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La chose n’est pas impossible en soi, car on connait des exemples de marmites de géants forées par la mer. Mais la faiblesse des courants actuels, dont la vitesse n’atteint pas 1 mètre par seconde en ce point, paraît inconciliable avec un travail mécanique aussi important que celui qu'aurait exigé le creusement d’un entonnoir de cette dimension. D'ailleurs l’existence de tourbillons n’a pas été signalée par les pècheurs ni par les ingénieurs hydrographes. Il faudrait admettre qu’à une époque antérieure, avant tout apport de vases et de sables dans le pertuis, et alors que la profondeur moyenne était bien plus grande que de nos jours, il aurait existé des courants plus rapides, capables de donner naissance à de puissants tourbillons : supposition déjà émise par Boisselliez pour expliquer la présence sur les roches de la Tranche, et sur l’Aunis en particulier, de galets de 40 centimètres de diamètre, provenant des falaises du Payré, qui sont éloignées de 20 kilomètres ‘.
Pour conclure, nous admettrons que la fosse de Chevarache, avec ses annexes, a eu pour origine première une faille, et qu'ensuite une longue série d’érosions ont inversé le relief en creusant une fosse oblongue sur l’emplacement de la dislocation. La forme en entonnoir que présente le milieu de cette fosse ne peut guère s'expliquer que par un approfondissement ultérieur dû aux courants de marée. On ne peut cependant pas se prononcer d’une façon absolument catégorique?.
1. BorssezLrer. Notice de la feuille géologique 141 (Fontemay).
2. Il est assez singulier qu’un accident aussi important que la fosse de Chevarache n'ait attiré jusqu'ici l'attention ni des géographes ni des géologues. 11 n’est même pas porté sur la carte au 500.000° du Dépôt des fortifications, qui n'indique que des fonds de 10 m. sur son emplacement. Les seuls auteurs qui en aient parlé sont Le père Arcère, dans son Histoire de la Rochelle, et un historien contemporain, M. Pawlowski. Le père Arcère attribuait l’origine du pertuis à une éruption volcanique; hypothèse permise à un écrivain du dix-huitième siècle, mais qu'on est passablement surpris de voir adoptée de nos jours sans hésitation par M. Pawlowski, qui y insiste dans