‹ Les Plaines du PoitouChapitre 104 sur 132 · D EF © NN · texte numérisé non relu

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du sous-sol. Dans ces terres fortes, qui tiennent l’eau et s’aèrent difficilement, il fandrait au contraire des labours profonds et fréquents !.

Les changements sont lents à se produire dans les méthodes culturales ; les habitants, qui obtiennent presque sans effort des récoltes suflisantes, sont peu enclins à se donner un surcroît de travail. C’est ce qui fait dire aux paysans du Bocage que « dans le Marais on ne sait pas travailler la terre ». C’est plutôt dans la nature des cultures pratiquées que se manifestent les modifications. Le marais desséché, qui, pris dans son ensemble, offre l'aspect d’un immense champ de blé, renferme aujourd'hui une proportion croissante de fourrages artificiels, trèfles et luzernes. Il se produit souvent une transformation naturelle des vieilles luzernes en pâturages, par l’envahissement progressif de l'herbe. C’est un retour aux productions normales du marais?.

A côté des céréales et des fourrages se placent quelques cultures accessoires, peu étendues, mais intéressantes en raison de leur localisation. Le marais de Luçon s’est fait une spécialité de celle de la féverole, et dans les marais de Courçon et de Marans les fèves et les haricots tiennent une place considérable. Le port de Marans exporte chaque année par mer 1.000 tonnes de haricots. La variété rosée est expédiée à Nantes et à Bordeaux pour être réexportée à l'étranger. La variété blanche est consommée en France. A Vix, la culture de l’oignon s’est implantée en 1902, à la place de celle du lin, qui occupait 30 hectares. A la Tranche, derrière les dunes, 100 hectares sont consacrés à l'oignon, à l’ail et à l’'échalote®. Si l’on excepte la Tranche, on constate que ces cultures maraîchères se sont établies de préférence dans les parties où Le bri est surmonté d’une couche de terre noire tourbeuse, qui peut atteindre un mètre sur les bords du Mignon‘.

Les marais mouillés. — Les marais mouillés, où les eaux sont encore libres de s’épancher, sont situés sur les bords des rivières, dans l'intervalle des digues qui protègent les marais desséchés. [ls sont particulièrement développés le long de la Sèvre en amont de Damvix, entre ce village et Coulon. Sur les bords du Mignon (ou Courance), ils forment le grand marais de Mauzé. Entre Velluire et l’île Delle, ils s’étendent des deux côtés de la Vendée. Vers l’ouest ils bordent la plaine de Luçon jusqu’à Saint-Denis-du-Payré, avec une largeur de 3 à 4 kilomètres, occupant l’espace compris entre la ceinture des Hollandais et la plaine. L'aspect varie suivant les endroits. Au Gazeau et dans les marais de Mauzé, ce sont des marécages où l’on ne voit que jones et roseaux. Au bord de la Sèvre et de la Vendée, ainsi qu’auprès de Vix, c'est une forêt de saules, d’aulnes, de peupliers et de frènes; dans les communaux de Nalliers et de Luçon la vue s'étend à l'infini sur des espaces dépourvus d'arbres, nappe d’eau en hiver, vertes prairies en été. Ce qui donne aux marais de la Sèvre et de la Vendée leur aspect boisé, ce sont les plantations qui y ont été effectuées. On a découpé

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