‹ Les Plaines d'Abraham, endroit historique à conserver ... [microforme]Chapitre 3 sur 16 · NT · texte numérisé non relu

NT

: | part: alièrement le moulin à vent près côte Borgia, sur le sommet du Ccoteau, à La e int- | Saint-Jean, sur la Station des chars urbz ….

Ce sont là les divers bo

is et repères qui, comme points e et de résistance, doivent nous occuper pour le présent, c’estles : à-dire relativement à la première bataille. on- À 1 de tune Au temps de la conquête on comprenait généralement ss. | us le nom de Plaines d'Abraham toute l'étendue du pla- F teau entre Québec et Sillery, plus ou moins éloignée de ; l'habitation d'Abraham Martin. On les désignait aussi : le 4 . Sous le nom de “ Les Hauteurs d'Abraham,” ‘ The Heights "he | Of Abraham,” comme disaient les Anglais. te | La côte d'Abraham qui coupe le flanc du coteau Sainte- La Creneviève à 600 verges de la porte Saint-Jean, montait ha | chez Abraham Martin et de là servait à arvenir au plaus teau. Depuis le commencement du siècle, à raison de c l'occupation d'une Partie du terrain, (environ 86 arpents en Or Superficie), par les autorités impériales pour les fins mili- SA taires, et du reste par divers particuliers, on a restreint la itre 1 signification primitive à l'étendue qui est enclavée dans de | cette superficie déterminée. C'est l'endroit que tout le Lo | monde connaît comme “ Le terrain des Plaines,” ou “ Ter. qu rain des Courses,” considéré comme ouvert val- | Le domaine du fond appartient aux Révérendes Dames ral, | Religieuses Ursulines de Québec, qui l'ont concédé à bail que emphitéotique pour 99 ans aux autorités militaires le 23 lle : février 1808, suivant acte authentique devant Mtre. Félix der ; Têtu, notaire. Ce bail doit expirer le ler mai 1902, La Les à Contenance y énoncée est de Quatre-vingts arpents et vingtquatre perches. Suivant le plan officiel du cadastre, auquel rtes On peut s’en rapporter comme plus exact, elle est de quatreres, vingt-six arpents et trois perches.

dé- Le major Holland, arpenteur-général, a fait en 1780-85 une un arpentage et un plan très détaillé et très correct de tout aler 2

de la Maison de ‘rbe du chemin

le territoire qui doit attirer notre attention dans le cas présent. Ce plan comprend une lieue carrée, et renferme Québec et Sillery, une partie de Sainte-Foye, une partio des champs de l'Hôpital-Grénéral et de la Petite-Rivière au delà. *

C'est sur cet espace restreint que s'est décidé le sort de la Nouvelle-France et là qu'a succombé la domination française dans l'Amérique du Nord, et, spécialement, c’est le terrain du champ de courses qui fut ie véritable point à enlever en premier lieu. Aussi désignons-le graphiquement, puisque c’est le sujet en litige. Il est borné vers le fleuve au sud-est par la cime du cap; au nord-ouest par le chemin Saint-Louis ou Grande-Allée, qu’il longe sur une longueur de 10 arpents et demi ; au sud-ouest en traitcarré à la villa Marchmont, sur 7 arpents et 10 perches de profondeur, où la ligne est celle de division entre Notre- Dame de Québec et Saint-Colomban de Sillery ; etau nordest au terrain du Gouvernement de Québec et autres propriétaires.

Afin de faciliter au lecteur le contrôle de notre récit et de nos assertions, nous citerons le nom de l’auteur, ou le texte même à l'appui, nous bornant autant que possible au fait pur et simple des deux batailles, et en particulier au site où elles ont été préparées, livrées et poursuivies, en évitant tout hors-d’œuvre, enjolivements ou coloris. Ce travail ne peut et ne doit être qu’une simple compilation des divers écrits anciens sur la matière et le résultat de l’examen attentif des divers dessins, plans, gravures et cartes figuratifs des licux ; il n’a pas et ne peut avoir d'autre

mérite.

