L. Ip, Zbidem
36 EEBS PEAINES DU POITOU
sement graduel dans sa partie orientale résulte de l'inflexion des failles vers l’E.-S.-K. Le rivage septentrional suit fidèlement l'allure des dislocations depuis Luçon jusqu'à Coulon. Le rivage méridional n’a presque pas subi de dérangement; il faut s’en éloigner de plus de 5 kilom. pour rencontrer à nouveau des dislocations, dont le regard reste d’ailleurs toujours au sud. Une première faille W.-E. apparaît dans la falaise de la Repentie, à 2 kilom. au N. de la Pallice! : le banc bleu du séquanien inférieur constitue la lèvre N., tandis que les calcaires à Montlivaultia (polypiers) sont effondrés au sud. Une seconde faille se montre près de Dompierre, à la sortie nord du canal de Niort, avec une disposition analogue, qui se répète également à la faille du Roseau, à 5 kilom. et demi de Mauzé?. Le système d’affaissement en marche d'escalier vers le S. existe donc de part et d'autre du Marais. C’est l'inverse de celui qui prévaut dans le seuil du Poitou, où le regard des failles est toujours au nord.
Le palier du Marais a lui-même été disloqué : l’île Delle, qui en occupe le centre, montre l’oxfordien reparaissant en boutonnière au milieu du corallien (ou rauracien), à la faveur d’un anticlinal orienté à peu près E.-W. La couverture de bri empêche de suivre les détails de cette dislocation, qui paraîtavoir des prolongements dans l’ouest : à la ferme de Richebonne {située à 4 kilom. W. de Marans), les calcaires coralliens sont ployés et rompus par des failles Ÿ, et, tout près de la flèche de l’Aiguillon, l'ile de la Dive est constituée par un calcaire oxfordien très dur, pétri d’oursins*, qui apparaît d’une façon anormale par suite d’un relèvement probablement des couches. Il doit y avoir affaissement au S., car le banc bleu du séquanien se montre à peu de distance au S.-E., dans la falaise de la pointe Saint-Clément, et le niveau supérieur à Monilivaultia s’avance jusqu’à Marsilly. Les couches ne peuvent se raccorder que par une flexure, ou bien il y a une faille.
Tel est l’ensemble des dislocations qui affectent la région du Marais : failles bordieres abaissant le sol vers le sud par paliers successifs, ploiements de couches esquissant un anticlinal E.-W. au centre même du Marais.
Dislocations du pertuis Breton. — La même tectonique se poursuit à l'ouest, sur la côte du Talmondais et dans le pertuis Breton.
Au sud de Talmont, la pointe du Payré est formée de micaschistes qui se poursuivent encore pendant 2 kil. vers l'E. pour s’enfoncer sous un manteau de lias et de calcaires jJurassiques, amorce occidentale de la plaine de Luçon. Au point même où les terrains secondaires font leur apparition, la falaise, qui fournit une excellente coupe naturelle, les montre plongeant brusquement au sud; le lias moyen, le toarcien et le bajocien disparaissent sous un angle presque vertical; le bathonien seul affleure en couches sub-horizontales; il est possible qu'un peu à l’ouest il vienne en contact direct avec les micaschistes, car la dislocation augmente d'intensité dans cette direction ; son amplitude n’est pas moindre de 80 mètres dans la partie visible.