Voir supra, p
2. Banc particulier du callovien dans le sud de la plaine de Niort.
Les villages. — Le village présente des aspects différents suivant les régions. Dans les pays de brandes, où la population est clairsemée, il ne groupe autour de l’église qu'un petit nombre de maisons, et l'abondance des arbres le cache généralement à la vue; seul le clocher de l’église émerge de la verdure. Dans le Mirebalais, où la population est assez dense et où les villages sont établis à flanc de coteau, sur les lignes de sources, il s'aperçoit au contraire de loin. Bien que beaucoup d'habitations soient dispersées à travers la campagne, il reste encore assez d'habitants au chef-lieu de la commune pour constituer de gros bourgs, comme Vendeuvre ou Scorbé. Les maisons, en tuffeau blanc, s’alignent le long des rues, masquant les jardins qui s'étendent en arrière. La plaine de Neuville présente un autre type d'agglomération, que l’on ne retrouve pas ailleurs en Poitou : c’est le village largement étalé, où chaque maison est entourée de jardins enclos de murs. À Villiers, les habitations se montrent tantôt isolées, tantôt par groupes de trois ou quatre, accompagnées d’un petit jardin maraîcher et d’un verger. Dans cette plaine de groïe toute en vignes et en terres de labour, où les noyers sont les seuls arbres qui croissent dans les champs, les villages sont à moitié enfouis dans la verdure; des peupliers élancés croissent autour des sources et des mares. Il faut aller à l’autre extrémité du Poitou, dans la plaine de Niort et en Aunis, pour trouver le type le plus net du bourg fortement aggloméré. Les maisons se suivent en rangs pressés le long des rues, formant un tout compact; les jardins restent invisibles le plus souvent. Grâce à l'absence d'arbres, les bourgs se découvrent de loin, tout blancs sous le soleil. Au voisinage du Marais, ils ont une tendance à s'allonger le long des chemins; Eouzeuil, le Langon, Pouillé, en offrent des exemples dans la plaine de Luçon. Il en va de même dans le Marais, où les deux types coexistent. Saint-Michel et l’Aiguillon se développent en longueur, tandis que Marans et Maillezais sont resserrés sur eux-mêmes. D'ailleurs, quelle que soit leur forme, ces villages du Marais ont un caractère commun : ils couronnent tous des îles; au milieu de ce terrain fangeux, jadis couvert d’eau par les inondations hivernales, seules sont habitables les buttes calcaires, au sol sec, facile à cultiver et qui fournit de bons matériaux de construction. Ce n’est qu’à partir du dix-septième siècle, quand les travaux de desséchement furent définitivement repris, que l’on commença à édifier des fermes sur les terrains bas', où ne s’élevaient jusqu'alors que les cabanes de roseaux des huttiers : on désignait sous ce nom une population de pêcheurs, vivant misérable ment sur le bord des rivières dans des huttes basses, qui n’avaient d'autre ouverture que la porte, et que les eaux de crue envahissaient parfois’. Ces descendants des anciens colliberts habitent aujourd'hui des maisons en pierre, couvertes en tuiles, qui ressemblent à celles des villages voisins, mais que leurs proportions exiguës ne permettent pas de confondre avec les grands bâtiments de ferme, appelés cabanes dans le pays*. Comme les propriétés atteignent couramment dans le Marais plusieurs