* Le major Holland assista aux deux batailles des Plaines, puis au siège de Québec par Lévis, comme ingénieur dans la défense de la ville. Il remplaça l'ingénieur en chef, le major McKellar, tué à la bataille de Nainte-Foye. Il fut dans la suite nommé srpenteur-général du Canada, et fut appelé au Conseil Législatif. Holland House, sur le chemin Sainte-Foye, a reçu son nom de lui. Nul mieux que cet officier n’a eu une connaissance aussi exacte des lieux dont il s’agit et des événements qui ont amené la conquête du Canada.

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Notre but ne va pas au delà de celui de conserver le Souvenir historique attaché aux Plaines d'Abraham, c’est-àdire à ce qui reste de terrain encore disponible connu sous ce nom.

Nous avons fait compiler une cart. -rès exacte des lieux sur une grande échelle, 100 pieds au pouce, avec les superpositions qui montrent l'état des lieux en 1759, en rapport avec les deux batailles, et on y trouve de plus les différents niveaux au-dessus du fleuve qui indiquent les ondulations du sol. C'est un élément indispensable pour être bien compris.

Nous n'avons pas la prétention de fair divers écrivains sur la matière de préciser quelques points vag détails, plus saillants, d’après les sources authentiques connues et différemment appréciées ou comprises, et par d’autres données nouvellement découvertes.

Afin de contrôler les div concordance de conclusior tivement les lois physiqu

Ainsi par rapport à l'

e mieux que les ; Seulement il est possible ues et développer quelques

erses narrations et d'en tirer une is raisonnées il faut suivre attenes qui ne se démentent point.

heure où la marée à commencé à baisser au Cap-Rouge dans la nuit du mercredi au jeudi du 12 au 13 septembre, on voit par la phase de la lune, alors à son 20ième jour, que l'heure de Ja marée à Québec, suivant le calcul du “ Nautical Almanac,” était onze heures trente minutes du soir : et il faut observe

; ettenir ans les basses mers, qui y voit de même que le lever ures trente-deux minutes, même en la supposant caumeux, elle ne laissait pas certaine lumière très appré-

ciable le reste de la nuit. Le temps était beau et la nuit

étoilée à son commenceinent, mais il se fit brumeux et obscur avant sa fin. La lune devint cachée alors derrière le Cap, ce qui explique l'obscurité que les narrateurs mentionnent lorsque la flottille de Wolfe côtoyait la rive et lors qu'elle toucha terre.

. Notons aussi que le soleil s'est lavé, le 13 septembre, vers les cinq heures trois quarts (5h. 41m. temps vrai), et que les premières lueurs de l’aube ont commencé à poindre vers 44 heures, retardées par le temps couvert et pluvieux du matin (showery).

” Il faut de plus mesurer exactement les distances sur le terrain afin de computer le temps requis pour la marche des troupes d’un lieu à un autre.—Ce qui requiert l'étude et la comparaison des plans nombreux qu’on trouve sur ce sujet, et l’on peut s’en rapporter avec confiance à l’exactitude du plan officiel du cadastre actuel.

On voit que, quant aux temps indiqués comme heures précises par divers narrateurs et témoins présents, il y à des divergences qu’on peut réduire à une moyenne suffisamment exacte, en suivant les lois ordinaires de la nature et les observations astronomiques. Ces recherches peuvent paraître méticuleuses, néanmoins elles sont nécessaires pour se rendre compte des nouvements des deux armées pour arriver en présence.

Passons maintenant à l'affaire du 18 septembre 1759.

Nous n'entrerons pas dans les détails connus qu'on lit dans les divers historiens modernes tels que Hawkins, Garneau, Ferland, Parkman, Casgrain, Mills, Kingsford, LeMoine, et autres, si ce n’es' en ce qui touche la question soulevée. Même nous avons cru avant de relire leur narration respective, et pour ne pas nous préjuger d'avance, remonter d'emblée aux sources où ils ont puisé et à d’autres nouvelles, afin de pouvoir établir, par le résultat, jusqu'à quel point il peut y avoir divergence de vues, et de conclusions entre eux et nous sur certains détails.

Et parmi les auteurs de l’époque nous avons vu qu'il y a un choix judicieux à faire des preuves et des témoignages

dont ils se sont servis, et qu'on doit peser chacun d'eux à sa juste valeur.

Les écrits des témoins oculaires, les anciens plans et cartes des lieux, ceux de l'époque ou qui ont suivi de près, les dessins et gravures, les rapports officiels des chefs militaires et civils, passent en premier lieu, et nous paraissent une base suffisante pour arriver à nos conclusions.

