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sable de Decize, le combustible provenait des forêts du Poitou‘. La faïencerie artistique a souffert de l'éloignement des matières premières indispensables. Une tentative faite en 1852 pour établir une manufacture de porcelaine à Persac, sur la Vienne, à proximité des gisements de kaolin du Limousin, n'eut aucun succès?. Ce fut la dernière
La draperie. — Bien autrement prospère fut l’industrie de la draperie. Dès le moyen âge le Poitou fabriquait des serges et des étamines réputées pour leur solidité, sinon pour leur finesse, car la laine du mouton poitevin est de qualité plutôt médiocre. Les innombrables troupeaux du Poitou fournissaient amplement de matière première les ateliers de Poitiers, de Parthenay, de Charroux, de Niort et de la plaine de Luçon. Saint-Loup-sur-le-Thouet, Pamproux et la Mothe-Sainte- Héraye, dans la vallée de la Sèvre, étaient des centres importants pour la fabrication du drap. Au quinzième siècle, des moulins à foulon se fondent sur les bords de la Sèvre*. Au seizième, les draps de Parthenay, de Fontenay et de Niort sont les plus renommés. Au début du dix-septième siècle, c’est Saint-Maixent qui tient le premier rang. L'activité des fabriques s'accroît encore sous l'administration de Colbert; elles exportent leurs produits dans tout le royaume, à Paris, à Lyon, à Marseille, à Bordeaux, sur toutes les grandes places de commerce. Le centre industriel est à Niort et à Saint-Maixent. Niort possédait 400 ouvriers drapiers en 1679, Saint-Maixent en comptait 313, et ses serges se vendaient jusqu’en Portugal et dans le Milanais. Luçon et Fontenay produisaient des draperies plus communes. Colbert introduisit en Poitou la bonneterie, et ce fut encore au profit de Saint-Maixent. Malgré la révocation de l’édit de Nantes, qui atteignit si rudement les protestants particulièrement nombreux dans la région industrielle de Niort, il y avait encore, en 1693, 26 lieux de fabrique dans la province, dont 16 dans la région des plaines. Poitiers possédait 70 fabriques, Melle 18, Gençay 80, Vivonne 12, Châtellerault 405. Niort, Saint-Maixent et Fontenay gardaient le premier rang comme auparavant. En 1698 les bonnetiers de Saint-Maixent vendaient pour 600.000 livres de bas de laine.
Le dix-huitième siècle vit se produire une décadence rapide de la draperie poitevine, par suite de la concurrenee des autres centres industriels mieux outillés, de l’émigration protestante, qui a enlevé 100.000 hommes au pays, et de la misère générale qui marqua le début du siècle. Les paysans n’achètent plus, la production se” réduit des deux tiers. Une reprise se manifeste après la paix d’'Utrecht, mais sans atteindre à la prospérité du siècle précédent. À la concurrence étrangère se joignent l'esprit de routine des fabricants, qui ne produisent que des étoffes grossières. La perte du Canada et du marché espagnol prive le Poitou d'un de ses principaux débouchés. Le traité de 1783 fait tomber de moitié la fabrication niortaise. Seule la bonneterie se maintenait sans faiblir à Saint-Maixent et à Poitiers. Des statistiques