Wezscu. Réunion extraord., p
5. FarGe. Ælephas meridionalis, p. 86. La détermination de l’espèce nous a été confirmée par M. Boule, à qui nous avons soumis un calque du fossile.
le façonnement de la pénéplaine remonte à un cycle d’érosion plus ancien que le pliocène supérieur.
Revenons au Marais. Il nous paraît établi maintenant que pendant une partie du pliocène Supérieur a régné une phase continentale caractérisée par le dépôt, vers 30 m. d'altitude, d'alluvions fluviatiles, entièrement décalcifiées depuis. Sur l’emplacement du Marais s’étendait une plaine jurassique de 30 à 35 m. d'altitude moyenne, formant un tout homogène avec la plaine de Luçon et la plaine d'Aunis. Divers indices nous portent à croire qu'avant la fin du pliocène se produisirent une série de changements dans le niveau relatif de la terre et de la mer.
Le régime d’alluvionnement fit d’abord place à un régime d’érosion. La surface de la plaine fut attaquée par les cours d’eau, qui en abaissèrent sur certains points le niveau de 15 à 20 m. : en effet, des surfaces de terrain assez étendues, soit dans les îles du Marais, soit sur le pourtour, se trouvent à un niveau intermédiaire entre celui des alluvions pliocènes et celui des alluvions quaternaires. Prenons comme exemple l’île de Maillezais : au N. du village, on note 18 m. (près de Saint-Pierre-le-Vieux) ; au S., 13 et 14 m. Près de Maillé, le niveau s’abaisse à 10 m. Nulle part n'y apparaissent les graviers pliocènes, qui se tiennent à une altitude bien supérieure : 34 m. à Vix, 31 à Sansais. Quant aux alluvions quaternaires, elles ne dépassent pas 10 m. au Mazeau et à Damvix, 7 m. à Velluire; l’ilot de Chaillé (altitude 19 m.) offre les mêmes relations topographiques avec les terrasses pliocènes du gué de Velluire et de l’île Delle. Ces faits nous paraissent bien dénoter l'existence d’un stade d’érosion intercalé entre les deux périodes d’alluvionnement pliocène et quaternaire.
Transgression marine de la fin du pliocène. — Il a été immédiatement suivi d'une transgression marine qui a pénétré Jusqu'au fond du Marais, en laissant ses dépôts sur la plate-forme nouvellement créée par l’érosion continentale. C’est une troisième phase qui s'ouvre dans l’histoire de la contrée; elle ne nous est révélée que d’une manière incomplète par les gisements de Maillezais (15 m.) et de Maillé (10 m.), découverts, le premier par M. Gelin en 1888, le second par M. Welsch en 19061. Nous ne savons rien sur l'étendue occupée alors par la mer; tout ce que l’on peut dire, c'est que par son facies le dépôt de Maillezais est nettement littoral. Il est constitué par un « sable marno-calcaire avec rares débris de sables et graviers pliocènes et mélange d'éboulis décalcifiés, présentant le phénomène de la croûte calcaire des pays chauds? », et la présence de Cérithes indique l’existence d’un estuaire, qui ne pouvait être que celui de la Sèvre. Les Gérithes (Cerithium vulgatum) appartiennent à une espèce qui ne vit plus aujourd’hui que dans la Méditerranée ; les autres mollusques sont tous actuellement vivants dans l'Océan. Par l’ensemble de ses caractères paléontologiques et pétrographiques, ainsi que par sa position topographique, le gisement de Maillezais peut être attribué soit au pliocène supérieur, soit au début du quaternaire.
Les érosions quaternaires. — Avec la période quaternaire les conditions changent complètement. Une émersion, qui va aller en s’accentuant jusqu’à la fin de la période,
1. Ge. Tertiaire marin à Maillezais. — WeLscu. Bull. $. C. G., n° 115,p. 54.