Entre les divers historiens, sauf quelques nuances légères dans les détails, et quelques assertions de peu d’importance, le récit qui se lit dans “ Hawkins’ New Pictures of Quebec,” accompagné de la carte des lieux et du beau plan de bataille gravé en 1841, nous semblent donner le plus exactement et le plus succintement la description des premières opérations, combats et suites de la première bataille. L'ensemble du chapitre XV qui les contient, est de la plume de feu le Dr. Fisher, élève gradué d'Oxford, que nous avons eu l'honneur de connaître, gentilhomme de haute volée, et écrivain remarquable en son temps comme rédacteur de “ L'Albion.” La belle inscription en style lapidaire du monument dans le jardin du Fort, à la mémoire de Wolfe et Montcalm, est une preuve de son goût pur et classique. Il eut, sur le même travail, la collaboration de son ami, feu M. Andrew Stuart, père, avocat aussi distingué dans les lettres qu’au barreau.

Tous deux avaient à leur appui la tradition encore récente et des témoins oculaires encore vivants, entre autres du côté des Anglais, le colonel Malcolm Fraser, (1) le major Holland, ingénieur en second, puis en chef au siège de Québec par Lévis, M. James Thomson (2) et autres : et du côté des Français, le Dr. Badelard, chirurgien dans leurs troupes, (3) et divers anciens miliciens. De plus, ils

(1) Malcolm Fraser était lieutenant du 78ème le 13 septembr: 1759. Il : devint seigneur de la Malbaie et mourut en 1815, âgé de 82 ans. Simon Fraser, alors capitaine du mème régiment, est mort lieutenant-général en 1812,

(2) Sergent sous Wolfe.

(3) Le Dr. Badelard était chirurgien dans les truupes de Montcalm. Il rendit son épée sur le champ de bataille au sergent Fraser, qui se piaisait à montrer ce trophée,

étaient sur les lieux mêmes pour les examiner et en conférer ensemble.

Wolfe, après trois mois de siège inutiles, sans autre résultat que l’incendie et la destruction presque entière de la ville de Québec, et le ravage et la dévastation par la torche de tout le littoral sud du fleuve, envisageant la saison avancée et les pertes sérieuses subies dans ses attaques, se vit réduit à changer son plan de campagne. Quoique malade et souffrant, il résolut, sur l'avis d’un

GENERAL WOLFrE.

conseil de guerre qu'il avait habilement amené à son idée, et, singulièrement, à l'encontre de sa propre perspective de succès, (1) de faire un effort désespéré, quitte à y laisser à la fois sa réputation et sa vie, et d'attaquer Ja place par son endroit le plus fort en apparence, mais qui était cependant devenu le plus faible, faute de bonne surveillance et

(1) Il exprime ainsi sa perplexité :

“In this situation, there is à choice of difficulties, that I own myself at a

‘loss to determine, ... but then the courage of a handful of men should be ‘‘ exerted only when there is some hope of a favourable event.”

de vigilance active. Il s'agissait d'escalader le cap et de s'emparer des Hauteurs d'Abraham. Pendant ses préparatifs, il faisait monter et descendre ses vaisseaux avec la marée vis-à-vis le Cap-Rouge, en amont. Son but était de lasser Bougainville, chargé de le surveiller, et qu'il tenait constamment en haleine, avec ses 2,000 hommes de pied et 200 de cavalerie, par des marches et des contremarches dont la monotonie quotidienne devenait assoupissante autant que fatigante.

Dans le silence de la nuit du 12 au 13 septembre, dès les 10 heures, profitant de l'obscurité complète, il commença le débarquement de ses troupes vis-à-vis le Cap- Rouge, dans 80 bateaux plats, pour être prêts à prendre le jusant, aller à la dérive, et aborder à l’Anse-du-Foulon, à sept milles en aval, ou à l’Anse-des-Mères, un peu plus bas. Il avait pu distinguer avec sa lunette ce premier point qui lui avait été indiqué par Stobo, officier anglais, pris en ôtage à l'affaire du Fort Nécessité en 1754, longtemps détenu à Québec, et laissé trop libre ; ce dont il avait profité pour se renseigner et pour s'évader une troisième fois, en mai 1759. Il aurait dû être fusillé, ayant été condamné à mort comme espion, car on avait trouvé des plans de lui sur le général Braddock quand celui-ci fut tué.

