‹ Les Plaines du PoitouChapitre 118 sur 132 · BoissONNADE. Ouvr. cité, p · texte numérisé non relu

BoissONNADE. Ouvr. cité, p

4, Ipem. Jbidem, p. 33.

5. Ipem. Zbidem, p. 41-42, Toutes ces données sur les industries textiles sont empruntées à ce travail fondamental,

dressées par les inspecteurs des manufactures montrent qu’en 1780 Niort ne possédait plus que 1.200 ouvriers tisserands, contre 4.000 en 1760. À Poitiers il n’en restait que 118, à Châtellerault 150. La Révolution acheva de ruiner l’industrie drapière, qui n’est plus représentée de nos jours que par quelques fabriques à Saint- Maixent, à Fontenay et à Luçon, produisant surtout de la bonneterie et des chapeaux de feutre. L'activité industrielle de Niort et de Poitiers s’est confinée dans la tannerie et la chamoiserie, dont nous avons déjà parlé ailleurs'. Les essais tentés au dixhuitième siècle pour introduire des industries nouvelles ont tous échoué; la manu= facture de soie de Poitiers, qui fonctionnait trois mois par an pour produire 60 livres de soie, les filatures de coton de Poitiers, de Montmorillon (qui occupait 40 ouvriers en 1788), de Verteuil, n’ont eu qu’une existence éphémère?.

Jusqu'à la fin, l’industrie poitevine a gardé le caractère familial et rural; le travail était réparti à domicile chez un grand nombre de petits patrons qui occupaient chacun quelques ouvriers seulement. La plupart habitaient à la campagne, où ils étaient dispersés dans les villages, les hameaux et les fermes. Il n’y eut que six villes, Châtellerault, Poitiers, Saint-Maixent, Niort, Parthenay et Fontenay, qui possédassent des ateliers un peu importants. Partout ailleurs les artisans combinaient leur travail avec les occupations agricoles; ils étaient tisserands ou cardeurs en hiver, faucheurs et moissonneurs en été. Ceux de Montmorillon allaient louer leurs services dans les campagnes de Loudun, de Chinon ou de Saumur“. Il en était ainsi même dans les villes; en 1788, la magnanerie de Poitiers « occupe quarante-cinq malheureux qui sont sans pain, sa recette étant dans un temps où il n'y a point de travaux ouverts...; ce travail dure six semaines, ce qui les conduit jusqu’à la coupe des foins® ». Alors que d’autres régions de la France ont évolué vers la concentration industrielle, le Poitou n’a pas dépassé le stade de l’organisation familiale. Par là encore il a gardé un caractère archaïque.

Depuis un siècle, il a cessé d’être un pays industriel; toute l’activité de ses habitants s’est reportée exclusivement sur l’agriculture. A la vérité, il était mal préparé par la nature pour un développement sérieux de l’industrie. Sauf pour la draperie, les matières premières se rencontrent en quantités insuffisantes dans la région. C’est seulement à une époque où les procédés de fabrication étaient rudimentaires et les relations entre pays éloignés peu fréquentes et difficiles, qu'ont pu se développer les forges et les verreries. Dès que des centres importants et bien outillés se sont constitués sur certains points du territoire mieux pourvus par la nature, elles ont rapide ment périclité. Les essais de faiencerie artistique n’ont jamais revêtu qu’un caractère local et éphémère. La fabrication des lainages elle-même, malgré les circonstances favorables à sa prospérité, n’a pas pu se maintenir davantage en face de la concurrence

. Voir chap. VII, les Pays de plaine, p. 186.

. Arch. Vienne, C 623, liasse.

BorssonnADE. Livre III, p. 141.

Inem. Zbidem, p. 142. DR

Requête du directeur de la manufacture à l’assemblée provinciale, Arch. Vienne, C 623.

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