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des chènevières, un jardin potager, un bois taillis le plus souvent de médiocre qualité *. Chaque propriétaire s’ingéniait à faire venir sur son terrain le plus grand nombre de produits utiles à sa consommation personnelle, du blé pour son pain, du chanvre pour son linge, du vin pour sa boisson, du bois pour son chauffage; des moutons ou des chèvres, plus rarement une ou deux vaches, lui fournissaient du lait. Il vivait ainsi sur son bien, en réduisant le plus possible les achats à faire au dehors pour les besoins de la vie courante. Les habitudes n’ont guère changé depuis deux siècles; bien des gens mènent encore aujourd'hui le même genre de vie que sous le règne de Louis XV, complétant le revenu de leur lopin de terre par l'exercice d’un commerce ou d’une industrie quelconque. Souvent ils louent leurs services aux cultivateurs voisins, soit comme journaliers, soit comme fermiers. C’est encore un usage ancien, qu’on retrouve dans les documents du dix-huitième siècle, où sont mentionnés des fermages de un à deux hectares, parfois de 30 ares seulement?. Si petite que soit une propriété, elle est rarement d’un seul tenant, et se compose d'ordinaire de diverses parcelles, qui font l’objet de partages à chaque héritage. Or, comme chaque enfant se jugerait lésé s’il ne recevait une part des bonnes parcelles, il en résulte un prodigieux morcellement des terres. Telles petites propriétés, dont l'étendue totale ne dépasse pas quatre hectares, sont réparties en plus de 80 parcelles, dont certaines sont éloignées souvent de plusieurs kilomètres du centre d'exploitation. Il en résulte de multiples inconvénients pour la bonne exploitation du sol : perte de temps à l’aller et au retour, difficulté de la surveillance, impossibilité d'employer les machines agricoles pour semer ou faucher. C’est sur ces parcelles minuscules, où l'emploi de la charrue n'est pas toujours aisé, que se perpétue la culture à la bêche et à la houe. Dans l’ile de Ré, les charrues sont à peu près inconnues; tous les travaux, même le défonçage, se font à la bêche*. C’est la conséquence du morcellement du sol, qui y est poussé à sa limite extrême.
L'’exiguité de ces exploitations est compensée par la richesse des cultures; si les cinquante mille petits propriétaires de la Vienne ne possèdent que 74.000 hectares sur les 666.700 que représente le territoire cultivé, du moins ils détiennent les terres les plus riches, celles qui ont le plus de valeur et qui donnent le revenu le plus élevé. Presque toutes les vignes sont entre leurs mains, et le prix de l’hectare varie de 3.000 à 5.000 francs; dans le Mirebalais, les jardins maraîchers valent plus de 5.000 francs l’hectare ; à Neuville ils atteignent 7.500 francs. Les prés des bords de la Dive dépassent souvent 3.000 francs, et la valeur des terres de labour dans la plaine calcaire de: Neuville oscille entre 1.500 et 2.5005. À Champigny-le-Sec, avant la crise du phylloxera, lerevenu moyen de l’hectare était de 3,70 pour cent, assurant une aisance suffisante à la
. Arch. Vienne, cbidem.
. Arch. Vienne, rbidem.
. LARVARON. Economie rurale.
. Renseignement recueilli dans l'ile.
. Statistique de 1892.
. Nouvelle évaluation.., enquête de 1879.