Vers minuit et demi, au signal convenu, Wolfe qui avait fait semblant de remonter le fleuve pour tromper Bougainville, partit en grand silence, à trois lieues au-dessus du Foulon avec environ la moitié de ses troupes et se laissa aller au courant comme étant moins exposé à être découvert. Les frégates le suivaient à trois quarts d'heure de distance, aidées d’un vent favorable, et arrivèrent juste dans le bon temps, te] que convenu, pour protéger sa descente. Celle-ci, malgré l'obscurité de la nuit et la rapidité du courant, fut habilement effectuée le long de l’Anse-des-Mères, “ à l'endroit, dit Bigof, ({ettre du 15 oct 1759) qu’il (Wolfe)

“avait reconnu pour n'être point gardé.

‘C'était vers les trois heures et demie du matin.

“ Heureusement,” dit Knox, (Vol. II, p. 67) sans ajouter alors pourquoi, ‘ que les troupes légères furent entraînées ‘plus bas par la rapidité du courant, # se trouvèrent entre “ nous et le Cap Diamant ” ; Mais il est facile de comprendre qu'il entend par là le succès de l’escalade à l’Anse-des-Mères quis’en suivit. En effet il le dit formellement, p.78, parlant de l’Anse-du-Foulon : « We are drawing artillery and am- “ munition ashore, with all expedition ; in which we are “ much favoured, at present, by the weather, and have found “a convenient road for that purpose, leading directlr from “the cove to the Camp. This is the place that we had “intended for our descent yesterday, but the morning “ being dark, and the tide of the ebb very rapid, we wère " imperceptibly carried a little lower down, which proved “ a favourable circumstance, for there was a strong in- “ trenchment that covered the road, lined by a hundred “and fifty men.”

Ce témoignage du capitaine Knox, qui en était, nous parait conclusif contre une première escalade au Foulon. Mante, p. 254, confirme la mêine version encore plus clairement en copiant Townshend : “ The rapidity of the tide “of ebb having carried them (the troops) a little below “ the intended place of attack, he light infantry were obliged “ 4o scramble UP & Woody precipice in order to secure the “ landing of the rest ofthe troops by dislodging the men at “the before mentioned post, which defended the small ‘“entrenched path they were to ascend.” Townshend, Letter 20th Sept. 1759.

Cependant les sentinelles françaises signalèrent la descente des berges et tirèrent des hauteurs sur ces embarca-

tions, tuant et blessant mortellement quelques hommes. (Xnoz, 67-68).

La batterie de Samos fit feu sur la flotte dès avant les

* Et poussées Par un vent extrêmement fort, dit Joannés, Cf., Dussieux,

jouter inées entre endre Mères rlant 1 ame are ound from > had ning wère oved y in-

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qnatre heures du matin. (Fraser, p. 20). (Johnston, p. 39). Ni la détonation du fusil, ni le gre idement du canon ne parurent donner l'éveil aux diverses gardes qui continuaient soit de dormir, soit de ne pas veiller aux divers postes.

La chance commençait à seconder l'espoir naissant de Wolfe par le peu de vigilance des gardes et la simplicité de s’abuser qu'il leur vit montrer ensuite.

En effet, quatre des sentinelles, trompées sur leur Quivive, auquel il fut répondu promptement et tout bas en leur langue, laissèrent Passer sans bruit les berges qu’elles croyaient être un convoi de vivres annoncé. *

L'infanterie légère, sous le lieut-col. Howe, était tirée des régiments de ligne : elle débarqua la première à l’Ansedes-Mères, une heure avant Je jour. Ce corps comprenait, entre autres, 24 enfants perdus, choisis pour l’entreprise, lesquels, pour la plupart, étaient des montagnards écossais. L’escalade du Cap en cet endroit paraît difficile sinon insurmontable. Cependant il est à croire qu’à force de travail ils grimpèrent au sommet comme des chats, chacun pour

soi, en s’accrochant aux branches, racines, anfractuosités du rocher, et en s’aidant les uns les autres, (Townshend).

