LARVARON. Economie rurale
2. Enquête sur l’industrie lailière, 1903, p. 303. 3. Enquêtes agricoles de 1852, 1862, 1882, 1892, et statistique agricole annuelle.
L'élevage des volailles. — Il n’est pas une seule exploitation rurale qui ne possède sa basse-cour, où vivent à peu près toutes les espèces de volailles; on en prend d’ailleurs un soin très médiocre, le choix des races est le dernier des soucis du cultivateur; quand par hasard on en introduit de bonnes, elles se fondent vite dans la masse par des croisements quelconques!. La région ne produit guère que des poulets maigres, vendus à un prix médiocre; l'exportation du département de la Vienne s'élève toutefois à 1.300.000 poulets par an. Poitiers en expédie le tiers, 420.000, Châtellerault le quart, 310.000. C’est surtout le commerce des œufs qui a de l'importance; sur un total de 60 millions d'œufs expédiés chaque année par les gares de la Vienne, les quatre cinquièmes vont à Paris, et le reste à Londres?. Dans l’intérieur même du pays, ce commerce revêt une forme curieuse; des marchands en gros qui ont fait des achats sur les foires et les marchés parcourent la campagne en troquant des œufs contre des produits d’épicerie et de mercerie; l’œuf devient une monnaie”.
C'est encore dans la plaine de Niort qu'a été faite la première tentative d’élevage raisonné des volailles. À Saint-Martin de Villeneuve, sur la lisière du marais de Mauzé, près de Courçon, un propriétaire a entrepris la production des poulets de Houdan, en vue de vendre des volailles grasses; la nourriture est soignée, le grain distribué deux fois par jour, les volailles ne courent pas les champs. Une attention particulière est apportée à l'entretien des poulaillers, qui sont lavés tous les jours; les perchoirs sont blanchis à la chaux vive toutes les semaines, ce qui préserve les oiseaux du choléra et de la diphtérie. Il y a là un sérieux progrès, qui mériterait d’être imité par d’autres éleveurs‘.
Mais c’est surtout l'élevage des oies blanches qui est un profit pour les cultivateurs. C’est une spécialité de la plaine aux environs de Poitiers et dans le Loudunais, où vit une race très blanche dont la plume a beaucoup de valeur. On commence à l’arracher vers l’âge de trois mois, puis, quand elle est repoussée, on tue l’oie et on l’écorche avec sa peau, que l'on vend au prix de quatre à cinq francs pièce à des chamoiseurs de Poitiers et de Niort, dont les établissements sont situés sur les bords du Clain et de la Sèvre. La préparation dure quatre mois, du début d'octobre à la fin de janvier. 130.000 peaux environ sont livrées au commerce chaque année par les fabricants de Poitiers, sous le nom de « cygne »; la ressemblance est en effet très grande. La France, l'Allemagne et l'Amérique du Sud sont les principaux débouchés de cette industrie, qui rapporte plus d'un million de francs par an, tant aux éleveurs qu'aux chamoiseurs de la Vienne. La très petite propriété est seule intéressée