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inusitée. Il s'établit sur les bords du Clain, au moulin du prieuré de Naintré, près de Cenon; la rivière fournit la force motrice nécessaire pour faire marcher les machinesoutils. Une deuxième usine fut créée la même année un peu en amont, au moulin de Chézelles, et en 1840 le moulin de Domine, au sud du village des Barres, fut transformé à son tour en coutellerie!. Des machines-outils perfectionnées fabriquent des couteaux de table et de cuisine, des rasoirs, et aussi des couteaux de boucher spéciaux qui s’exportent dans l’Argentine pour l’abatage des bœufs des pampas. Le personnel des trois usines, qui comprend 350 ouvriers en tout, habite dans leur voisinage immédiat. Chaque ouvrier, ou presque, possède maison et jardin et gagne de 4 à 5 francs par jour; il mène une vie aisée et n’a pas à redouter le chômage. Le système de l'association, qui réussit si bien aux agriculteurs poitevins, a d’ailleurs pénétré parmi les couteliers : l'usine de Chézelles est organisée en société coopérative.
A cette industrie de vieille date se rattache indirectement l'existence de la manufacture d'armes de Châtellerault. Créée en 1815, en remplacement de celle de Charleville, elle y a trouvé une main-d'œuvre exercée, alors inemployée par suite de la crise qui sévissait sur les fabriques de Châtellerault. D'autres avantages se présentaient en faveur de cet établissement; grâce à un barrage, la Vienne fournit une force motrice qui atteint aujourd’hui 350 chevaux; les communications par eau avec Île centre de la France étaient faciles, les forêts du voisinage fournissaient le charbon, les noyers donnaient en abondance le bois nécessaire à la fabrication des crosses. Le seul défaut de l'établissement, devenu vite prospère, réside dans l'irrégularité des commandes ; suivant leur importance, il occupe de 1.500 à 5.000 ouvriers, ce qui crée une population flottante considérable; il y a tantôt afflux, tantôt exode en masse de la population ouvrière, en grande partie étrangère au pays.
Les verreries. — Deux autres industries, celle du verre et celle de la céramique, ont eu leur période d’activité en Poitou. La verrerie remonte à l'époque gauloise, qui a laissé dans les forêts poitevines, surtout dans celles de l'Ouest, de nombreux vestiges des fonderies qui y étaient établies. Elles utilisaient les sables fins qui abondent sur les plateaux; le bois des forêts fournissait le combustible. Quinze localités des plaines rappellent, par leurs noms de Verrières, Verrines ou la Verrerie, l'existence de ces antiques installations?. Cette industrie fut loin d'acquérir au moyen âge l’importance de celle du fer; elle paraît n’avoir jamais dépassé la limite des besoins locaux. La plupart des usines étaient établies dans la Gâtine, sauf celle de Maillezais, mentionnée en 1088. Au quinzième siècle il s’en établit quatre dans le centre du Poitou, à Archigné, à la Puye, à la Ferrière et à Vaux, sur la Bouleure. Au siècle suivant elles entraient déjà en décadence, par suite de la concurrence des verreries du Limousin, de l’Angoumois et de la Saintonge. Il s’en créa cependant une dans la forêt de Chizé
1. ARDOUIN-DumAZzET. Voyage en France, XNI, p. 35-43. Les détails qui suivent sont empruntés au même auteur.
2. B. FirLon en a donné la liste dans l'Art de Terre, p. 186-187. Il cite le nom d'un verrier gaulois du troisième siècle, Galgacus Galgac.