Wolfe, comme on l’a VU, connaissait le site et la force du poste du Foulon, Les déserteurs, assez communs des deux Camps, et les espions le tenaient au courant. C’est pourquoi le premier débarquement plus bas nous semble calculé d'avance dans son esprit, ainsi que le nombre de 200 hommes qu'il lui fallait pour s'emparer en premier lieu d’un poste déjà garni et renforcé de 100 hommes, puis en-

suite avoir libre la montée du Foulon pour le reste de l’armée.

Ce premier débarquement, suivant les diverses narraons françaises, aurait eu lieu de fait à l’Anse-des-Mères :

ti

* On avait résolu, la nuit du 13 au 14, de fai vivres à Québec. Les postes depuis la Pointe-a

eurent ordre-de ne point crier Qui vive sur ies (Journal de Lévis, p. 206).

re pisser par eau un convoi de ux-Trembles jusqu’à cette ville

bateaux quand ils Passeraient.

elles s'accordent en outre à dire que le p cerné par derrière et qu'il était silwé «tre l'Anse-des-Mères. Cette anse lomte peiite ; pris son nom de cette partie du ri Vage en face du férrain des Mères Ursulines. L'Anse-des:Mères Proprement dite aujourd’hui est l'endroit des estacades “ Jacques Blais” là où se trouve aussi la chapelle de Notre-Dame de la Garde.

Citons quelques témoignages parue pa'on à générale ment cru, et nous aussi, que cette escalade à été faite au Foulon, par où l’armée monta.

“ Le 27 Juillet (Evénements de la Guerre, p. 49.), quoique ‘ l'on regardât comme inaccessible les Anses-des-Mères, du “ Foulon, de Sillery et de Saint-Michel, on y envoya ce- “ pendant des ingénieurs pour faire, dans les rampes qui “y conduisaient, des coupures et abattis ; on répandit de “plus dans ces différents postes environ 400 hommes.”

Pourtant le 1 septembre il n’y avait personne à ce poste de l’Anse-des- Mères.

On crut (Evénemen’: de le Guerre, p. 18) que les desseins “de l'ennemi étaient d'aller dévaster les côtes avant de ‘faire sa retraite au pied du rampart, dans un endroit ap- “ pelé l’Anse-des-Mères. La côte était dépouillée de bois, “ mais paraissait si difficile et si haute qu'on avait cru “inutile d'y faire une redoute et qu'on y mettait une garde “ de 80 à 40 hommes seulement pour être averti. Ce fut

“ eh ce lieu que. l'ennemi, le 13; à quatre heures du matin, ‘ débarqua.”

ste de Vérgor fut

> Foulon et

Montreuil, p. 25 :—“ La surprise d’un soste entre l’Anse- “ des-Mères et celle du Foulon à la distance d'un demi “ quart de lieue au nord au-dessus de Québec.”

Vaudreuil, p. 21 :—" Le Général Wolfe ayant fait son dé- ‘“’barquement à l’Anse-des-Mères ds

Lévis est plus explicite :—“ Le poste fut enlevé par ses “ derrières et ordre fut donné au Guienne ‘+ marcher du “ côté de l’Anse-des-Mères, qui était un déha- . :.en: qui “ est entre la ville et celui du Foulon où AV: 4. 4° 'rarqué

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“ les ennemis, et de les attaquer forts ou faibles.” Journal: p. 207.

Bigot, p. 30, dit “ qu'après la prise du poste de Vergor, “les ennemis aplanirent la rampe du Foulon et Wolf. “d'en bas, attendit le signal pour lancer ses soldats et débarquer le reste de ses troupes.”

Marlartice, p. 288, dit : « Entre le Foulon et l’Anse-des “ Mères ” ; ce qui est une légère Variante, mais la plus correcte,

Johnstone indique aussi l’ Anse-des-Mères, p. 80.

Panet, Journal, p. 22: “ distingue bien l’Anse-des-Mères “ de celles de Samos (Foulon) et de Sillery.”

Joannés dit : “À près d'une demi-lieue de Québec.— CF: Dussieux, p. 289,

Au reste, l’Anse-du-Foulon, comme n sait, n'était pas dépouillée de bois.

