DAUBRÉE. Revue archéol., 1881, p. 262 et suivantes
6, BorssonxADE. Ouvr. cité, p. 15-16.
d’épées qui y existait au treizième et au quatorzième siècle’. Plus de trente lieux-dits du département de la Vienne rappellent l'existence des forges qui y fonctionnèrent jusqu'au seizième siècle. À partir de cette époque, la métallurgie poitevine tombe en décadence, devant la concurrence des forges de l'Angoumois et du Périgord. La forge de Moulinard, établie à Romagne en 1533, avait disparu avant 1607?, En 1693 il n'existait plus que trois établissements sidérurgiques, dont le plus important venait d'être créé en 1671 à Lhommaizé. En 1710 il en fut fondé un autre à Luchapt, sur les frontières de la Marche. Ces deux derniers subsistèrent jusque vers la fin du dix-neuvième siècle, tandis que disparaissaient les fonderies de la Peyratte et de Goberté, encore mentionnées en 17873.
En 1863, les deux usines de Verrières (ou de Lhommaizé) et de Luchapt produisirent 916 tonnes de fonte brute et 419 tonnes de fer marchand, d’une valeur totale de 320.000 francs ; 200 ouvriers étaient attachés à ces établissements, qui se fournissaient de minerai sur place. La mine de l’Age-du-Faix* alimentait la forge de Luchapt, concurremment avec celles de Villecharault et de Villesalemÿ. Verrières s’approvisionnait à la mine de Verrières. Le combustible employé était le charbon de bois, dont on brûlait 1.500 tonnes par anf. Fort déchues en 1872, ces usines ne tardèrent pas à disparaître; celle de Verrières ferma la dernière ses portes vers 18857.
De cette vieille industrie métallurgique, qui connut la célébrité, il ne subsiste plus aujourd’hui que la coutellerie de Châtellerault, dont l’origine est fort ancienne. Mentionnée dès le onzième siècle, elle a pris un rapide développement, qui lui valut, en 1577, les éloges de l'ambassadeur vénitien Lippomano*. Elle atteignit son apogée à la fin du dix-huitième siècle; entre 1750 et 1768 il y avait à Châtellerault 204 maitres couteliers, qui exportaient leurs produits aux Antilles et aux foires de Bordeaux, de Beaucaire, de Normandie et de Bretagne. « Cinq cents familles, vers 1780, vivaient de ce travail. Un moment la fabrique fut composée de 300 maîtres et de 900 compagnons... Mais le traité de commerce avec l'Angleterre, en 1786, porta à cette industrie poitevine un premier coup. La Révolution la fit presque totalement tomber; en 1802 les fabricants ne recevaient plus de commandes, et la plupart des ouvriers manquaient même de pain?. » Aujourd’hui les conditions du travail ont changé. Les petits fabricants ont disparu, et l’industrie coutelière a quitté le foyer familial pour l'usine. La concurrence de Thiers et le développement de la manufacture d'armes menaçaient de la faire disparaître, quand, en 1838, l’un des fabricants de la ville eut l’idée de transférer ses ateliers à la campagne en leur donnant une extension jusqu'alors