remonte sur une longueur d’environ 8 à 10 cm. sur la face latérale droite puis -postérieure du canal anal et de l’ampoule rectale.
En outre, la muqueuse rectale est largement décollée et œdématiée. La plaie est souillée de matières.
On pratique un nettoyage au bock, un épeluchage soigneux. L’hémostase est facilement faite sur les quelques artérioles qui donnent encore.
En raison de l’importance des lésions, de leur aspect déjà infecté, on décide de laisser tout ouvert. Des mèches iodoformées sont tassées dans la plaie. En outre, et pour drainer éventuellement les fosses ischio-anales communiquant avec la déchirure, on pratique deux incisions longitudinales latéro-anales dans chacune desquelles un drain est mis en place.
Sans laisser réveiller le blessé on le place en décubitus dorsal et on pratique un anus iliaque gauche à la baguette. Le lendemain l’anus iliaque est ouvert.
Deux jours après le pansement ano-périnéal est refait sous anesthésie. Nouvelle irrigation à l’eau oxygénée.
La cicatrisation de la plaie ano-rectale et des incisions de drainage périnéales se fit sans incident, en six semaines.
Toutefois le D' Gouverneur décide d’attendre deux
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mois pour réintervenir en vue de reconstituer le sphincter rompu.
Au bout de ce délai l’intervention eut lieu sous rachianesthésie. La technique, délicate en raison du tissu cicatriciel dans lequel on travaille, n’en demeure pas moins très simple. Elle consiste à rechercher les deux extrémités du sphincter après avoir décollé la muqueuse, comme pour une opération de Withead pour hémorroïdes. Le sphincter fut suturé à la soie fine. Suites opératoires sans incident. L’anus iliaque fut fermé également sans incident quinze jours après.
Le cours des matières se rétablit normalement, et par le toucher rectal on pouvait, le 19 juillet 1929, se rendre compte que le blessé contraetait son sphincter. Il parvenait d’ailleurs très bien à retenir ses matières, sauf les plus liquides.
Noûs avons écrit depuis à ce blessé et nous avons de lui une réponse datée du 23 mai 1931 dans laquelle il déclare :
« Je me porte très bien; je me ressent principalement de la rachi, qui, par moment, me produit des démangeaisons agaçantes dans le bas du dos. Parfois, quand je fais des efforts dans mon travail, les matières ont tendance à partir, mais je sens très bien, aussitôt que j’ai envie d’aller à la selle. »