Aujourd'hui même on ne peut du fleuve distinguer, en été, à cause du feuillage, la montée du Foulon quoiqu'elle soit ouverte en route carossable,

Mais ce qui doit Couper court à toute contestation sur l'endroit de l'escalade en premier lieu, est le témoignage du capitaine Hervey Smyth, aide-de-camp de Wolfe, qui nous a laissé un dessin complet du débarquement et de sa suite, très bien fait, et gravé à Londres par P.-C. Canot. (1) On y voit les troupiers gravir le cap, et la légende suivante qui y réfère: “9, That part of the beach which was scaled “ by the troops of the first debarkation. 10. An opening in

(1) Cette étampe est intitulée :

À via cf (he Landi g Place above the town of Queseo, describing ths À I: vi tue Enemy’s Post, on the banks of the river St. Lawrence, with a distant view of the Action between the British and French Armys, on the HAUTEURS D’ABRAHAM, Sept. 13th, 1759. Inscribed to the Right Hon, Frerp MarsHaz Lord viscount Liconier, Commander in Chief of His Majesty's Forces ; by His Lordship most obedient servant, Hervey Smyth, Aide-de-Camp to Gen. Wolfe. Capt, Hervey Smyth, Delin.—Francis Swain, Pinæit.—P, C, Canot, Sculp. — London : Printed for Robt Sayer, Map and Print-seller, at the Golden Buck 1n Fleet Streot, 19 x 14.

“the beach in which was an entrenched spoiled road with “ an abattis, defended by a captain and 100 men, which “led to the field of battle —by this road, afterwards “ mended, the remainder came up.” C’est l’Anse-du-Foulon bien dessinée et bien décrite. « 11. The captain’s guard ‘extended along the precipice, forced from them by the

“ Light-Infantry under col. Howe.” (C’est le poste de Vergor.

Or, en examinant les lieux et à l’aide de cette belle gravuré, on reste convaincu que cette escalade fut faite sur le Cap, vis-à-vis le terrain des Ursulines, point d’où a commencé réellement la conquête —On voit que les soldats Purent grimper ça et là le précipice à une distance du Foulon telle qu’elle correspond à cet endroit.

Ainsi, nous le répétons, il est constant que Wolfe savait que la rampe du Foulon était retranchée et devait être défendue par un renfort de 100 hommes à la garde, lesquels auraient dû en effet s’y trouver, si Vergor n’eût pas permis à ses gens, pour une vile considération, d'aller faire leurs récoltes dans les environs. C’est pourquoi Wolfe tenta habilement l'escalade plus bas et assez loin pour ne pas être entendu du poste qu’il voulait surprendre : de plus, il le fit en employant une force assez nombreuse pour ne pas manquer le coup de s'en emparer. Le bataillon devait

se former aussitôt sur la hauteur et attaquer tout ce qui se présenterait.

Parvenus au plateau, les soldats de l'infanterie légère ne rencontrèrent personne, et en longeant la cime du Cap, allèrent attaquer par les derrières le poste qui gardait la rampe qui conduisait jusqu'au bord de l’eau au Foulon. La garde était -ndormie. Vergor, chargé de la défense du poste, fut pris au lit dans sa tente et blessé au talon. Il se rendit prisonnier avec quelques autres. Aussitôt la rampe fut déblayée des abattis et aplanie pour livrer passage à l'armée qui attendait dans les bateaux le signal de la réussite de son avant-garde,

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9. Débarquement à l’Anse-des-Mères,—10. Anse-du-Foulon.—11. Poste de Vergor.—14. Bataille des Plaines d'Abraham.— D'après la gravure du dessin de Hervy Smyth, aide-de-camp du général Wolfe.

(Collection Philéas Gagnon.)

Cette descente, protégée par les vaisseaux de l'escadre qui avaient suivi de près, fut faite sans être trop molestée. Les berges, une fois entrées dans l’Anse-du-Foulon, se trouvaient à couvert de la batterie de Samos. La montée à la file par la rampe était devenue assez aisée. Il'était alors un peu passé quatre heures, la même heure où l'on entendait le canon de Samos au camp de Beauport.

