‹ Les Plaines du PoitouChapitre 20 sur 132 · ILE · texte numérisé non relu

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oupe à travers le Perluis Brelon, montrant la dislocation de la fosse de Chevarache.

Eric.

deux études récentes : (Un cataclysme modifia cet état de choses [la jonction des îles avec le continent]. Une série de failles déterminèrent la disjonction de Ré-Oléron et de la côte, ainsi que la formation des fleuves tributaires... Comme tout phénomène comporte une cause, je crois avec Arcère.

Au sud du pertuis Breton on ne relève plus de dislocations notables : une coupe géologique menée à travers le plateau de l’île de Ré et le pertuis d’Antioche jusqu’à l’île d'Oléron, offre une succession régulière d’assises parfaitement concordantes entre elles. Dans la falaise qu’entaille la côte S.-E. de l'ile de Ré, au voisinage de la pointe des Barres, on voit nettement, grâce à leur différence d'aspect, les bancs alternants de marnes et de calcaires s’incliner vers le sud, suivant la pente générale des couches. On y aperçoit bien, à la vérité, de nombreuses petites dénivellations, mais qui n'excèdent pas quelques décimètres. Il en est de même autour de la Rochelle. C’est un écho très affaibli et sans portée des grandes flexures du pertuis et du Marais. Il faut aller jusque dans l’île d'Oléron pour retrouver de sérieux accidents tectoniques, failles en relation probable avec l’anticlinal de Saintonge.

Conclusions sur la tectonique. — Unité de structure de la côte. — Groupons maintenant les traits épars de structure que nous venons d'examiner en détail, pour essayer d’en dégager les caractères généraux. L'unité de la région côtière ressort avec évidence de cette analyse des conditions tectoniques : dans toute son étendue, un système homogène de failles et de flexures l’a affaissée au-dessous du plan général des contrées voisines, Bocage et plaine de Niort. Sans être en continuité immédiate entre elles, les dislocations n'en offrent pas moins une parenté indéniable ; aux failles de Pissotte et de Benet qui abaissent au N.-E., l’une la plaine de Fontenay, l’autre le Marais, correspond à l’ouest la flexure de la pointe du Payré, qui abaisse la plaine du Talmondais au-dessous du Bocage. Le pli anticlinal de l'ile Delle, qui accidente le centre du Marais, est relayé à l’ouest par les failles de Richebonne et par le pli en genou de la Dive; il disparaït ensuite. Au sud de cet axe de dislocation se place celui des failles de Mauzé, de Dompierre et de la Repentie. Dans l'intervalle des deux axes vient se loger la faille de Chevarache, dont l'amplitude, au moins égale à 200 m., dépasse de beaucoup celle de toutes les dislocations voisines : elle les résume en quelque sorte en une seule. Les efforts orogéniques paraissent avoir sévi avec plus d'intensité à l’ouest qu'à l'est. La zone occidentale, plus ffaissée, est devenue le domaine de l'Océan.

Si, portant nos regards au delà de l’étroite région qui nous occupe, nous cherchons à voir ses relations avec l’ensemble de nos côtes occidentales, nous serons frappés du parallélisme que présentent les îles de Ré et d'Oléron, les pertuis et la côte du Talmondais, avec les axes sud-armoricains du massif vendéen, avec l’île d’Yeu

(Histoire de la Rochelle, p. 9-10) qu’il faut la chercher dans un bouleversement volcanique et rapide, lequel expliquerait la présence dans le pertuis Breton de la fosse de Chevarache, dont les profondeurs sont si disproporlionnées aux sondes voisinest. » — « La fosse de Chevarache dut naître d'une secousse violente des entrailles du sol marin. On ne peut guère expliquer un phénomène d’une telle ampleur que par l'intervention d’une éruption souterraine, qui, soulevant les terres, les laissa retomber avec fracas, délerminant les déchirures dénommées depuis pertuis db, »

1. BorssezLrer. Notice de la feuille 151-152, Tour de Chassiron — la Rochelle, — Wezscu. Bull, S. CG n°115,1p. 49:

a. PAWLOwSKkI. L'Ile d'Oléron, p. 219-220.

d. IpeM. L'Ile de Ré, p. 307.

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et même avec le banc schisteux de Rochebonne, isolé à 50 kilom. de distance en mer. L'analogie se poursuit avec la côte méridionale de Bretagne, qui présente des alignements semblables. Elle existe également avec les contrées situées au sud; la Saintonge possède le même caractère; la faille de Royan, qui a donné naissance à la Gironde, et, plus au sud, celle de Bourg-sur-Gironde, ont aussi la même orientation. Il est bien difficile d’en tirer une autre conclusion que celle-ci: une concordanee d’allure aussi obstinément persistante reflète une unité fondamentale de structure. C'est dans le vieux massif hercynien, en partie masqué par les dépôts sédimentaires du golfe d'Aquitaine, qu’il faut l'aller chercher; les dislocations d’âge tertiaire, qui ont donné à la côte poitevine et saintongeaise les traits essentiels de sa configuration actuelle, y ont en quelque sorte pris leurs racines. Elles se sont moulées sur leurs aînées.

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