Howe, avec son détachement, en passant par le pont sur le ruisseau Saint-Denis, et par le pont Bonvoisin sur le ruisseau Belleborne, s’en alla aussitôt s'emparer de cette batterie qui tirait sur l’escadre : elle n'était qu’à une dou: Zaine d’arpents à l’ouest, * et consistait en quatre pièces

* Samos tient son nom de l’ancien évêque coadjutsur de Québec, Mgr Dosquet, sous ce titre in partibus. Il acquit l’étendue de terrain qui forme la totalité du cimetière irlandais ainsi que celui y attenant, qui appartient aux Pères Rédemptoristes de Québec, En 1731 l’évêque y bâtit une spacieuse résidence en pierre à deux éi:30s, avec mansardes et rez-de-chaussée, ayant six fenêtres de front sur le louve. Elle était à environ 100 pieds de la cime du cap et près du ruisseau Belleborne. Un quadrilatère avec un édifice à chaque encoignure renfermait une cour intérieure d’entrée à la manière des châteaux en France. Cette propriété passa, après la conquête, dans les mains du juge Mabane, qui la nomma ‘ Woodfield ” et l’occupa jusqu’à sa mort, dans l’hiver 1792. L’évêque Mountain, de l'église anglicane de Québec, l’habita ensuite jusqu’en 1802, alors qu’elle fut acquise par l’houorable Mathew Bell. Celui-ci la vendit à l’houorable Wm. Sheppard, qui y fit des améliorations notables, En creusant pour les faire on trouva une plaque de plomb sur laquelle était gravée une mître d’évêque et une inscription latine, relative à la fondation de l’éditice. Cette plaque fut présentée par M. Sheppard à la Société Littéraire et Historique de Québec, dont il fut président pendant plusieurs années. Eile a disparu dans l'incendie de l’ancien parlement où la société avait un appartement.

M. Sheppard habita cette villa jusqu’en 1842 ou 1843, époque où elle fut entiè. rement détruite par le feu, avec tout son précieux contenu en livres et objets d'histoire naturelle. Nous devons à l’obligeance de M. Maxfield Sheppard, fils, né là en 1820, et qui habite Toronto, No. 96, avenue Bellevue, une partie de ces derniers renseignements.

La sravure, du dessin de Smyth, reproduite ici, nous semble représenter l'édifice sud-est du quadrilatère, qui avoisinait le pont Bonvoisin sur le ruisseau Belleborne ; toutefois M. Sheppard, fils, ne recoanaît pas le cottage représenté, qui correspond pourtant au site et à l'architecture du corps prin-

cipal. Ce pourrait être une maison isolée, celle que Bougainville vint attaquer peu après.

de 18 et un morlier, établis là depuis le 19 juillet. Elle fut vite désemparée. Celle de Sillery un peu plus loin, de deux canons, fut également prise, le poste enlevé et dispersé.

Un second et un troisième convoi amenèrent le reste des troupes sans qu'il fut incommodé. Elles étaient toutes débarquées avant six heures, au nombre de 4,816 hommes, Y'compris les officiers, suivant l'état militaire régulier pour chaque régiment, qUe rapporte Knox (ZI, p. 74), comme présents à la bataille : plus 13 officiers de l'état-major, dont il donne la liste.

Quelques canonniers arrivèrent à la suite avec une petite pièce.

Nous ne pouvons et ne devons pas donner l'effectif de l'infanterie légère que Parkman évalue à 400 hommes et qu'il ajoute au corps d'armée.

Cette infanterie légère, tirée des régiments de ligne, formait-elis encore partie de ces régiments ? Pourquoi ces hommes ne Paraissent-ils pas au rôle du 18 septembre comme corps distinct et séparé, tant pour la solde que pour l'appel du jour? I] ÿ aurait double emploi en les ajoutant au Corps entier. En effet, par l’ordre du jour de Murray du 22 septembre, il est enjoint au corps d'infanterie légère du colonel Howe de rejoindre leurs régiments respectifs (Ænoz, p. 96). Nous devons donc les déduire du calcul de Parkman et autres. Les Compagnies de grenadiers français étaient aussi tirées des divers régiments, et ne paraissent pas à part sur les rôles.

Dès avant huit heures l'armée était montée et alignée sur les Plaines, le dos tourné au fleuve.

Jusque là Wolfe n'avait rencontré que le peu de résistance que l’on vient de voir, et fait quelques pertes légères par des tirailleurs, Canadiens ou Sauvages isolés, cachés dans les bois.

Le sembiunt d'opposition à la descente par le détache ment ou gardes françaises envoyés sur la grève à l’Anse-

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